En v’là des mots en v’là : nouveau portail du dictionnaire de l’Académie (Laurent Catach)

Parce que derrière l’autobiographe se cache (parfois) le lexicographe, que les mots pour le dire comptent, et que les dictionnaires en sont une mine, nous sommes heureux de relayer l’annonce de notre ami Laurent Catach, chargé de mission auprès de l’Académie française et Membre des Commissions de terminologie et de néologie (DGLFLF/Ministère de la Culture), qui nous informe qu’une nouvelle version du portail du Dictionnaire de l’Académie française a été mise en ligne le 28 novembre dernier, à l’adresse : https://www.dictionnaire-academie.fr

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Outre une refonte de la page d’accueil, et l’intégration des derniers travaux de l’Académie sur la 9e édition (jusqu’à Sommairement), la grande nouveauté de cette version est le module de recherches avancées, qui permet d’effectuer des explorations tout à fait inédites sur le corpus des neuf éditions (20 tomes imprimés, 250000 articles), en proposant divers critères de recherche qui peuvent être combinés. Il est ainsi désormais possible de faire des recherches en texte intégral, par domaines, sur les étymologies, sur les mots apparus ou disparus, etc., sur une ou plusieurs éditions du Dictionnaire.

Ces recherches avancées s’adressent sans doute plutôt à des utilisateurs avertis, cependant elles peuvent également intéresser un public plus large, et ouvrent également à de multiples scénarios pédagogiques, utiles aux enseignants et apprenants du français.

Une autre nouveauté de cette version est l’intégration de liens hypertextes vers le Dictionnaire des régionalismes de France (le DRF, de Pierre Rézeau), dont une édition numérique a été développée en 2020. Voyez par exemple les articles bauge ou reprocher.

Ces liens prolongent la démarche originale d’ouverture du portail du Dictionnaire de l’Académie, pour renvoyer à des ressources de qualité disponibles en ligne, sur la terminologie (FranceTerme), la francophonie (BDLP, OQLF) et désormais les régionalismes (DRF).

Enfin, le portail poursuit sa compatibilité concernant l’accessibilité, travail réalisé en 2021 qui a été amélioré dans cette version. Nous poursuivons également notre partenariat avec la Fédération des aveugles et amblyopes de France sur ce projet.

Vous pourrez en savoir plus sur cette nouvelle version en consultant les informations suivantes :
https://www.dictionnaire-academie.fr/nouveautes
https://www.dictionnaire-academie.fr/RecherchesAv
Voyez également le tutoriel de présentation qui a été réalisé cette année sur le portail du Dictionnaire.

Dernière information : la fréquentation du portail aura bientôt triplé depuis son lancement début 2019.

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Laurent Catach sera heureux de collecter vos remarques et suggestions sur ce projet, qui continuera d’évoluer en 2023.
Pour le contacter : https://www.4h-conseil.fr/

Séminaire Autobiographie et Correspondances, samedi 19 novembre 2022 (10h-13h)

Attention, la salle sera différente cette année :

ENS, 45 rue d’Ulm, amphi Galois (ex-amphi Rataud)

Vincent Gogibu, « Elsa Koeberlé, poétesse de l’abbaye »

Vincent Gogibu nous présentera « Elsa Koeberlé, poétesse de l’abbaye » à travers plusieurs extraits inédits de sa correspondance reçue. Remy de Gourmont, rencontré en 1901, a tout de suite perçu et encouragé les talents de la jeune poétesse alsacienne en favorisant l’édition de ses poèmes au Mercure de France. Les lettres qu’il lui adresse illustrent très bien l’aide bienveillante dont il fait preuve. La critique salue unanimement le talent d’Elsa Koeberlé ce qui lui assure un réseau et une audience dans les revues littéraires et artistiques. La rencontre de Génia Lioubow, peintre et chiromancienne, marque un tournant décisif dans la vie la poétesse puisque les jeunes femmes vont former un duo artistique qui s’installe dans une ancienne abbaye, sise dans un fort médiéval au-dessus du Rhône en face de Palais des Papes d’Avignon. « Les demoiselles de Villeneuve-lès-Avignon » restaurent et redonnent vie au lieu qui devient un carrefour artistique où se croisent Paul Claudel, Pierre Seghers, Robert Laurent-Vibert, Noel Vesper et tout le milieu artistique de Provence. 

Vincent Gogibu est docteur, chercheur au Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines de l’UVSQ Paris-Saclay. Ses recherches portent sur la littérature et les revues littéraires et artistiques de la fin-de-siècle. Il a publié notamment trois volumes de la Correspondance et réédité Sixtine. Roman de la vie cérébrale de Remy de Gourmont au Mercure de France. Il fait partie du projet ENCHRE, l’édition numérique des Cahiers d’Henri de Régnier et prépare la publication de La Morale à Tigre de Pierre Louÿs et de l’intégrale des Lettres intimes à l’Amazone de Remy de Gourmont.

