Arnaud Genon : Fous d’Hervé. Correspondance autour d’Hervé Guibert (Presses Universitaires de Lyon, 2022)

Avec un retard dont nous sommes honteux, nous relayons, et avec quel plaisir, l’annonce du bel ouvrage d’Arnaud Genon paru cet automne. Spécialiste de longue date de l’auteur de Fou de Vincent et d’À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, auquel il a consacré plusieurs ouvrages : Hervé Guibert. L’écriture autobiographique et le miroir de soi (avec Jean-Pierre Boulé, PUL, 2015), Arnaud Genon a également publié ou codirigé plusieurs essais autour de l’autofiction, notamment Lisières de l’autofiction, avec Isabelle Grell (PUL, 2016) Il est également l’auteur de plusieurs livres autobiographiques : Tu vivras toujours (Éditions Rémanences, 2016), consacré à sa mère, Mes écrivains (Rémanence, 2019), Les Indices de l’oubli (Éditions de la Reine Blanche, 2019). Arnaud Genon a enfin cofondé deux sites : herveguibert.net et autofiction.org.

Auteur d’une œuvre unique, Hervé Guibert suscitait de son vivant une fascination peu courante. Trente ans après sa disparition, cette fascination reste vivace et nombreux sont ceux qui se sentent encore intimement liés à lui. Arnaud Genon fait partie de ces personnes. Il a dédié la majeure partie de son travail de chercheur à l’écrivain et à son œuvre multiforme – écriture de soi, écrits critiques, photographies, réalisations vidéo. Dans cet ouvrage, ce n’est pas à Hervé Guibert qu’il donne la parole, mais à ceux qui l’aiment, le lisent, l’admirent, souvent sans jamais l’avoir rencontré. Arnaud Genon cherche à mieux connaître une œuvre à part, à identifier les traces laissées par l’écrivain, à savoir enfin si sa folie pour lui est partagée. Il nous donne ainsi à lire ses riches échanges avec une vingtaine d’écrivains, d’universitaires, de photographes, de journalistes et d’artistes autour de leur passion commune. »

Se procurer le livre en librairie ou sur le site de l’éditeur.

Parution : « Aimer c’est écrire, et vice-versa ». Violette Leduc, passionnément. Etudes de Catherine Viollet, éditées par Anaïs Frantz (Ixe, 2022)

« J’ouvrirai le sexe d’Isabelle,
j’écrirai dedans avec mon encre bleue »

Aimer, c’est écrire”, déclare Violette Leduc dans une lettre à Simone de Beauvoir, celle qui durant toute sa vie d’écrivaine fut son modèle, son “interlocutrice privilégiée”, son impossible amour. ”Et vice versa”, ajoute Catherine Viollet dans une inversion lumineuse qui vaut aussi bien pour elle, tant elle aura mis de passion, d’attention et d’amour dans ses études de l’œuvre de Violette.

Comme son ami Jean Genet, mais à partir de son expérience de jeune fille lesbienne, de femme bisexuelle, Violette Leduc voulait écrire la vérité de l’amour physique – le désir, le plaisir charnel, les sensations érotiques du corps à corps et du peau contre peau. “Combien je voudrais notre viande nue sur la feuille de cahier”, réaffirme-t-elle encore dans La Folie en tête, l’un des derniers livres parus de son vivant.

Entreprise audacieuse, passionnément poursuivie malgré la censure de ses éditeurs et dont il lui est maintes fois arrivé de douter. Catherine Viollet en retrace ici le processus contrarié, déchiffre les “manuscrits millefeuilles” de l’écrivaine, son œuvre palimpseste maintes fois reprise, remaniée, amputée. Avec le projet – fou sans doute, mais qui trouvera peut-être à se réaliser – qu’un jour enfin les romans largement autobiographiques de Violette Leduc paraissent tels que Violette les avait écrits.

Un lancement du livre aura lieu le 9 février 2022 à 19h à la Librairie Violette and co au 102 rue de Charonne, 75011 Paris.


