Appel à contribution en vue de l’inventaire raisonné de Beaumarchais

Linda Gil était venue à l’automne nous présenter l’édition électronique de la correspondance de Beaumarchais. Dans ce cadre, elle est à la recherche de l’ensemble des lettres de l’auteur, et nous transmettons l’annonce suivante.

« Dans le cadre du nouveau projet d’inventaire raisonné et d’édition de la correspondance intégrale de Beaumarchais, l’université Paul-Valéry de Montpellier invite les possesseurs de lettres manuscrites de l’écrivain (publiées ou inédites, autographes ou allographes) à contacter linda.gil@univ-montp3.fr. »Dans le cadre du nouveau projet d’inventaire raisonné et d’édition de la correspondance intégrale de Beaumarchais, l’université Paul-Valéry de Montpellier invite les possesseurs de lettres manuscrites de l’écrivain (publiées ou inédites, autographes ou allographes) à contacter linda.gil@univ-montp3.fr. »

Nous en profitons pour relayer l’annonce d’un colloque co-organisé par Linda Gil et consacré à L’Europe de Beaumarchais qui se tiendra à Paris, à la Comédie française et en Sorbonne, les 20 et 21 janvier prochains. Il sera également possible de suivre le colloque à distance. Le programme se trouve en pièce jointe.

Arnaud Genon : Fous d’Hervé. Correspondance autour d’Hervé Guibert (Presses Universitaires de Lyon, 2022)

Avec un retard dont nous sommes honteux, nous relayons, et avec quel plaisir, l’annonce du bel ouvrage d’Arnaud Genon paru cet automne. Spécialiste de longue date de l’auteur de Fou de Vincent et d’À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, auquel il a consacré plusieurs ouvrages : Hervé Guibert. L’écriture autobiographique et le miroir de soi (avec Jean-Pierre Boulé, PUL, 2015), Arnaud Genon a également publié ou codirigé plusieurs essais autour de l’autofiction, notamment Lisières de l’autofiction, avec Isabelle Grell (PUL, 2016) Il est également l’auteur de plusieurs livres autobiographiques : Tu vivras toujours (Éditions Rémanences, 2016), consacré à sa mère, Mes écrivains (Rémanence, 2019), Les Indices de l’oubli (Éditions de la Reine Blanche, 2019). Arnaud Genon a enfin cofondé deux sites : herveguibert.net et autofiction.org.

Auteur d’une œuvre unique, Hervé Guibert suscitait de son vivant une fascination peu courante. Trente ans après sa disparition, cette fascination reste vivace et nombreux sont ceux qui se sentent encore intimement liés à lui. Arnaud Genon fait partie de ces personnes. Il a dédié la majeure partie de son travail de chercheur à l’écrivain et à son œuvre multiforme – écriture de soi, écrits critiques, photographies, réalisations vidéo. Dans cet ouvrage, ce n’est pas à Hervé Guibert qu’il donne la parole, mais à ceux qui l’aiment, le lisent, l’admirent, souvent sans jamais l’avoir rencontré. Arnaud Genon cherche à mieux connaître une œuvre à part, à identifier les traces laissées par l’écrivain, à savoir enfin si sa folie pour lui est partagée. Il nous donne ainsi à lire ses riches échanges avec une vingtaine d’écrivains, d’universitaires, de photographes, de journalistes et d’artistes autour de leur passion commune. »

Se procurer le livre en librairie ou sur le site de l’éditeur.