Franck Javourez, « Lire et éditer les Cahiers d’Henri de Régnier »

Henri de Régnier tient de 1886 à sa mort en 1936 un journal qui forme un ensemble d’un peu plus de 3000 feuillets. Ces cahiers se présentent à la fois comme un véritable journal, daté avec plus ou moins de précisions, et comme un laboratoire de l’œuvre en prose, surtout dans les dix premières années. Les deux éditions, celle de David J. Niederauer et de François Broche achevée en 2002 (éditions Pygmalion/Gérard Watelet) et celle (numérique et génétique) de l’Université Grenoble Alpes en cours depuis 2017, nous permettent de mesurer toutes les difficultés à comprendre et à établir des textes aussi protéiformes.

Franck Javourez, docteur en sciences du littéraire de l’EHESS, est membre associé de l’équipe Valéry de l’ITEM depuis 2010. Spécialiste des auteurs de la Belle Époque, il a publié en 2022 l’édition critique de La Double Maîtresse d’Henri de Régnier et le tome V des Œuvres de Catulle Mendès aux éditions Classiques Garnier.

Site lettresfamiliales.ehess.fr (par Danièle Poublan) : publier une correspondance du XIXe siècle en ligne.

Danièle Poublan travaille de longue date sur l’édition d’un ensemble de lettres du XIXe siècle ; elle a accepté de présenter ses travaux pour Autobiosphère. Un grand merci à elle !



Site lettresfamiliales.ehess.fr

La vie d’une famille bourgeoise ne se conçoit pas au XIXe siècle sans échange de lettres. Ces dernières, conservées par les familles Duméril, Mertzdorff et Froissart, témoignent de ce besoin d’écrire et du soin apporté à la conservation des papiers de famille. Un groupe de chercheuses et de chercheurs a repris le contenu d’un site internet qui était devenu obsolète afin d’éditer ces archives.
La plate-forme choisie pour cela est un wiki-sémantique qui permet de naviguer de lien en lien dans cette correspondance.

Le corpus 

Les archives privées comptent plus de 3 000 lettres. Cette correspondance témoigne de l’ascension sociale d’une famille qui accumule, au fil des générations, un capital intellectuel, social et économique. Il s’agit d’une correspondance « ordinaire », certes, car écrite sans aucune arrière-pensée de publication et qui s’échange entre proches ; elle circule au sein d’une famille bourgeoise, aisée, instruite (elle compte même quelques savants du Muséum) et dont on peut suivre la réussite matérielle et sociale tout au long du siècle.

Une famille bourgeoise du XIXe siècle

Dans une généalogie touffue, quelques personnes apparaissent comme des pôles de l’écriture épistolaire : la première figure est celle du savant André Marie Constant Duméril (1774-1860) ; la deuxième, celle de l’industriel Charles Mertzdorff (1818-1883) à partir de son mariage avec Caroline Duméril en 1858. Ensuite le corpus se resserre autour d’une des filles de Charles Mertzdorff, Émilie, épouse de Damas Froissart, officier et grand propriétaire terrien dans le nord de la France. La guerre de 1914-1918 inaugure une double série de lettres qui mêlent vie familiale et devenir de l’usine alsacienne.

Le travail des historiennes

L’écriture des femmes et des hommes est de longue date un objet d’étude pour les deux responsables de l’édition scientifique de cette correspondance : Cécile Dauphin et Danièle Poublan. Les lettres se prêtent à des approches multiples, car elles sont à la fois des objets (que l’on peut conserver, compter, vendre), le résultat de pratiques sociales codifiées et enfin des textes. Pour l’historien ces trois dimensions sont solidaires. Le texte des lettres est enrichi par des notes qui identifient les personnes citées et des compléments biographiques qui mettent en valeur les réseaux affectifs, sociaux, intellectuels et économiques. Le fac-similé des lettres ouvre à d’autres lectures.

Le travail de l’équipe technique

Le Collectif Sources et données de la recherche du CRH a entrepris de restructurer et de republier ce corpus selon les pratiques actuelles d’ouverture des données de la recherche. Ce travail a été mené sous la direction technique de Bertrand Dumenieu, ingénieur de recherche à l’EHESS. Le fonds est aujourd’hui publié sous licence ouverte à l’adresse lettresfamiliales.ehess.fr. Appuyé sur le logiciel libre Mediawiki, ce site Web permet des lectures, des appropriations et des recherches multiples. Les nombreuses métadonnées (biographies, monographies) sont exposées dans les formats standards du Web de données.

Un blog associé à la publication du site

Un carnet de vulgarisation « Publier une correspondance. Méthode et contenu » est tenu par Danièle Poublan et publié sur la plate-forme hypotheses.org. Il se propose de faire connaître les lettres déjà publiées sur le site en suggérant des lectures transversales autour d’une personne, d’un thème ou d’un événement. Les thèmes abordés sont souvent en résonance avec l’actualité.

Le site lettresfamiliales.ehess.fr est un chantier en cours. Même lorsque « toutes » les lettres seront sur le site, on pourra y insérer des fragments épars non datés actuellement et de nouvelles lettres retrouvées (car le corpus actuel est lacunaire). De plus, il sera bon de revoir les lettres (surtout celles des premières décennies) pour identifier plus précisément les personnes et proposer plus de biographies.

