Christiane Rochefort sur le pied de guerre (V. Montémont)

Rochefort-journalEntre 1986 et 1993, à la fin d’une vie presque entièrement consacrée à l’écriture, Christiane Rochefort, la romancière des Petits Enfants du siècle et de Stances à Sophie, a tenu un journal et confié à son amie Misha Garrigue Burgess le soin de l’éditer après sa mort. La publication de ce texte est en elle-même une aventure génétique. En effet, Christiane Rochefort ne tenait pas son journal sous une forme continue, mais sur « un ensemble de feuilles manuscrites de grand et de petit format », regroupées dans cinq dossiers parallèles. Ses trois éditeurs, Misha Garrigue, Catherine Viollet et Ned Burgess ont donc choisi de reconstruire le texte de sorte à retrouver un ordre chronologique essentiel à sa compréhension. Car quand elle commence son journal, Christiane Rochefort est en pleine écriture de La Porte du fond : les premières notations nous font plonger dans le laboratoire d’un écrivain qui s’attache à décrire le processus complexe de la naissance d’un livre, avec ses « départs in-concertés », suivis de l’exigence de « dégorger une essence » de ce matériau. La Porte du fond, qui traite de l’inceste, pose de multiples problèmes et l’évocation de son élaboration difficultueuse lève le voile sur un autre aspect de la « méthode Rochefort » : le travail collectif, dont ses lecteurs avaient déjà eu un avant-goût dans Ma vie revue et corrigée par l’auteur. Non seulement l’écrivain parle de ses textes à ses amis proches, tenant avec eux ce qu’elle appelle des « conférences littéraires », mais elle leur en fait la lecture à haute voix, avant d’intégrer au fur et à mesure leurs avis et leurs suggestions. Ceux de Misha, « pas indulgente, juste-juste, au petit poil », ceux du peintre Amos Kenan, complice particulièrement cher, avec qui partager les « riches heures Kenan-Rochefort ».

Les amitiés tiennent en effet une place cardinale dans la vie d’une femme qu’on découvre assez solitaire : la diariste ne manque jamais de noter qui lui a rendu visite et tout le plaisir qu’elle en a retiré. L’entourage devient d’autant plus vital que la maladie gagne du terrain : atteinte à partir du début des années 1980 d’une ostéoporose aiguë, qui limite son autonomie physique et la fait considérablement souffrir, Christiane Rochefort se sert aussi de son journal pour décrire le minutage des journées, étape par étape, afin de résister à la fatigue et s’imposer plusieurs heures de travail quotidien, à placer là où elle en a la force. Mais l’écrivain est une femme combative. Si la révolte qu’elle porte chevillée au corps n’a plus que le plan rhétorique où s’exercer, son journal fait malgré tout état d’indignations récurrentes, contre les promoteurs immobiliers (« Tout ce que vous touchez, ça meurt »), les exégètes musicaux qui veulent « faire passer Mozart par [leur] trou d’cul », l’administration. L’actualité mondiale la consterne ; en juin 1990, dans un élan de pessimisme, elle écrit : « Bon dieu mais qu’est-ce qui se passe avec cette malheureuse planète ! »

Mais ni la colère, ni l’âge, ni la maladie n’éteignent le goût de vivre, les désirs (y compris d’amour) et les émerveillements. Derrière un tempérament entier, et des sarcasmes souvent aussi drôles que ravageurs, le journal laisse entrevoir une femme généreuse, qui ne ménage pas ses réserves d’affection pour ce(ux) qu’elle estime. L’écrivain entretient ainsi une relation fusionnelle avec les animaux et la nature. Elle prend le temps de décrire, non sans ferveur, la floraison du camphrier (« comme les bras levés d’une ballerine, entre lesquels les grappes maintenant visibles sont courbées en crosse »), d’admirer les martinets, le ballet des hirondelles, d’écouter le cri des merles. En 1992, elle consacre des pages bouleversantes à la mort de son chat très aimé, Machat, dont le « petit fantôme » la hante des jours après sa disparition. L’expression d’un amour absolu, inconditionnel : « Ô Machat, rien de mauvais n’est jamais venu de toi. De quelles relations entre humains peut-on dire ça ? »

Le Journal pré-posthume possible, témoignage de la condition d’un écrivain en cours de création (« Les jours où je n’écris pas, où je n’essaye pas, je me sens inutile sur la terre ») est aussi un texte d’une variété littéraire remarquable, où se côtoient courts poèmes, notations en prose, listes et aphorismes — un humour lapidaire qui n’est pas sans rappeler par endroits celui d’Erik Satie. Les éditeurs ont pris le soin d’enrichir ces pages transcrites avec des dessins, photographies et croquis, ceux de Rochefort de ses amis ; ils y ont ajouté des extraits manuscrits et ont complété le volume avec un cahier photographique tiré de l’album personnel de la diariste. Cet élégant travail de mise en page, tout d’intelligence et de sensibilité, contribue à placer le lecteur au plus proche de la matérialité de l’écriture, et à lui donner un aperçu des talents pluriels de l’écrivain. Mais il fait aussi du journal une fenêtre ouverte sur une personnalité atypique et attachante, celle d’une femme qui écrivait en 1986 : « Mon courage est aussi violent que ma peur ».