Séminaire Autobiographie et Correspondances, séance du samedi 10 décembre 2022 (10h-13h)

ENS, 45 rue d’Ulm, amphi Galois (ex-amphi Rataud)

Prendre l’escalier ou l’ascenseur niveau BC (sous-sol)

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Linda Gil, « Beaumarchais en sa correspondance »

Souvent présenté comme un aventurier, Beaumarchais conjugue dans sa correspondance ses relations commerciales et intellectuelles. L’étudier, c’est retrouver la richesse du réseau et des ressources mobilisés pour mener à bien ses multiples affaires, qu’elles soient d’amour ou d’amitié, de théâtre ou d’imprimerie, de finance ou de politique. C’est aussi assister, au fil des événements et de la circulation de la parole qu’ils génèrent, à la promotion et à la circulation des valeurs qui l’animent. L’inventaire numérique de la correspondance de Beaumarchais que nous avons entrepris avec une équipe internationale de chercheurs est encore dans sa première phase mais nous tenterons de proposer des pistes de lectures pour réfléchir à la dimension intellectuelle de cette correspondance, dans laquelle la culture classique se mêle de considérations morales et philosophiques audacieuses. A la fois discours sur le monde et mode d’action, ces lettres incarnent l’énergie caractéristique du tournant des Lumières et une forme d’humanisme.

Linda Gil est Maître de conférences à l’Université Paul-Valéry de Montpellier 3, et membre de l’IRCL (Institut de recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et les Lumières). Spécialiste de l’histoire du livre et de l’édition au XVIIIe siècle, elle a consacré sa thèse à l’étude de la première édition posthume des œuvres complètes de Voltaire. Le livre issu de sa thèse : L’édition Kehl de Voltaire. Une aventure éditoriale et littéraire au tournant des Lumières, est paru en 2018 aux éditions Honoré Champion (Prix d’Honneur de Bibliographie et d’Histoire du livre, décerné par le Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne, sept. 2021). Membre de la Société Voltaire et de la Société d’études voltairiennes, elle est co-directrice de la Revue Voltaire et co-dirige un dossier d’enquête dans les Cahiers Voltaire consacré à la présence de Voltaire au Panthéon. Elle a également publié une édition de la correspondance Voltaire, D’Alembert, Condorcet. Correspondance secrète, ainsi qu’une réédition de la Vie de Voltaire, de Condorcet, aux éditions Rivages (2021 et 2022). Signalons enfin, à paraître en février 2023 chez le même éditeur, un recueil composé de textes de Casanova, intitulé Quatre jours chez Voltaire. Elle dirige depuis 2019 l’Inventaire de la correspondance de Beaumarchais (IRCL: SOS2019 Programme)

Emmanuelle Tabet, « Des Carnets de Joubert au carnet poétique contemporain »

Joseph Joubert fut l’un des premiers écrivains à rédiger des notes dans la lignée des moralistes classiques mais initiant le journal intime et l’écriture « carnettiste » des modernes, au confluent du journal, de l’essai et du recueil poétique. A l’instar de Novalis ou de Schlegel, il associait l’écriture de l’aphorisme et de la note à un principe de vie, celui de la germination. Ces semences constituent un point de référence et une source d’inspiration essentielle dans l’écriture contemporaine du carnet poétique fondée sur un même principe d’écriture, à savoir un ensemble de notations fugitives plus ou moins datées conçues comme des « gouttes de lumière » – chez Jaccottet, Pierre-Albert Jourdan, Joel Vernet, Paul de Roux…

Emmanuelle Tabet est chargée de recherches pour le CNRS. Elle a publié Méditer plume en main. Journal intime et exercice spirituel (Classiques Garnier, 2021). Elle travaille actuellement sur le carnet poétique et sur le rapport intime à la nature dans les textes autobiographiques.