Chercheuse à l’Institut des Textes et Manuscrits modernes (ITEM, CNRS), Catherine Viollet s’était spécialisée dans la génétique des textes: l’étude des brouillons d’une oeuvre avant publication, avec les biffures, les ratures, les retouches témoignant du travail d’écriture.

Son précédent livre, Genèse de l’autobiographie (Éditions iXe, 2021), rassemble quelques-unes de ses études sur les manuscrits de Violette Leduc, Annie Ernaux, Marcel Proust, Christiane Rochefort, Simone de Beauvoir, Ingeborg Bachman et Christa Wolf.


Commander en librairie ou sur le site des éditions iXe

Marek Nekula, Franz Kafka. Pour une lecture en contexte (trad. Marie-Odile Thirouin)

Marie Odile Thirouin nous informe de la parution en français de l’ouvrage de Marek Nekula, Franz Kafka. Pour une lecture en contexte, traduit et préfacé par ses soins (Classiques Garnier, 2021). Cet ouvrage restitue le monde qu’a connu l’écrivain Franz Kafka – dans sa dimension juive, nationale, linguistique, culturelle, urbaine, politique… – pour montrer comment réalités matérielles et immatérielles informent discrètement l’œuvre littéraire et l’éclairent.

Il peut être commandé en librairie et sur le site de l’éditeur. Vous pouvez télécharger ici le bon de commande

This Work renders the world such as Franz Kafka has experienced it as a writer – in its Jewish, national, linguistic, cultural, urban, politic dimension – to evidence how material and immaterial realities subtly permeate and shed light on Kafka’s literary work.

No 111, 356 p., 15 x 22 cm
Broché, ISBN 978-2-406-12234-0, 39 €
Relié, ISBN 978-2-406-12235-7, 78 €
Date de parution : 08/12/2021

L’Île aux malades

Claire Paulhan, éditrice bien connue des lecteurs d’Autobiosphère pour le riche catalogue de sa maison, s’intéresse de longue date à l’île de Port-Cros, un paradis de quelques kilomètres de long situé au large d’Hyères. Paulhan en avait fait un des repères de la NRF, et certaines de des plus grandes plumes de la revue y séjournèrent La naturaliste et écrivaine anglaise Vivienne de Wattewille y avait, elle aussi, posé ses valises le temps d’une saison, racontée avec humour dans ses Souvenirs.

Mais c’est un aspect plus méconnu de l’île que Claire Paulhan entreprend de ressusciter dans un bref ouvrage illustré, Port-Cros en 1886, île de quarantaine. Ces temps pandémiques nous rappellent en effet des réalités oubliées : à savoir le poids des épidémies dans la vie des sociétés, aggravé par les échanges maritimes, militaires ou commerciaux. Or en 1884, le choléra parti d’Égypte a gagné Toulon et Marseille via les bateaux ; la fin de la guerre du Tonkin et le rapatriement massif de soldats atteints de diverses fièvres et maladies (dont le choléra et la variole) obligent le gouvernement de Jules Grévy à prendre des mesures prophylactiques.

Une délégation gouvernementale se rend alors dans le Midi : l’île de Port-Cros est choisie pour que les soldats y effectuent une première phase de quarantaine ; l’île voisine, Bagau, accueillera les plus malades, pour ne pas dire les mourants. S’appuyant sur les archives de la presse, du Figaro (avec son envoyé spécial) au Petit Marseillais, Claire Paulhan nous décrit la vie dans ces sanitariums, selon la terminologie de l’époque, qui entraîne au passage la métamorphose d’un lieu privé où vivent soixante pêcheurs en une colonie de près de mille soldats hébergés simultanément : ce sont au total près de 14 000 personnes, rapatriés et personnels sanitaires, qui peupleront l’île durant ces quelques mois, et leurs conditions d’accueil, tantôt décrites comme parfaitement humaines, tantôt comme scandaleusement sommaires, feront l’objet de vives controverses par voie de presse.