Christiane Rochefort, Journal pré-posthume possible, édition établie par Ned Burgess et Catherie Viollet, Éditions iXe, 2015.

Queneau gastronome (V. Montémont)

product_9782072847769_195x320Raymond Queneau, on le sait, a toujours été un fin gourmet, toute son œuvre romanesque en témoigne. À cette omniprésence de la nourriture et à l’avidité des personnages — tel le duc d’Auge, dont la devise semble être « j’ai faim, oh là là j’ai faim » — correspond une gourmandise sans nulle doute autobiographique, sur laquelle renseigne le Journal de l’auteur, tenu de 1914 à 1965. Queneau y évoque régulièrement les repas et les libations qui ont été les siens. La première mention date de 1919 (il a alors seize ans) : reçu au bac, il « dîne au restaurant des Gourmets », avec son père. Certains repas le marquent au point qu’il en consigne le menu, tel celui qu’il prend avec Armand Salacrou en 1922 : « asperges, confitures, sel, jambon, cherry, fromage, Saint-Emilion, pain, sauce blanche, moutarde, café, calvados ». Queneau est ce que l’on appelle une fine gueule : il aime les huîtres, les pâtisseries, les bons vins, et lors d’une permission en 1939, il note qu’il a invité son épouse Janine à savourer « pigeons, petits pois, foie gras, soufflé au chocolat ». Le gourmet est aussi un ogre : « Je m’empiffre », note-il en 1923 ; « je suis glouton » précise-t-il en 40. Il aime d’autant plus la bonne chère qu’il a traversé des périodes de difficultés financières : le 24 novembre 1927, il inscrit un simple mot : « famine ». Et lorsqu’il apprend sa mobilisation le 27 août 1939, il se contente de consigner : « Peu d’appétit au déjeuner »… Bien que la vie de caserne soit fort loin du confort domestique, que la promiscuité et la bêtise lui pèsent, la campagne militaire n’est pas pour lui synonyme de privations trop sévères. Il peut arriver que la nourriture soit frugale ou mauvaise (il dit avoir « grignoté du maïs » dans un champ), mais le soldat Queneau trouve toujours quelque table hospitalière, de restaurant ou de particulier, pour lui faire partager des plats rustiques qu’il ne dédaigne pas : frites, boudin, poulet, omelette, cochonnailles. Ce n’est qu’en septembre 1940, lors de la démobilisation, qu’il commence à évoquer des difficultés d’approvisionnement et mentionner les « cartes d’alimentation ».

Les années 40 à mi-44 ont été perdues ou détruites : on ne sait donc malheureusement rien de la manière dont Queneau a supporté les restrictions imposées par l’Occupation. Lorsqu’il reprend ses cahiers, les mentions de nourriture sont plus rares : l’écrivain évoque peu les mets, mais davantage les « déjeuners » et « coquetèles » auxquels le son rôle de plus important chez Gallimard (il en deviendra le secrétaire général à partir de 1941) et son élection à l’Académie Goncourt l’astreignent. Les descriptions détaillées de plats ne réapparaissent qu’à l’occasion de ses voyages : il évoque par exemple en 1955 de manière circonstanciée — et pas forcément appétissante — la nourriture mexicaine : « mangé des couilles de taureau (pour finir), pour commencer du pozole (potage au maïs) et du mole verdâtre ». Et d’ajouter « La bouffe, c’est important dans un pays pareil ». En 1958, on trouve la mention de « saturnales calorifiques », mais sans plus de détail : peut-être s’agit-il de l’un des banquets du Collège de ‘Pataphysique, où Queneau avait été élu Satrape en 1950. Les repas dont il parle sont à cette époque essentiellement, les expressions d’une sociabilité, à la fois professionnelle, mondaine et amicale ; leurs mentions répétées laissent à voir à quel point l’homme était sollicité et par le milieu littéraire et impliqué dans sa vie, sans parler d’autres cercles, comme l’Oulipo, dont il a été l’un des membres fondateurs. Les dernières années de la vie de Queneau relatées dans le Journal précèdent de dix ans sa mort. Elles sont assombries par la dégradation de son état de santé, sur lequel nous renseignent quelques entrées désabusées : il mentionne en 1961 n’avoir bu « que de l’eau et du tonic » avec Frénaud et note en 1964 avoir refusé les huîtres lors de déjeuner Goncourt (« je ne mange plus d’huîtres ».)