Séminaire Autobiographie et Correspondances, samedi 19 novembre 2022 (10h-13h)

Attention, la salle sera différente cette année :

ENS, 45 rue d’Ulm, amphi Galois (ex-amphi Rataud)

Vincent Gogibu, « Elsa Koeberlé, poétesse de l’abbaye »

Vincent Gogibu nous présentera « Elsa Koeberlé, poétesse de l’abbaye » à travers plusieurs extraits inédits de sa correspondance reçue. Remy de Gourmont, rencontré en 1901, a tout de suite perçu et encouragé les talents de la jeune poétesse alsacienne en favorisant l’édition de ses poèmes au Mercure de France. Les lettres qu’il lui adresse illustrent très bien l’aide bienveillante dont il fait preuve. La critique salue unanimement le talent d’Elsa Koeberlé ce qui lui assure un réseau et une audience dans les revues littéraires et artistiques. La rencontre de Génia Lioubow, peintre et chiromancienne, marque un tournant décisif dans la vie la poétesse puisque les jeunes femmes vont former un duo artistique qui s’installe dans une ancienne abbaye, sise dans un fort médiéval au-dessus du Rhône en face de Palais des Papes d’Avignon. « Les demoiselles de Villeneuve-lès-Avignon » restaurent et redonnent vie au lieu qui devient un carrefour artistique où se croisent Paul Claudel, Pierre Seghers, Robert Laurent-Vibert, Noel Vesper et tout le milieu artistique de Provence. 

Vincent Gogibu est docteur, chercheur au Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines de l’UVSQ Paris-Saclay. Ses recherches portent sur la littérature et les revues littéraires et artistiques de la fin-de-siècle. Il a publié notamment trois volumes de la Correspondance et réédité Sixtine. Roman de la vie cérébrale de Remy de Gourmont au Mercure de France. Il fait partie du projet ENCHRE, l’édition numérique des Cahiers d’Henri de Régnier et prépare la publication de La Morale à Tigre de Pierre Louÿs et de l’intégrale des Lettres intimes à l’Amazone de Remy de Gourmont.

Franck Javourez, « Lire et éditer les Cahiers d’Henri de Régnier »

Henri de Régnier tient de 1886 à sa mort en 1936 un journal qui forme un ensemble d’un peu plus de 3000 feuillets. Ces cahiers se présentent à la fois comme un véritable journal, daté avec plus ou moins de précisions, et comme un laboratoire de l’œuvre en prose, surtout dans les dix premières années. Les deux éditions, celle de David J. Niederauer et de François Broche achevée en 2002 (éditions Pygmalion/Gérard Watelet) et celle (numérique et génétique) de l’Université Grenoble Alpes en cours depuis 2017, nous permettent de mesurer toutes les difficultés à comprendre et à établir des textes aussi protéiformes.

Franck Javourez, docteur en sciences du littéraire de l’EHESS, est membre associé de l’équipe Valéry de l’ITEM depuis 2010. Spécialiste des auteurs de la Belle Époque, il a publié en 2022 l’édition critique de La Double Maîtresse d’Henri de Régnier et le tome V des Œuvres de Catulle Mendès aux éditions Classiques Garnier.

Revue « Epistolaire », n° 48, 2022 : « Epistolaire et biographie »

Le dossier de la revue Epistolaire n48 se propose d’étudier un lien particulier, celui qui unit la correspondance à la biographie. La correspondance n’est-elle qu’un matériau informatif pour le biographe, ou celui-ci peut-il en tirer d’autres types d’enseignement ? Comment utiliser la lettre ? La correspondance peut-elle égarer le biographe ? Celui-ci utilise-t-il de la même manière lettres, journaux intimes ou textes autobiographiques de celui dont il raconte la vie ou accorde-t-il à ces différentes écritures de soi des places différentes ? Françoise Simonet-Tenant propose une réflexion générale sur les rapports entre lettre et biographie. José-Luis Diaz analyse avec acuité les relations privilégiées entre biographe et correspondance dans la seconde moitié du XIXe siècle. Geneviève Haroche-Bouzinac s’intéresse à l’exploitation que peut faire le biographe de la matérialité de la lettre. Stéphanie Genand s’interroge sur la trace mémorielle que constitue l’épistolaire chez Sade et Germaine de Staël, écrivains réfractaires à l’intime. Jean-Marc Hovasse montre ce que peuvent encore apporter les lettres inédites à la biographie de Victor Hugo. Pierre-Jean Dufief s’interroge sur l’utilisation des lettres par les frères Goncourt dans les biographies qu’ils ont composées et souligne que les biographes des deux frères se sont mis à leur école, découvrant dans leurs lettres le complément du Journal. Philippe De Vita compare l’utilisation de la lettre dans deux biographies de Jean Renoir, celle de Célia Bertin (1986) et celle de Pascal Mérigeau (2012). Hélène Gestern analyse l’apport indispensable qu’a constitué la correspondance échangée par le poète Armen Lubin avec Jean Paulhan, Henri Thomas, la peintre Madeleine Follain pour raconter la vie qu’il a menée en France. 

