Odile Richard-Pauchet (Université de Limoges) François Mitterrand, Lettres à Anne, de politique, d’amour, de goût ou de philosophie ?

Odile Richard Pauchet* a présenté au séminaire Autobiographie et Correspondances, ce 29 février avant la catastrophe, une communication intitulée « Lettres à Anne, de politique, d’amour, de goût ou de philosophie ? » En voici la présentation.

« Nous avons montré dans un précédent article (« François Mitterrand dans ses Lettres à Anne (1962-1995) : topoï et contre-topoï de la lettre d’amour, de Pygmalion à Abélard[1] »), comment la correspondance adressée à Anne Pingeot révèle en F. Mitterrand un épistolier d’exception, rejoignant les plus grandes figures de la littérature : Diderot, Musset, Victor Hugo. Véritable Pygmalion suscitant Anne-Galatée, moderne Abélard séduisant Anne-Héloïse, il la sublime mais aussi l’enferme dans l’espace clos d’un amour conçu comme une ascèse, un sacerdoce.

Nous avons souhaité ici rendre justice à un aspect différent de ce texte, moins dramatique peut-être et plus ouvert sur le monde, montrant comment Anne, la destinataire de ces lettres, fait de François un homme neuf, l’affranchit de ses œillères, le régénère physiquement, moralement et intellectuellement, le rendant disponible pour des conversations inédites, des idées et des projets nouveaux. Comment, tels les plus grands écrivains (on pense à Diderot conversant avec son amie Sophie), l’épistolier est redevable à cette jeune femme d’un regard différent sur la société, le monde de l’art, la nature, et même la politique. »

Elle a accepté, ce dont nous lui sommes particulièrement reconnaissants, de rédiger pour les lecteurs d’Autobiosphère un digest de sa belle communication, que vous pourrez lire en suivant ce lien. Vous pouvez également consulter le compte rendu de l’ensemble de la séance consacrée à François Mitterrand, rédigé par Chantal de Schoulepnikoff, ici. Bonne lecture !

* Odile Richard-Pauchet, Maître de conférences HDR en Littérature du XVIIIe siècle à l’Université de Limoges, se consacre aux « écritures sensibles » du milieu du XVIIIe siècle. Spécialiste de correspondances (de Diderot, mais aussi de Rousseau et d’autres épistoliers), vice-présidente de la Société Diderot, elle a étudié dans sa thèse (Champion, 2007) puis édité les Lettres à Sophie Volland de Diderot (Non Lieu, 2010, réimpr. 2020), selon de critères qui font désormais de cet ensemble une œuvre à part entière. Elle collabore à la revue Épistolaire depuis 2000 et prépare en 2020 avec Gerhardt Stenger un Colloque de CERISY consacré aux « Morales de Diderot ».

[1] Article publié dans la revue Épistolaire, n°45, Paris, Honoré Champion, 2019.

François Mitterrand, épistolier et diariste (compte rendu de la séance du 29 février)

Le 29 février 2020 (dans un autre vie !) a eu lieu une séance du séminaire « Autobiographie et Correspondances » dont le thème est cette année « Témoins de leur temps », assurée conjointement par Odile Richard-Pauchet (université de Limoges) et Florence Naugrette (Sorbonne Université) et Jean Maurice (université de Rouen), représentés ce jour-là par Nicole Savy. Chantal de Schoulepnikoff, membre de l’APA, en a dressé l’excellent compte rendu, dont elle nous offre ici la lecture, bienvenue en ces temps de confinement.

François Mitterrand, épistolier et diariste

Le séminaire du 29 février 2020 est consacré aux deux ouvrages publiés par Anne Pingeot, « Lettres à Anne 1962-1995 » et « Journal pour Anne » (Gallimard 2016), qui dévoilent le talent d’épistolier et de diariste de François Mitterrand, jusqu’ici peu connu.