La question de la boisson est plus problématique, car elle prend d’emblée le tour d’une dipsomanie : la bière et le vin blanc sont régulièrement mentionnés dans les années de jeunesse et d’adolescence, par litres parfois. En 1920, Queneau note qu’il est rentré « assez ivre », en 1922 qu’il prend une « cuite formidable », et la campagne militaire de 39-40, dans son ennui, est souvent l’occasion d’interminables beuveries : il met de l’eau-de-vie dans la soupe du matin, mentionne des sergents saouls, des soirées d’ivresse, avec ou sans « dégueulis ». Il dit une fois avoir bu tellement de vin blanc qu’il « ne se souvien[t] plus très bien comment il est rentré » (19 septembre 40). En Angleterre, Janine lui dit qu’il n’a « pas dessaoûlé ». Le journal reste fort pudique sur cette dépendance à l’alcool, mais des notes sur le taux d’alcoolisme au Havre, prises en 1949, ou la mention en 1951 d’un « quart Vichy » consommé dans un bistrot (où le serveur comprend d’ailleurs « Ricard-Vichy ») et d’un « Viandox » commandé dans un café en 54 laissent à penser que Queneau a dû combattre son penchant pour la boisson à certaines époques de sa vie.

La place prise par le boire et le manger, dans la vie de Queneau, telle que nous la révèle son Journal, est un précieux outil d’enquête biographique. L’écrivain a la gourmandise de son époque, qui aime la cuisine substantielle, les repas plantureux, et considère l’appétit comme une vertu (les temps ont bien changé…). Mais parler de manger, et de la manière dont on le fait, revient aussi parler des autres : on voit Queneau soldat méditer sur la mesquinerie humaine, lorsqu’il s’agit de partager la « boustifaille » lors de la débâcle, puis Queneau personnage de la scène littéraire parisienne, accumulant des mondanités qui l’ennuient souvent, et qu’il meuble à grand renfort de « ouisqui » et de « sandwiches ». Son rapport difficile à l’alcool va de pair avec la mélancolie profonde qui traverse sa vie et son œuvre, oeuvre, dont on ne retient trop souvent que le caractère ludique : un certain mal-être familial, une longue psychanalyse, des amours clandestines et douloureuses, un désarroi existentiel qui ne l’a pas quitté à partir l’adolescence ont peut-être poussé l’auteur de Pierrot mon ami à chercher dans les nourritures terrestres l’apaisement d’un inextinguible questionnement spirituel.

Raymond Queneau, Journaux 1914-1965, Paris, Gallimard, 1248 première parution en 1996, dans une édition d’Anne-Isabelle Queneau ; nouvelle édition en 2019.

Véronique Montémont

Sur Queneau, voir aussi Corpus quercuscanis Frantexto et Quenacouatique

 

 

Une décennie (2002-2012), onze événements autobiographiques (F. Simonet-Tenant & V. Montémont

 

Dans le n° 31 de La Faute à Rousseau (p. 48-49) d’octobre 2002, j’avais tenté de dresser la liste des dix événements autobiographiques à retenir pour la décennie (1992-2001). Choix éminemment subjectif qui n’avait point suscité de réaction courroucée. Dix ans plus tard – bigre… on ne voit pas le temps passer –, je me lance dans le même exercice : à moi de nouveau la jubilation un peu enfantine de dresser un palmarès !  Il me semble – illusion rétrospective ? – que l’actualité autobiographique est de plus en plus foisonnante et éparpillée. Mon choix risquait d’être plus subjectif que jamais : iI semblait du coup plus raisonnable de tenter cette gageure en duo, deux paires d’yeux valant mieux qu’une pour scruter l’actualité intense des années écoulées. (FST)

 

2002 – Grégoire Bouillier, Rapport sur moi

« Ce sont des choses qui arrivent », dit la quatrième de couverture de ce petit livre halluciné et hallucinant, récit d’une enfance tragico-carnavalesque dans une famille où la folie (chacun la sienne) explose comme un geyser au milieu du salon. Est-ce encore une autobiographie où déjà un roman ? Ni l’un ni l’autre, dit Grégoire Bouillier : le compte rendu corrosif qu’il fait de la vie, la sienne et celle des autres, est surtout l’arène d’une impressionnante tauromachie langagière, où l’ironie se dresse contre le désespoir. Ne reste au lecteur fasciné qu’à compter les banderilles.

2003 – Création des éditions « La Cause des Livres »

Militante de la transmission de la mémoire, Martine Lévy entame une belle aventure éditoriale où autobiographies et journaux personnels occupent une place de choix.  Avec passion, elle édite des textes auxquels elle croit et qui ne laissent pas indemne le lecteur : entre autres, La Rivière au bord de l’eau d’Opal Whiteley, le Journal 1902-1924 d’Aline R. de Lens, Mes souvenirs : histoire d’Alexina / Abel B d’Herculine Barbin, La Traversée imprévue (adénocarcinome) d’Estelle Lagarde…

2004 – « Moi ! Autoportraits du XXe siècle », exposition au Musée du Luxembourg

153 autoportraits sont présentés au musée du Luxembourg. Certes les lieux sont un peu exigus et les autoportraits parfois s’entrechoquent. Mais quel foisonnement de techniques et quels miraculeux face-à-face, à en avoir le vertige ! L’autoportrait, ça semble simple et c’est terriblement compliqué, et ça ne se simplifie pas au XXe siècle où l’art s’est affranchi du devoir de ressemblance.    