Vous pouvez télécharger la table des matières, suivie de l’avant propos-introductif

Demandez le programme : le séminaire Autobiographie et Correspondances est de retour !

Il s’attachera, cette année encore, à présenter l’étude de la genèse, de la transmission, de la publication et de la diffusion d’écrits personnels, qu’il s’agisse de grands noms de la littérature ou de figures artistiques moins connues. Le séminaire aura lieu à l’ENS, rue d’Ulm, dans l’amphi Galois, anciennement amphi Rataud (département de mathématiques, 45 rue d’Ulm) sauf la séance du 16 mars, qui aura lieu en salle U219.


Samedi 19 novembre 2022 (Amphi Galois)

Vincent Gogibu : Elsa Koeberlé, poétesse alsacienne
Franck Javourez : Lire et éditer les Cahiers d’Henri de Régnier

Samedi 10 décembre 2022 (Amphi Galois)

Linda Gil : La correspondance de Beaumarchais
Emmanuelle Tabet : titre à préciser

Samedi 14 janvier 2023 (Amphi Galois)

Jean-Louis Meunier : Entre littérature et beaux-arts, stratégie et mondanité : la correspondance croisée de Georges Rodenbach
Dominique Ancelet-Netter : Entre inédit et interdit, l’exposition numérique du journal intime de Paul Bourget 

Jeudi 16 mars 2023 (Salle U219)

•. Geneviève Haroche Bouzinac : Yvonne Jean-Haffen, Mathurin Méheut en correspondance :  « …toute notre vie d’art et d’amour »

Samedi 13 mai 2023 (Amphi Galois)

Pascal Lécroart et Thomas Dandin : Projet d’édition numérique des lettres inédites de Claudel.
Violaine Velmas : Le Journal de Jean Vilar

Guillaume Apollinaire & André Salmon : Guillaume Apollinaire & André Salmon & Florilège 1918-1959 (éditions Claire Paulhan, 2022)

Claire Paulhan nous annonce ce qui sera sans nul doute un événement pour les amoureux de la poésie, les curieux de la vie littéraire du début du XXe siècle et les férus de correspondances littéraires : la publication de la correspondance de Guillaume Apollinaire et d’André Salmon, l’ami à qui le poète d’Alcools dédia un célèbre épithalame. Courez en librairie réserver ou commander cette merveille, qui sera disponible dès le 18 avril !!

« Nous nous sommes rencontrés dans un caveau maudit
Au temps de notre jeunesse,
Fumant tous deux et mal vêtus, attendant l’aube,
Épris, épris des mêmes paroles dont il faudra changer le sens
»

Guillaume Apollinaire

La vie courte d’Apollinaire (1880-1918) est bien connue, depuis l’enfant en costume marin jusqu’au poète à la tête bandée, sanglé dans son uniforme bleu horizon. On ne peut en dire autant d’André Salmon (1881-1969), qui survécut plus de cinquante ans à son compagnon. Unis par « une amitié qui ne peut finir », les deux poètes n’ont cessé de se voir et de s’écrire. Leur correspondance, ici réunie pour la première fois, fait revivre toute une époque créatrice, peuplée de leurs amis Maurice Cremnitz, René Dalize, André Derain, Max Jacob, Marie Laurencin, Jean Mollet, Pablo Picasso, Alfred Jarry, Jean Cocteau…