La deuxième « épidémie » mentionnée par Claire Paulhan, c’est le tourisme, qui se développera quelques années après la fin des quarantaines. Plusieurs écrivains en garderont la mémoire littéraire : est ici évoqué, tout particulièrement, le roman (oublié) de Melchior de Vogüé, Jean d’Agrève (1897) qui relate l’amour d’un officier réfugié à Port-Cros, dans un sanatorium (avec un a cette fois) pour y trouver la paix ; il y rencontre une femme. L’histoire était-elle autobiographique ? La belle Hélène a-t-elle existé ?… Entre romans et souvenirs, Claire Paulhan a mené l’enquête.

Cette brève promenade historique et littéraire, richement illustrée de cartes postales d’époque et préfacée par Boris Cyrulnik, nous rappelle que la recherche de parades efficaces contre les microbes et les virus font partie intégrante de la vie des sociétés. Les débats aujourd’hui soulevés par les « mesures sanitaires » ne sont en réalité que les variantes (en attendant les variants) de controverses bien plus anciennes.

On pourra se procurer l’ouvrage auprès de l’Office du Tourisme de Hyères, sur leur site internet sécurisé – pour la commande en ligne, pensez à désactiver votre bloqueur de publicité (AdBlock) si vous en avez installé un sur votre navigateur.

Claire Paulhan, Port-Cros en 1886, île de quarantaine, préface de Boris Cyrulnik, Association des Amis de Port-Cros, 84 p. ill, 10 €.

https://hyeres-boutique.com/accueil/111-port-cros-en-1886-ile-de-quarantaine.html

Hélène Gestern

24 avril

Ce 24 avril, la 105e commémoration du génocide arménien ne pourra avoir lieu comme elle l’aurait dû pour cause d’épidémie. Parce qu’autobiographies, journaux et correspondances consignent aussi l’Histoire, et que celle de la mémoire arménienne en fait partie, il a souvent été question de celle-ci au cours des travaux du séminaire. Nous vous recommandons la lecture de :

• L’essai de Janine Altounian, L’Effacement des lieux. Autobiographie d’une analysante, héritière de survivants et traductrice de Freud, présenté ici, et la note de lecture relative à cet ouvrage. Janine Altounian devait intervenir cette année au séminaire à propos de ce livre ; elle sera notre invitée à l’automne.

L’interview de Greg Kerr, enseignant-chercheur à l’université de Glasgow, qui est intervenu au séminaire à propos de l’écrivain Chahan Chahnour, qui devint en France Armen Lubin.

• L’article de Krikor Beledian, « L’Écriture comme réécriture chez Chahan Chahnour/Armen Lubin », sur les mécanismes de récriture à l’oeuvre chez Chahnour-Lubin et son double rapport à l’arménien et au français.

• La présentation de la séance de séminaire de juin 2019, assurée par Élodie Bouygues et Hélène Gestern, qui portait sur la correspondance de Madeleine et de Jean Follain, et celle de Madeleine Follain et d’Armen Lubin

Les mémoires de Zaven Bibérian, Car vivre, c’était se battre et faire l’amour, paru aux édition Aras (Istanbul) en 2019.

• Les éditions Parenthèses et l’ensemble de sa collection Diasporales, qui proposent régulièrement des récits mémoriels liés à l’Arménie.

Armen, l’exil et l’écriture, d’Hélène Gestern. Ce lire devait paraître le 19 mars et sera de nouveau proposé à la vente lors du déconfinement. Vous pouvez en lire le premier chapitre ici.

Les épreuves passent, la mémoire demeure.

Proust en questions (Evelyne Bloch-Dano, Une jeunesse de Marcel Proust, 2017)

Une-jeunee-de-Marcel-ProustTout le monde connaît le questionnaire de Proust ; beaucoup pensent qu’il l’a même inventé. Mais non seulement le futur auteur de la Recherche n’a fait qu’y répondre, mais en plus, il ne fut pas le seul à se livrer à l’exercice. Dans un passionnant essai, intitulé Une jeunesse de Marcel Proust, Évelyne Bloch-Dano livre le récit de la redécouverte de ce texte, qui en réalité connut deux versions :  Proust répondit pour la première fois en 1887, alors qu’il était âgé de treize ans, et une seconde fois trois ans plus tard. Dans le premier cas, il a écrit dans un album intitulé Confessions. An Album to Record Thoughts, Feelings & c. : ce type de petit livre imprimé, très en vogue, était vendu à Paris dans sa version anglaise (so chic !) dans les années 1890 ; il comportait des pages préimprimées avec une série de questions, plus ou moins personnelles. Il était d’usage de faire circuler ces albums auprès de ses ami(e)s, durant ses goûters ; de soumettre, aussi, les adultes de son entourage au jeu, par politesse. La seconde série de réponses de Proust, cette fois bel et bien intitulée « Questionnaire », a été donnée trois ans plus tard et figure dans un autre album, Confidences de salon.