2005 – « Genèse et autofiction », journée d’études à l’École Normale Supérieure

Pour la première fois, l’autofiction entre par la grande porte dans le champ universitaire. Sous l’égide de Catherine Viollet et Jean-Louis Jeannelle, des théoriciens, des écrivains et des cinéastes viennent exposer leur vision et leur pratique de l’autofiction, concept aussi mouvant que miné. Trois ans plus tard, c’est l’auguste enceinte de Cerisy-la-Salle qui accueillera la décade Autofiction(s) suivant la même formule : un dialogue entre créateurs et théoriciens, aux prises avec un mot décidément pluriel. En 2011, nouvelle décade : Cultures et autofiction, avec cette fois un œil sur la littérature d’Afrique.

2006 – Soutenance de thèse, « Pour une histoire de l’intime, sexualités et sentiments amoureux en France de 1920 à 1975 » par Anne-Claire Rebreyend.

Anne-Claire Rebreyend soutient à l’université Paris-VII une thèse qui considère l’intime sous l’angle de l’addition de l’amour et des sexualités. Elle a eu recours pour ses recherches sur les représentations de la sexualité à des archives autobiographiques d’individus dits « ordinaires » et, entre autres, aux archives de l’APA (247 textes consultés). Cette enquête patiente débouche sur un texte riche et nuancé, qui retrace avec précision et finesse la longue et chaotique progression vers la libération des discours sur la sexualité. La thèse a donné lieu à un ouvrage érudit (Intimités amoureuses – France 1920-1975) puis à un bel album intelligent (Dire et faire l’amour, 2011).

2007 – Sophie Calle « Prenez soin de vous », exposition à la Biennale de Venise.

En 2007, Sophie Calle est l’artiste choisie pour représenter le pavillon français à la Biennale de Venise. Quatre ans après M’as-tu vue, sa grande rétrospective à Beaubourg, la plasticienne fait un retour remarqué, en offrant en pâture à cent sept femmes la lettre de rupture de son amant. Le résultat est cruel, drôle, intelligent, dérangeant, profond, émouvant. On n’en saura guère plus sur les motivations de l’amant, anéanties par le feu roulant de ces interprétations ; mais on en apprend, par ricochet, beaucoup sur les femmes et leur manière de penser l’amour au début du XXIe siècle.

2008 – Hélène Berr, « Journal »

Après avoir été conservé par sa famille, qui l’a déposé au mémorial de la Shoah, le journal d’Hélène Berr (1942-44) est publié chez Tallandier avec une préface de Patrick Modiano. Avant de mourir à Bergen-Belsen en 1945, cette jeune agrégative d’anglais aura eu le temps d’écrire, de faire de la musique, et de vivre les joies d’un premier amour. Mais surtout de porter l’étoile, de voir sa famille persécutée, et sa vie tout entière se refermer autour de la terreur, des humiliations et du spectre de la mort. Elle note : « j’ai un devoir à accomplir en écrivant, car il faut que les autres sachent. » Dans la nuit qui l’enserre, dans sa poignante lucidité, son écriture est la beauté même.

2009 – Alain Cavalier, Irène

Chaque film du Filmeur est pour les Apaïstes un événement attendu. Celui-ci ne fait pas exception. Cavalier, c’est la vérité une caméra à la main, l’art de toucher au plus vif, au plus dépouillé des émotions humaines, dans un calme, une lenteur, un art méditatif du regard. Ici, un homme recherche le souvenir d’une jeune morte, avant sa tragique disparition. Il accroche les souvenirs, fragmentaires, à une maison, aux pages du carnet d’Irène, l’accompagne de ses silences, du fantôme d’un amour brisé. On entre dans leur histoire. On est dans leur histoire. Qui peut dire, devant un tel partage, que l’autobiographie est un art solipsiste ?

2010 – Mathieu Simonet, Les Carnets blancs, Seuil ;  blog

Ou comment un avocat parisien, diariste depuis l’enfance, décide de sacrifier ses carnets, à cause de l’exiguïté de l’appartement de son ami. Les carnets blancs racontent l’organisation (très inventive) de leur disparition, tout en revenant sur leur contenu, dans l’exigence – souvent troublante – d’un dévoilement total. Ce suicide du journal ayant de quoi intriguer et déranger, un blog (http://mathieusimonet.com) détaille le sort des cent premiers carnets : leur transformation en saucisson, en robe ou en parfum, leur noyade, leur conservation à l’Elysée ou dans une station de métro. Aux dernières nouvelles, le jeu continue…