Apollinaire par Edmond-Marie Poullain (1905)

Conçu sur le modèle du puzzle et du décryptage, ce livre propose deux ensembles de textes classés par ordre chronologique : une série de 90 lettres et documents, écrits depuis leur rencontre jusqu’à la mort d’Apollinaire, permet de suivre les avatars d’un compagnonnage «fondé en poésie» (1903-1909), fluctuant (1909-1914), enfin confraternel (1914-1918). Puis un « florilège » de 28 proses et poèmes, rédigés par Salmon entre 1918 et 1959, maintient un dialogue vivant avec le camarade perdu. L’écrivain, sollicité sans répit après la disparition de son ami, ne perdra pas une occasion de donner une image charmeuse « du rare inspiré et de l’homme succulent » qui fut sa jeunesse même.

Et l’opposition sommaire entre le fondateur du Festin d’Ésope, de La Revue immoraliste et des Soirées de Paris, l’auteur d’Alcools et de Calligrammes, le conteur de L’Hérésiarque &Cie et du Poète assassiné, le défenseur des Peintres cubistes, et André Salmon s’efface devant le couple de ces deux poètes « en correspondance ». Un seul exemple : Salmon, léger d’argent, veut se marier le 13 juillet 1909 pour qu’il y ait feux d’artifice, illuminations et bals en l’honneur de ses noces. Témoin du marié, Apollinaire lui offre un poème, qui renforce l’illusion de fête générale, tout en témoignant de leur belle complicité :

« On a pavoisé Paris parce que mon ami André Salmon s’y marie / […] Réjouissons-nous parce que, Directeur du feu et des poètes, / L’amour qui emplit ainsi que la lumière / Tout le solide espace entre les étoiles et les planètes, / L’amour veut qu’aujourd’hui mon ami André Salmon se marie »…

Édition établie, préfacée et annotée par Jacqueline Gojard

Collection « Tiré-à-part »
124 photos et fac-similés couleurs
Édition originale ; impression offset quadrichromie, à 500 ex., sur papier Olin Regular Creme 90 gr. et sous papier de couverture Fedrigoni Materica Acqua 250 gr.

Parution : le 18 avril 2022

12 x 17cm. 488 p.
Isbn : 978-2-912222-73-2.
Prix de vente public : 39 euros

Naissance de la collection Vivre/Écrire, aux éditions du Mauconduit (janvier 2022)

Il y a maintenant un an et demi, Laurence Santantonios, fondatrice des éditions du Mauconduit, chez qui on a pu lire, entre autres, Un amour de la route, les lettres de Margaret Blossom Douthat à Simone de Beauvoir ou encore les Lettres inédites à Jean Charles-Brun de Renée Vivien, lançait une réflexion auprès de l’Association pour l’Autobiographie, l’APA. Son souhait était de dynamiser, par une entreprise éditoriale, la valorisation du fonds de l’Association, qui comporte aujourd’hui plus de trois mille textes. Des voix rares, précieuses, préservées de l’oubli par le dépôt à Ambérieu-en-Bugey, mais qui, dans bien des cas, mériteraient d’être davantage mises en lumière, tant est vibrante l’expérience qu’elles relatent, qu’il s’agisse d’événements intimes ou de circonstances liées à l’Histoire. Celle-ci, qui a parfois a imprimé sa trace dans les plis des destinées individuelles ou des quotidiennes, nous apparaît sous un jour nouveau ; et qu’elle soit portée par ces écritures qu’on dit « ordinaires » (ce qui n’empêche pas leur richesse stylistique) ne la rend que plus captivante.