Le coup de génie de la biographe a ici consisté à s’intéresser au reste du cahier dans lequel figuraient les réponses de Proust ; celui-ci a appartenu à Antoinette Faure, la fille du futur président de la République, alors âgée de 13 ans. Car, sept ans après l’avoir vu dans une exposition, Évelyne Bloch-Dano réussit à voir, et même à photographier les autres pages de l’album d’Antoinette, qui, éclipsées par la notoriété de Proust, avaient été négligées : et ce qu’elle découvre, à travers les 42 séries de réponses conservées, c’est le portrait d’une génération adolescente, celle des enfants d’une bourgeoisie française aisée, qui prend ses quartiers d’hiver à Paris et ceux d’été sur la côte de Nacre, « un groupe social, des intérêts communs, des liens d’une famille à l’autre ». L’auteur a ainsi enquêté sur les profils familiaux des répondants et des répondantes qu’elle a identifiés, parvenant parfois à retracer une partie de leur curriculum vitae, tel celui du médecin de la famille, Victorine Benoît, ou celui de la professeur de piano, Wanda Wawroswska. Mais, plus précieux encore, elle reconstitue le milieu dans lequel fut élevé Marcel Proust, qu’un effet d’optique rétrospectif nous conduit à voir comme un génie singulier, météoritique et solitaire. Or, enfant, lui aussi a baigné dans cette atmosphère de nurses anglaises, de jeux au Parc Monceau, de leçons de piano, de lectures choisies et de réceptions entre familles du même cercle, une sociabilité dans laquelle il a puisé les nombreux détails qui nourrissent À l’ombre de jeunes filles en fleur.

En croisant les réponses, Évelyne Bloch-Dano a ensuite entrepris de dresser le « portrait type de l’adolescent de cette époque », avec ses idéaux, ses goûts, ses modèles, imprégnés de culture antique, d’aspirations matrimoniales, de patriotisme et de fantaisie mêlés : le tableau révèle la ligne de fracture qui sépare les filles de garçons, la façon dont les uns voient les autres. Les filles, et l’essai le souligne avec pertinence, sont encore éduquées dans la droite ligne de la domination masculine ; la jeune fille est considérée comme un être « inachevé, inaccompli, ignorant, soumis à l’autorité de ses parents en attendant celle de l’époux ».  Les réponses trahissent que certaines, pourtant, aimeraient regimber : elles admirent Jeanne d’Arc, Charlotte Corday, et plusieurs avouent qu’elles aimeraient être…des garçons, parce qu’à cette époque, pour « ouvrir l’horizon et s’approprier le monde, il faut être un homme » note l’analyste. Autre passionnant constat : l’émergence, par comparaison, de la singularité précoce de Marcel Proust. Alors que certains adolescents, surtout les garçons, concèdent des réponses farfelues, lui se livre avec la plus grande sincérité, sans craindre le ridicule ou le décalage. Son idea of misery ? « Être séparé de maman ». Qui aimerait-il être ? « Pline le Jeune ». Mais certaines de ses réponses montrent aussi l’exceptionnelle subtilité de son intelligence : il préfère les héros « qui sont un idéal plutôt qu’un modèle » ; quant aux qualités qu’il apprécie le plus, ce sont « toutes celles qui ne sont pas particulières à une secte, les universelles ». Rare maturité, pour un garçon si jeune, qui laisse aussi apparaître « son goût des nuances, son besoin de tendresse, son affectivité » selon les mots de la biographe.