2011 –  Annie Ernaux, Écrire la vie, Gallimard, Quarto

Quel bonheur de pouvoir posséder en un seul volume les principales œuvres d’Annie Ernaux, regroupée en un Quarto aisément portatif ! « Écrire la vie. Non pas ma vie, ni sa vie, ni même une vie. La vie, avec ses contenus qui sont les mêmes pour tous mais que l’on éprouve de façon individuelle. » (juillet 2011) L’ordre des textes choisis – du roman autobiographique Les Armoires vides à l’autobiographie impersonnelle, Les Années – n’est pas celui de leur parution mais celui « du temps de la vie, entre l’enfance et la maturité ». Au début du volume, une tentative originale pour biographer sa vie autrement : un photojournal constitué par l’articulation de photos familiales et d’extraits du journal intime inédit, une « façon d’ouvrir un espace autobiographique différent. »

2012 – L’intégrale des Confessions par William della Rocca

Depuis février 2007, William della Rocca s’est lancé dans le pari incroyable de mettre en voix les douze livres des Confessions de Rousseau. Avec pour seuls accessoires un lutrin, un cahier, une chaise et une tasse à thé, le comédien fait revivre le texte de Rousseau, confesse en «  une entreprise qui n’eut jamais d’exemple » les étapes d’une vie tourmentée. Habité par le texte, il le fait redécouvrir au lecteur devenu auditeur. Performance inouïe, au sens premier du terme, qui est arrivée à son terme en juin 2012 puisque William della Rocca a dit – non pas récité ni joué ni même interprété – l’intégralité des Confessions. Que souhaiter de plus pour le tricentenaire de la naissance du philosophe et pour le vingtième anniversaire de la création de l’APA ?

Véronique Montémont et Françoise Simonet-Tenant

 

Journal buissonnier : Michel Longuet, Adresses fantômes (Françoise Simonet-Tenant)

 

Les lecteurs de La Faute à Rousseau connaissent bien Michel Longuet, pionnier en matière de chronique personnelle sur Internet. Depuis 2000, il met en ligne certaines feuilles d’un journal illustré commencé en 1993, et les internautes peuvent aller se promener sur son site touffu (« Les carnets illustrés de Michel Longuet », http://michel.longuet.free.fr). En 2008 est publié chez Actes Sud L’Abécédaire de l’Odéon illustré par des dessins de Michel Longuet qui s’est plu à s’aventurer dans les coulisses de l’Odéon (voir chronique dans FAR, n° 49, p. 63-64). Du monde du théâtre, Michel Longuet est passé au monde des rues, qui est une autre forme de théâtre, et il a publié en avril 2013 chez Grasset ces Adresses fantômes, tout à fois carnet de croquis et journal de promenades urbaines dont les dessins sont extraits des « carnets illustrés » (2003-2012).

            Michel Longuet s’est arrêté sur les inscriptions commémoratives que nos yeux de citadins pressés ne voient plus : « bien des fois au cours de mes promenades dans Paris, en m’arrêtant devant une plaque Dans cette maison vécut…, j’ai ressenti un frisson. » (p. 11). Tout à la fois diariste- dessinateur et journaliste-enquêteur, Michel Longuet prend au mot plusieurs de ces plaques et a exploré, bien au-delà des façades, les adresses d’écrivains et artistes disparus (Georges Méliès, Toulouse-Lautrec, Albert Marquet, Paul Gauguin, Eugène Atget, Calder, Beckett, Michaux, Follain), ranimant les fantômes des disparus. C’est tour à tour  émouvant, sensible, érudit, nostalgique, drôle et poétique. De chapitre en chapitre (10 au total), on suit le personnage du dessinateur en quête de traces, d’adresse en adresse, de déconvenue en découverte, d’hésitation en certitude. C’est presque de petits récits d’aventure que nous livre Michel Longuet, où flotte parfois l’ombre du fantastique : « Comment croire que la chaise du bureau d’Atget ne soit qu’une simple chaise ? […] Que la lueur rouge dans l’œil de cette dame chez qui j’ai dessiné la cheminée où Lautrec faisait des feux d’enfer ne soit due qu’au hasard ? » (p. 11)

            Le livre est un miracle d’équilibre entre textes et images. Les grands dessins en pleine page, le plus souvent datés et légendés, sont accompagnés d’une myriade de petits dessins éparpillés dans les marges qui mettent en valeur un détail ou croquent d’amusants petits personnages. Les illustrations elles-mêmes sont pleines de lettres, celles qui peuplent nos rues, celles des enseignes, des panneaux indicateurs, des affiches, des tags. Le lecteur ne sait plus où donner du regard… Entre les dessins court le texte du journal tenu par le diariste-enquêteur dans ses flâneries-enquêtes :

mardi 10.IV.07

Ah ! mon pauvre monsieur, me dit la gardienne du 17 bis rue Campagne-Première où s’installa Atget de 1899 jusqu’à sa mort, il ne reste plus rien. Du temps de Monsieur Blanchet (journaliste), l’appartement était en l’état parce qu’il avait connu Monsieur Atget. Mais avec les nouveaux arrivants… Ils ont ôté le plancher (pause) et ils ont abattu une cloison pour faire une grande pièce avec cuisine américaine… Madame la gardienne lève les yeux au ciel. (p. 65)