Laurence Santantonios a alors confié à quatre apaïstes, chercheurs, bibliothécaires, journalistes, la tâche de composer une anthologie à partir de ces textes, sur les thèmes de leur choix. Quatre livres en sont nés : Amoureux. Lettres d’amour retrouvées (textes réunis et présentés par Véronique Leroux-Huguon), Évadés. Récits de prisonniers de guerre, 1940-1943 (par Philippe Lejeune), Exilés. Récits autobiographiques (par Elizabeth Legros-Chapuis), Femmes dans la guerre, Témoignages 1939-1945 (par Hélène Gestern). Pour chaque volume, une préface, une sélection de textes, transcrits en respectant au près le style de l’auteur, et des notes, lorsqu’elles se sont révélées nécessaires pour éclairer la lecture.

La composition de ces volumes, qui assemble un matériau pas comme les autres, des récits précieux, douloureux, brûlants ou émouvants, a obéi à un long et patient processus de travail éditorial de recherche dans le fonds (avec l’appui de Florent Gallien), puis de lecture, transcription, choix des textes et recherche des ayants-droits. Faute d’avoir pu présenter ces livres comme il était prévu au séminaire en janvier 2022, nous avons décidé de revenir, sous la forme d’une série de questions réponses/à, écrites et filmées, à l’éditrice et aux auteurs des volume, sur la genèse non pas des textes, mais de leur édition : avec les joies qu’elle a pu réserver à celles et ceux qui s’étaient lancés dans l’aventure, mais aussi les obstacles qu’ils ont pu rencontrer. Nous leur donnons la parole sur cette page.

>> Lire la page de la présentation et des interviews, c’est ici !

Séminaire « Les écrits de soi » (Jean-Louis Jeannelle et Françoise Simonet-Tenant, 26 janvier 2022, 17h-19h).

Françoise Simonet-Tenant nous informe que Jean-Louis Jeannelle et Jean-Christophe Igalens sont à l’initiative d’un séminaire sur les écrits de soi (en rapport avec le site EcriSoi que nous espérons mettre en ligne fin janvier, dans sa forme provisoire) dont plusieurs séances ont déjà eu lieu. La prochaine séance a basculé en visio et sera consacrée à l’actualité éditoriale sur les journaux, correspondances, mémoires.

Participer à la réunion Zoom
https://us02web.zoom.us/j/84966805422?pwd=bFFjWGlVU01weWxCUzRxbGp0dVNhZz09

ID de réunion : 849 6680 5422
Code secret : 386985


Perspectives croisées : actualité de la recherche sur les écrits de soi au CELLF – mercredi 26 janvier 2022, 17h-19h

    Journaux et correspondances
dialogue animé par Françoise Simonet-Tenant et Francis Walsh : 

o   Emmanuelle TabetMéditer plume en main. Journal intime et exercice spirituel, Paris, Classiques Garnier, publié le 28/07/2021

o   Julien Green, Toute ma vie : journal intégral, t. II (1940-1945) & III (1946-1950), éd. Guillaume Fau, Carole Auroy, Alexandre de Vitry et Tristan de Lafond, Paris, Bouquins, 2021. 

o   Jules Supervielle, Choix de lettres, éd. Sophie-Anna Fischbach, Paris, Classiques Garnier, publié le 15/07/2021.

Mémoires
dialogue animé par Jean-Christophe Igalens et Jean-Louis Jeannelle

o   Damien Crelier, Passions de Saint-Simon. Écritures de l’histoire et affectivité, Paris, Hermann, publié le 07/07/2021

o   Louise Michel, Mémoires. 1886, éd. Claude Rétat, Paris, Gallimard, publié le 04/03/2021

o   Casanova, Histoire de ma vie, éd. Michel Delon, Paris, Gallimard, publié le 14/01/2021

Site lettresfamiliales.ehess.fr (par Danièle Poublan) : publier une correspondance du XIXe siècle en ligne.

Danièle Poublan travaille de longue date sur l’édition d’un ensemble de lettres du XIXe siècle ; elle a accepté de présenter ses travaux pour Autobiosphère. Un grand merci à elle !