Cette enquête aux rebondissements multiples, qui a mené l’auteur dans les archives départementales et celles de l’AP-HAP, au cadastre, à la BNF, l’a lancée sur les traces des journaux personnels des camarades de Proust aussi bien qu’à la poursuite d’émissions de télévision utilisant le questionnaire, nous fait aussi partager l’exaltation de la quête, les émotions et les déceptions de tout chercheur ; grâce à la précision de la documentation, deux pages singulières, ce questionnairedeproust en un seul mot, reprennent peu à peu, sous la plume ferme et vivante de l’auteur, leur épaisseur historique, au milieu de ce qui est aussi une fascinante  radiographie de l’adolescence de la fin du XIXe siècle. « Les biographes passent leur temps à faire revivre les disparus » écrit Évelyne Bloch-Dano : à partir de quelques lignes sur un cahier, elle a réussi le tour de force de ressusciter une époque.

Evelyne Bloch-Dano, Une jeunesse de Marcel Proust, Stock, 2017, 281 p.

© Hélène Gestern / La Faute à Rousseau (2017)

Douze ans de journal posthume : « Le Passé défini » de Jean Cocteau (dir. Pierre Caizergues et Pierre-Marie Héron)

Sous le titre Le Passé défini, Cocteau a tenu de 1951 à sa mort en 1963 un journal personnel d’emblée placé dans la perspective du posthume. Commencée en 1983, l’édition en huit volumes de cet énorme opus de quatre mille cinq cents pages imprimées s’est terminée en novembre 2013, pour le cinquantenaire de la mort du poète. En se lançant après 1950 dans l’écriture d’un journal au long cours, Cocteau n’est pas étranger à l’esprit de l’époque : après l’acte médiatique majeur de Gide publiant de son vivant en 1939 une version arrangée de son Journal dans la Pléiade, un Jouhandeau, un Green, un Claude Mauriac, d’autres encore traitent leur journal comme une œuvre ou le matériau privilégié d’une œuvre littéraire, portés par une évolution plus générale de la littérature au XXe siècle vers les écritures du moi. Cependant Le Passé défini veut aussi contredire la « mode lancée par Gide » « qui consiste à publier son “journal” de son vivant » (22 février 1953). Écrire pour la postérité, voilà qui donne au poète la liberté d’être lui- même et le courage de tout dire, dans des années où, fatigué de lutter contre l’époque pour s’imposer, il semble résigné à tenter de « gagner en appel » (27 avril 1962).

Pierre-Marie Héron

Introduction

Du manuscrit à l’édition

Pierre Caizergues Éditer Le Passé défini

Christian Rolot & Francis Ramirez
 Les coulisses du Passé dé ni ou Douze années de journal posthume

Jerzy Lis (†) Perspectives sur le journal d’écrivain en France dans la première moitié du xxe siècle

Le projet du journal

Françoise Simonet-Tenant Pourquoi et comment écrire un journal posthume : réussite ou échec du diariste Cocteau ?

Serge Linarès
 D’un journal à l’autre : Le Passé défini, Journal d’un inconnu et Démarche d’un poète

Cécile Meynard
 Le « présent du passé » : temps et mémoire dans Le Passé défini

Jean Touzot Une critique en peau de chagrin

Michel Braud Des « cahiers phénixologiques »

Persécutions et occupations

Audrey Garcia
« Plaider coupable » (Le Passé défini I à III, 1951-1954)

François Amy de la Bretèque 
Jean Cocteau persécuté : Jeanne d’Arc à l’horizon (Le Passé défini V à VI, 1956-1958)

Guillaume Boulangé Que fait donc Jean Cocteau lorsqu’il ne travaille pas ? Bibliographie

Achat en ligne possible sur le site http://www.PULM.fr

Comment pense un savant ? Un physicien des Lumières et ses cartes à jouer (Jean-François Bert)

 

C’est avec retard (mais mieux vaut avec retard que jamais !) que nous découvrons la parution d’un ouvrage consacré à Le Sage, dont le système de notation et de classement, qui pourrait s’apparenter à un journal, avait fait il y a quelques années l’objet d’un exposé de Philippe Lejeune au séminaire.  Les Éditions Anamosa, chez qui l’ouvrage a paru, proposent