Ce livre est fait de minutie et de détails : consignation des progrès minuscules sur les traces des grands hommes disparus, petits croquis de détails architecturaux, de portes et d’objets, précisions historiques ou topographiques. Si maintes investigations sont parisiennes, Michel Longuet s’échappe parfois de la capitale et part à Albi (p. 43) sur les traces de Toulouse-Lautrec, à Canisy et à Saint-Lô sur les traces de Follain (p. 100 et p. 102), à Reims (p. 96)…

            Le dessinateur est discret mais présent, se tenant le plus souvent dans les coulisses – de même que son autoportrait dessiné s’inscrit sur le contreplat de couverture. De temps à autre, des bribes de sa propre histoire intime apparaissent de façon elliptique au détour d’une page dans les interstices de la chasse aux fantômes : l’évocation de Méliès suscite le souvenir de la brouille avec son père, sourd aux ambitions cinématographiques de son fils Michel (p. 27)… et Michel Longuet de dessiner dans la marge la bobine du film, Fantôme de l’infirmière – encore un fantôme! , premier court-métrage qu’il a réalisé ! Quelques pages plus loin (p. 97), dans le chapitre consacré à Michaux, une escapade à Reims et le dessin de la porte des toilettes publiques à côté du Palais de justice conduisent le dessinateur à faire allusion à l’homosexualité telle qu’adolescent au début des années 1960, il l’a vécue, sur le mode clandestin, dans le cadre bien-pensant de la capitale champenoise. Le très beau quatrième chapitre, consacré aux « cinquièmes étages de Albert Marquet », semble nous livrer la clé de la dédicace imprimée : « Pour Adrien ». Alors que Michel Longuet a obtenu la permission de dessiner dans le salon même de l’appartement qu’occupa Albert Marquet, rue Dauphine, il remarque une toile de Marquet accrochée au mur, Le port de Boulogne ; la toile appelle immédiatement le souvenir d’Adrien dont on saura qu’il fut un ami cher et proche, « petit monsieur avec une perle piquée dans sa cravate » (p. 54), qu’il possédait une toile de Marquet qu’il a promis de léguer à Michel Longuet, peut-être comme un passage de témoin ? Ce sont également les fantômes de son passé que Longuet ressuscite dans ce livre, élégant et subtil.

Françoise Simonet-Tenant

Michel Longuet, Adresses fantômes, Grasset, 2013, 112 p., 18, 50 €.

 

 

Blog : Paris Diaries of the 1990s

 

Un membre de longue date de l’APA, nous annonce la publication en ligne, en anglais et en français, de ses “Paris Diaries” des années 1990.

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Une invitation à faire un retour en arrière vers les années 1990, une décennie qui aujourd’hui se démarque des deux suivantes car nous ne vivions alors ni à la lueur d’un smartphone ni dans l’ombre du 11 septembre.

J’adopte le genre du blog afin de présenter sous forme de feuilleton des pages choisies de mon journal personnel de l’époque. Les entrées sont écrites sur le vif à Paris, souvent à Londres, parfois ailleurs. De temps à autre je commente le journal de Samuel Pepys, diariste londonien du 17ème siècle que je lisais quotidiennement tout au long de cette décennie.

Les entrées du journal des années 90 sont mises en ligne trente ans plus tard, en anglais et en version française, au 15 de chaque mois.

Lien : https://parisdiaries1990s.com/version-francaise/

Parution : Blossom Margareth Douthat, Un amour de la route (février 2020)

Envoûtantes, tourmentées, les lettres de Blossom Margaret Douthat à Simone de Beauvoir racontent, sous la forme d’un journal intime, un voyage en autostop de Paris à Milan pendant l’été 1958. D’une liberté absolue, la jeune Blossom a décidé de coucher avec qui lui plaira, « sans me retenir mais sans m’attacher », et pourvu que l’amant soit de gauche…

C’est grâce à Sylvie Le Bon de Beauvoir, fille adoptive de l’écrivaine, qui a déposé à l’Association pour l’autobiographie et le Patrimoine Autobiographique l’ensemble des archives de Blossom Douthat, que ces lettres peuvent être publiées aujourd’hui. Simone de Beauvoir, qui rencontra à plusieurs reprises la jeune étudiante américaine, note à son propos dans La Force des choses : « Je lui ai conseillé d’écrire, il me semble qu’elle le pourrait parce que dans cet extravagant journal quelque chose “passe” et même quelque chose de fort. »

En dehors de son intérêt historique, et de l’histoire romanesque qui entoure la découverte de ce manuscrit exceptionnel, Un amour de la route est une tentative d’œuvre littéraire à part entière qui relève à la fois de la correspondance, du journal et du roman. La jeune femme caresse le rêve fou d’une écriture qui aurait plus de réalité que la vie.

Tous nos livres sont en vente en librairie. Nous vous conseillons de les acquérir chez votre libraire. En cas de difficulté, vous pouvez  nous commander celui-ci dès sa parution en envoyant aux Editions du Mauconduit un chèque de 24 € ttc (23€ + frais de port 1€). Le livre vous sera expédié dans les trois jours.