Site lettresfamiliales.ehess.fr

La vie d’une famille bourgeoise ne se conçoit pas au XIXe siècle sans échange de lettres. Ces dernières, conservées par les familles Duméril, Mertzdorff et Froissart, témoignent de ce besoin d’écrire et du soin apporté à la conservation des papiers de famille. Un groupe de chercheuses et de chercheurs a repris le contenu d’un site internet qui était devenu obsolète afin d’éditer ces archives.
La plate-forme choisie pour cela est un wiki-sémantique qui permet de naviguer de lien en lien dans cette correspondance.

Le corpus 

Les archives privées comptent plus de 3 000 lettres. Cette correspondance témoigne de l’ascension sociale d’une famille qui accumule, au fil des générations, un capital intellectuel, social et économique. Il s’agit d’une correspondance « ordinaire », certes, car écrite sans aucune arrière-pensée de publication et qui s’échange entre proches ; elle circule au sein d’une famille bourgeoise, aisée, instruite (elle compte même quelques savants du Muséum) et dont on peut suivre la réussite matérielle et sociale tout au long du siècle.

Une famille bourgeoise du XIXe siècle

Dans une généalogie touffue, quelques personnes apparaissent comme des pôles de l’écriture épistolaire : la première figure est celle du savant André Marie Constant Duméril (1774-1860) ; la deuxième, celle de l’industriel Charles Mertzdorff (1818-1883) à partir de son mariage avec Caroline Duméril en 1858. Ensuite le corpus se resserre autour d’une des filles de Charles Mertzdorff, Émilie, épouse de Damas Froissart, officier et grand propriétaire terrien dans le nord de la France. La guerre de 1914-1918 inaugure une double série de lettres qui mêlent vie familiale et devenir de l’usine alsacienne.

Le travail des historiennes

L’écriture des femmes et des hommes est de longue date un objet d’étude pour les deux responsables de l’édition scientifique de cette correspondance : Cécile Dauphin et Danièle Poublan. Les lettres se prêtent à des approches multiples, car elles sont à la fois des objets (que l’on peut conserver, compter, vendre), le résultat de pratiques sociales codifiées et enfin des textes. Pour l’historien ces trois dimensions sont solidaires. Le texte des lettres est enrichi par des notes qui identifient les personnes citées et des compléments biographiques qui mettent en valeur les réseaux affectifs, sociaux, intellectuels et économiques. Le fac-similé des lettres ouvre à d’autres lectures.

Le travail de l’équipe technique

Le Collectif Sources et données de la recherche du CRH a entrepris de restructurer et de republier ce corpus selon les pratiques actuelles d’ouverture des données de la recherche. Ce travail a été mené sous la direction technique de Bertrand Dumenieu, ingénieur de recherche à l’EHESS. Le fonds est aujourd’hui publié sous licence ouverte à l’adresse lettresfamiliales.ehess.fr. Appuyé sur le logiciel libre Mediawiki, ce site Web permet des lectures, des appropriations et des recherches multiples. Les nombreuses métadonnées (biographies, monographies) sont exposées dans les formats standards du Web de données.

Un blog associé à la publication du site

Un carnet de vulgarisation « Publier une correspondance. Méthode et contenu » est tenu par Danièle Poublan et publié sur la plate-forme hypotheses.org. Il se propose de faire connaître les lettres déjà publiées sur le site en suggérant des lectures transversales autour d’une personne, d’un thème ou d’un événement. Les thèmes abordés sont souvent en résonance avec l’actualité.

Le site lettresfamiliales.ehess.fr est un chantier en cours. Même lorsque « toutes » les lettres seront sur le site, on pourra y insérer des fragments épars non datés actuellement et de nouvelles lettres retrouvées (car le corpus actuel est lacunaire). De plus, il sera bon de revoir les lettres (surtout celles des premières décennies) pour identifier plus précisément les personnes et proposer plus de biographies.