Les archives inédites du savant Georges-Louis Le Sage, constituées de 35 000 cartes à jouer, sont un document exceptionnel sur la pensée telle qu’elle chemine. Drôle et énigmatique, ce matériau étonnant se révèle tout à la fois laboratoire, autobiographie et véritable boîte noire de la recherche.
Ce physicien genevois, contemporain de Rousseau, est un anticonformiste. Refusant les codes du monde savant, il écrit absolument tout sur des cartes à jouer : eurêka et tâtonnements, amertume de ne pas être reconnu, rapports polémiques avec ses pairs ou poème pour Newton, mais aussi angoisse face à sa mémoire qui peut flancher et à un corps qui vieillit… Classer ses cartes, les empaqueter et les étiqueter est pour Le Sage un travail quotidien, à la fois excitant et harassant. Ce sera sa seule véritable oeuvre, et sans doute aussi la source de ses désillusions sur la science et ses méthodes.
Trois siècles plus tard, Jean-François Bert s’empare avec tendresse de ces cartes, matériaux de la pensée. Il propose une plongée dans la recherche en train de se faire et son pouvoir imaginatif, tout en rendant hommage à ce performer avant-gardiste. La force de ce témoignage est que chacun y reconnaîtra le cheminement complexe de ses pensées et l’échafaudage perpétuel de listes sans cesse réagencées.

(Présentation de l’éditrice)

Isabelle Grell et Jean-Michel Devésa (dir.), L’écriture du je dans la langue de l’exil (EME Editions, 2019)

Inscrivant leurs travaux dans la lignée de l’écriture autofictionnelle théorisée et pratiquée par Serge Doubrovsky et alii, Isabelle Grell et Jean-Michel Devésa ont réuni écrivains et universitaires du monde entier à l’ENS-Ulm de Paris afin d’interroger praxis et théories des écritures translingues du « je ». Par les entretiens, les témoignages et les études qu’il renferme, ce livre croisant les perspectives et les domaines littéraires et linguistiques est appelé à s’imposer comme ouvrage de référence.

 

362 pages • 36 €
EAN : 9782806636898
Site de l’éditeur : EME

Parution : Arnaud Genon, Les Indices de l’oubli (Reine Blanche, 2019)

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution des Indices de l’oubli, le dernier ouvrage de notre ami Arnaud Genon.

Présentation de l’éditeur : 

Le feuilletage de l’album de famille est un geste universel qu’Arnaud Genon transforme en geste littéraire. Les Indices de l’oubli propose une réflexion sensible et délicate sur nos rapports avec les vieux albums de photos de famille. Parallèlement, l’auteur s’interroge sur le souvenir que nous gardons des êtres qui ne sont plus, ce qui le conduit à poser également la question de l’immuabilité de notre identité. Même si le point de départ de ce récit est une expérience personnelle, celle-ci livre-les-indices-de-oublirésonne immédiatement chez le lecteur qui se sent happé dans le cadre de la réflexion.

Extrait de la préface, par Marta Caraion :

 On pense à Annie Ernaux et aux photographies qui, dans Les Années, organisent le récit et restituent le temps social et intime, images absentes que le lecteur, par procuration, découvre et souvent reconnaît, car ce sont les photos de tout le monde, ou du moins les photos d’un monde qui a la familiarité de l’album de famille, sorte d’objet universel et partagé. Arnaud Genon inscrit son projet dans ce qu’il convient peut-être de considérer désormais comme un genre : dans un monde d’images virtuelles, l’archéologie familiale, photographique, devient l’expression contemporaine de la mélancolie. On rêvait, au XIXe siècle, à la vanité de toutes choses en contemplant les ruines des civilisations disparues ; on se plonge à présent dans les traces que les familles ont voulu laisser d’elles-mêmes, photographies qui, pour nous encore – mais pour combien de temps ? –, sont des objets matériels, des vestiges nostalgiques offerts au décryptage et à la déploration.

 

Informations

Editeur : Editions de la Reine Blanche
http://editionsdelareineblanche.fr/les-indices-de-l-oubli.html

Date de parution : 07/08/2019

ISBN : 9782955891056