Reprise du séminaire Autobiographie et Correspondances (20 novembre 2021)

Séminaire Autobiographie et Correspondances

Séance du 20 novembre 2021 (10h-13h)

ENS, 45 rue d’Ulm, Salle Beckett

Le passe sanitaire ne sera pas exigé, mais le port du masque sera obligatoire

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Françoise Simonet-Tenant (Sorbonne-Université)

Présentation du site EcriSoi

Au début, il y a eu une publication papier que nous avons souhaité prolonger… Cette publication est le Dictionnaire de l’autobiographie. Écritures de soi de langue française, sous la direction de Françoise Simonet-Tenant, avec la collaboration de Michel Braud, Jean-Louis Jeannelle, Philippe Lejeune et Véronique Montémont, Paris, éditions Honoré Champion, 2017, 845 p. (rééd. « Champion Classiques », 2018, 845 p.) L’élaboration du site, commencée courant 2019, a été longue. Nous pourrions faire un article sur la genèse du site, ses heurs et malheurs. Il n’est pas facile de trouver la traduction technique d’un projet qui a plusieurs volets : à la fois, continuation du dictionnaire, base de données bibliographiques, espace critique qui accueille recensions d’ouvrages critiques sur les écritures de soi et entretiens avec spécialistes des écritures de soi, site éditorial… et il n’est pas toujours facile non plus de communiquer entre chercheurs et développeur. Seront présentées la conception initiale du site, les transformations successives, les difficultés techniques ainsi que les perspectives envisagées pour cette première version du site qui devrait être mise en ligne fin 2021.

Véronique Montémont (Université de Lorraine)

Les Carnets d’Albert Beugras (mémoires politiques)

À Fresnes, où il est incarcéré, il rédige sur une vingtaine de cahiers d’écolier numérotés à la suite ses mémoires politiques, retraçant par le détail ses activités au sein du PPF. Ce document a été confié par l’épouse d’Albert Beugras à leur dernière fille, Marie Chaix-Mathews, qui s’est appuyée sur ces carnets pour relater l’histoire de son père dans son roman d’inspiration autobiographique Les Lauriers du Lac de Constance (1974). Les cahiers, qui ont fait l’objet d’une dation, seront prochainement déposé à la Bibliothèque nationale de France ; les deux premiers cahiers, qui retracent la carrière d’Albert Beugras dans l’industrie chimique, son entrée en politique et reviennent sur la genèse de son engagement, ont été édités au format électronique et seront publiés sur le site Écrisoi.

Albert Beugras (1903-1963) est une figure discrète de la collaboration, mais qui joua en son temps un rôle prépondérant au sein du Parti Populaire Français (PPF). Chimiste chez Rhône-Poulenc, antibolchévique, il rejoint le parti de Doriot en 1936 : il est fasciné par celui qu’il appelle « le Chef » et séduit par son souhait de se rapprocher des classes populaires. Membre du bureau du parti, homme de confiance de Doriot, Albert Beugras, activement impliqué dans des activités collaborationnistes, le suivra jusqu’en Allemagne en août 1944, avant de se rendre aux Américains en 1945, ce qui lui évite de subir une épuration expéditive. Détenu en Allemagne, restitué à la France, sur sa volonté, en 1946, jugé en 1948, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Mise à jour (22.3.22). Le site EcriSoi peut désormais être consulté à cette adresse : https://ecrisoi.univ-rouen.fr/accueil. N’hésitez pas à visiter son riche contenu.

Amiel : sismographe du moi

Michel Braud nous transmet l’adresse d’un passionnant podcast consacré à Amiel et proposé par la Bibliothèque de Genève, pour célébrer 200 ans d’histoire du journal intime. Le premier épisode, intitulé « Amiel : sismographe du moi » est disponible sur le site et en voici le résumé « Comment un personnage banal devenu un professeur sans envergure à l’issue de la Révolution fazyste développa un journal intime d’une ambition sidérante où il ausculte, sans fard, son intimité, ses inconstances, comme son échec à trouver femme. »

Ecouter l’émission ici : https://blog.bge-geneve.ch/amiel/

Blog : Paris Diaries of the 1990s

 

Un membre de longue date de l’APA, nous annonce la publication en ligne, en anglais et en français, de ses “Paris Diaries” des années 1990.

Montmartre steps annoté 1

Une invitation à faire un retour en arrière vers les années 1990, une décennie qui aujourd’hui se démarque des deux suivantes car nous ne vivions alors ni à la lueur d’un smartphone ni dans l’ombre du 11 septembre.

J’adopte le genre du blog afin de présenter sous forme de feuilleton des pages choisies de mon journal personnel de l’époque. Les entrées sont écrites sur le vif à Paris, souvent à Londres, parfois ailleurs. De temps à autre je commente le journal de Samuel Pepys, diariste londonien du 17ème siècle que je lisais quotidiennement tout au long de cette décennie.

Les entrées du journal des années 90 sont mises en ligne trente ans plus tard, en anglais et en version française, au 15 de chaque mois.

Lien : https://parisdiaries1990s.com/version-francaise/