(source : Éditions du Mauconduit)

Ne manquez pas la rencontre qui aura lieu à la libraire Gallimard, 15 boulevard Raspail, 75007 Paris,  le jeudi 12 mars à 18h30. Présentation et débat par Philippe Lejeune, chercheur spécialiste de l’autobiographie, Claudine Krishnan, spécialiste des archives de Blossom Douthat, Marine Rouch, doctorante en histoire contemporaine, spécialisée dans la correspondance reçue par Simone de Beauvoir.

Vous pouvez par ailleurs retrouver sur Autobiosphère les actes de la matinée consacrée aux lettres de Blossom.

Comment pense un savant ? Un physicien des Lumières et ses cartes à jouer (Jean-François Bert)

 

C’est avec retard (mais mieux vaut avec retard que jamais !) que nous découvrons la parution d’un ouvrage consacré à Le Sage, dont le système de notation et de classement, qui pourrait s’apparenter à un journal, avait fait il y a quelques années l’objet d’un exposé de Philippe Lejeune au séminaire.  Les Éditions Anamosa, chez qui l’ouvrage a paru, proposent


Les archives inédites du savant Georges-Louis Le Sage, constituées de 35 000 cartes à jouer, sont un document exceptionnel sur la pensée telle qu’elle chemine. Drôle et énigmatique, ce matériau étonnant se révèle tout à la fois laboratoire, autobiographie et véritable boîte noire de la recherche.
Ce physicien genevois, contemporain de Rousseau, est un anticonformiste. Refusant les codes du monde savant, il écrit absolument tout sur des cartes à jouer : eurêka et tâtonnements, amertume de ne pas être reconnu, rapports polémiques avec ses pairs ou poème pour Newton, mais aussi angoisse face à sa mémoire qui peut flancher et à un corps qui vieillit… Classer ses cartes, les empaqueter et les étiqueter est pour Le Sage un travail quotidien, à la fois excitant et harassant. Ce sera sa seule véritable oeuvre, et sans doute aussi la source de ses désillusions sur la science et ses méthodes.
Trois siècles plus tard, Jean-François Bert s’empare avec tendresse de ces cartes, matériaux de la pensée. Il propose une plongée dans la recherche en train de se faire et son pouvoir imaginatif, tout en rendant hommage à ce performer avant-gardiste. La force de ce témoignage est que chacun y reconnaîtra le cheminement complexe de ses pensées et l’échafaudage perpétuel de listes sans cesse réagencées.

(Présentation de l’éditrice)

Prix Clarens du Journal Intime : Sélection finale

Prix Clarens du Journal Intime

Sélection finale 

Le 10 octobre, pour la sélection finale du Prix Clarens du journal intime, le jury a retenu les quatre titres suivants :

Julien Green
Journal intégral, tome 1, 1919-1940
Texte établi par Guillaume Fau, Alexandre de Vitry et Tristan de Lafond. 
Collection Bouquins 

Sándor Márai 

Journal, Les années hongroises, 1943-1948, Tome 1
Traduit du hongrois par Catherine Fay, postfacé par András Kányádi et annoté par Catherine Fay
   et 
András Kányádi. 
Albin Michel

Goliarda Sapienza
Carnets
Traduit de l’italien par Nathalie Castagné.
Le Tripode 

John Steinbeck
Jours de travail, Les journaux des Raisins de la colère 
Traduit de l’anglais par Pierre Guglielmina.
Seghers

Le jury est composé de Daniel Arsand, Monique Borde, Michel Braud, Béatrice Commengé, Colette Fellous, Jocelyne François, Gilbert Moreau (président du jury) et Robert Thiery. Il se réunira le 21 novembre pour désigner le lauréat.


Plus d’informations sur les sites du Prix Clarens du Journal intime et de Les Moments littéraires

Séminaire ABC : demandez le programme 2019-2020 !

Autobiosphère est heureux de vous dévoiler le programme de la nouvelle saison du séminaire « Autobiographie et Correspondances ». Le cycle 2019-2020 aura pour thème « Témoins de leur temps« . Vous pouvez d’ores et déjà en noter les dates ; tous les séances auront lieu cette année en salle « Conférence » du 46, rue d’Ulm – en face du bâtiment historique. Nous vous souhaitons une bonne rentrée à tous !

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Témoins de leur temps

Journaux, autobiographies et correspondances ne constituent pas seulement l’expression d’une mémoire individuelle qui fait retour sur la singularité d’une vie. Ils sont aussi des témoignages de leurs temps, révélant, plus ou moins en creux, des réseaux de sociabilité, des inscriptions dans des écoles littéraires, des choix de vie avant-gardistes, militants ou marginaux… Parfois plus directement que les œuvres de création, ils sont aussi un lieu privilégié d’expression d’éléments biographiques et sociaux conflictuels, tus ou refoulés. Ces derniers peuvent être du ressort de l’histoire (avec ses traumatismes), du politique, de l’histoire des mentalités, impliquer le secret ou la révélation. En cela, la genèse des écrits personnels, avec ses problématiques de censure, autocensure, publication et réception, est à même de fournir de précieux éclairages sur les œuvres, mais aussi les époques dans lesquelles ces dernières ont été élaborées.

  • Samedi 5 octobre 14h30-16h30 (attention, horaire exceptionnel en raison du croisement avec le séminaire Multilinguismes)

Nina Dmitrieva (Institut Pouchkine, Saint-Pétersbourg) : Le bilinguisme au temps de Pouchkine

Ekaterina Dmitrieva (Institut Gorki, Saint-Pétersbourg) : Madrigaux, épigrammes, prose épistolaire : bilinguisme et multilinguisme dans l’œuvre de Pouchkine

  • Samedi 7 décembre 10h-13h00

Groupe Violette Leduc : Autour des écrits de Violette Leduc (le programme détaillé des interventions suivra).

  • Jeudi 23 janvier 2020 17h-19h

Entretien avec Janine Altounian (écrivain et traductrice, Université Paris 13) : Sur L’effacement des lieux. Autobiographie d’une analysante, héritière de survivants et traductrice de Freud (PUF, 2019)

Agnès Spiquel (Université de Valenciennes) : Correspondance Alexandre Vialatte – Henri Pourrat

  • Samedi 29 février 10h-13h

Odile Richard-Pauchet (Université de Limoges) : François Mitterrand, Lettres à Anne, de politique, d’amour, de goût ou de philosophie ?

Florence Naugrette (Université Paris Sorbonne) et Jean Maurice (Université de Rouen)  : François Mitterrand géographe dans Lettres à Anne (1962-1995) et Journal pour Anne (1964-1970)

  • Jeudi 19 mars 2020 17h-19h

Serge Bourjea (ITEM), Le journal de René Depestre

Edward Castelton (Université de Franche-Comté), Le journal de Proudhon 

  • Samedi 16 mai 10h-13h

Clive Thomson (Université de Guelph, Canada) et Michael Rosenfeld (Paris 3 – Sorbonne Nouvelle & Université catholique de Louvain), Les archives de Georges Hérelle et les récits intimes d’homosexuels (1870-1905) en France et en Belgique.

Françoise Simonet-Tenant (Université de Rouen), Le site Ecrisoi

  • Samedi 6 juin 10h-13h

Suzette Robichon (journaliste et essayiste) – Olivier Wagner (BNF), La correspondance de Natalie Clifford Barney et Liane de Pougy

Nelly Sanchez, La correspondance de Renée Vivien (à paraître aux éditions du Mauconduit, 2020).

 

Création du prix Clarens du journal intime

Création du Prix Clarens du Journal Intime 

Depuis 20 ans, la revue Les Moments littéraires s’est donné pour objectif de promouvoir l’écrit intime en publiant récits autobiographiques, journaux intimes et correspondances …

À ce jour, le journal est la seule composante de l’écrit intime à ne pas être célébrée par un prix. En effet, chaque année, Le Prix Saint-Simon couronne un livre de mémoires, le Prix Jean-Jacques Rousseau, des œuvres autobiographiques ou d’autofiction et le Prix Sévigné, un livre de correspondances. Pour remédier à cette lacune, Les Moments littéraires crée, en partenariat avec la Fondation Clarens, le Prix Clarens du journal intime.

Décerné annuellement, ce prix d’une dotation de 3.000 € récompensera un journal intime paru en première édition durant l’année écoulée.

Le jury est composé de Daniel Arsand, Monique Borde, Michel Braud, Béatrice Commengé, Colette Fellous, Jocelyne François, Gilbert Moreau (président du jury) et Robert Thiery.

Réuni le 14 juin, le jury a dévoilé la première sélection pour le prix 2019 :

• Willy Cohn Nul droit, nulle part.Journal de Breslau, 1933-1941Présenté, annoté et édité par Norbert ConradsTraduit de l’allemand par Tilman ChazalCalmann-Lévy, Collection Mémorial de la Shoah
• Lawrence Ferlinghetti La vie vagabonde.Carnets de route (1960-2010), traduit de l’anglais par Nicolas Richard, Seuil.
• Cees Nooteboom 533. Le livre des jours, traduit du néerlandais par Philippe Noble, Actes Sud.
• Goliarda Sapienza, Carnets, traduit de l’italien par Nathalie Castagné Le Tripode
• John Steinbeck, Jours de travail. Les journaux des Raisins de la colère, traduit de l’anglais par  Pierre Guglielmina Seghers, Collection « inédit »
• Giani Stuparich, L’année 15. Journal de guerre, traduit de l’italien par Carole Walter, Verdier

Le jury se réunira à nouveau le 10 octobre pour sélectionner les 4 livres finalistes.

Plus d’informations sur les sites du Prix Clarens du Journal intime et de Les Moments littéraires