Dans son introduction, Jean-Marc Hovasse relève que les trois conférenciers, spécialistes de la littérature épistolaire des XVIIIe et XXe siècles (Diderot et Sophie Volland pour la première, Juliette Drouet et Victor Hugo pour les deux autres), se sont montrés fascinés par ce corpus nouvellement paru et ont souhaité lui consacrer un séminaire.

Lettres-a-AnneOdile Richard-Pauchet (Université de Limoges) a intitulé son exposé « François Mitterrand, Lettres à Anne, de politique, d’amour, de goût ou de philosophie ? ». D’emblée, elle situe les Lettres dans la grande tradition de la correspondance amoureuse, dont elle relève certaines caractéristiques : l’épistolier se « met en scène » (François Mitterrand, comme Diderot, décrit sa table de travail ou la pièce dans laquelle il écrit) ; il utilise certaines techniques de séduction consistant à s’adapter aux goûts et aux attentes de sa correspondante, à la captiver, à l’envoûter. Odile Richard-Pauchet montre par différentes citations que les Lettres sont à la fois un espace d’intimité et une fenêtre ouverte sur le monde. Si François Mitterrand a sans doute été un Pygmalion pour Anne, celle-ci a changé sa vie en lui apportant sa jeunesse, sa fraîcheur, son esprit de rébellion et ses propres intérêts (les arts décoratifs qu’elle étudie à l’époque). L’exemple du vitrail du Mans composé par Anne et posé sur le bureau de François, représentant un changeur nommé Françon, est significatif, en tant que symbole de la transmutation.

Les Lettres montrent que leur auteur se met en condition pour être en harmonie avec l’aimée et retrouver, en lui écrivant, la profonde union charnelle et télépathique qu’ils explorent au fur et à mesure de leur relation. On peut y déceler une indéniable tonalité mystique, liée à la sublimation du sentiment induite par la distance.

Odile Richard-Pauchet relève également en plusieurs notations que l’action politique de l’épistolier a pu être infléchie par sa relation avec Anne, toute candide en politique soit-elle : d’intuition, elle a le contact avec le réel. C’est à elle que François raconte les rencontres politiques ou les élections partielles, s’épanche quand il décrit une réunion d’électeurs (24 septembre 1967). « J’aime connaître tes réactions (même si je ne leur obéis pas !) quand il s’agit des problèmes, des choix fondamentaux », écrit-il le 28 juillet 1965 ; ou encore, le 16 septembre 1970, « plus que tu ne le crois, tu m’aides. Avec toi je me sens plus sûr. Tu as l’instinct des purs ».

Si la correspondance est tellement riche en description de lieux naturels et culturels, c’est que le couple n’a pas d’endroit commun : c’est le voyage qui leur tient lieu de « maison ». Quelques citations appuient la finesse et la pertinence des descriptions végétales (la fleur de magnolia, 7 juillet 1964), le potiron ( 26 août 1969) qui révèlent un grand esprit d’observation de l’épistolier, mais aussi le fait que chaque détail du réel, si infime soit-il, devient matière à réflexion sous le regard d’Anne.

François Mitterrand a renoncé, semble-t-il, à rédiger un journal, mais il est évident que les Lettres en tiennent lieu : cette écriture quotidienne, « réceptacle des audaces de la pensée », lui permet de se libérer comme dans un journal intime, mais sous un regard extérieur aimant et bienveillant.  Elles sont adressées à une « dépositaire tranquille » dont l’auteur sait qu’elle les lira avec la plus grande attention, mais aussi qu’elle les conservera soigneusement. Anne Pingeot a d’ailleurs déclaré à Jean-Noël Jeanneney lors des entretiens diffusés par France-Culture : « Il savait que je gardais tout », phrase qui a été retenue comme titre pour l’ouvrage contenant la transcription des entretiens (Gallimard 2018).

Lors de la discussion qui suit l’exposé d’Odile Richard-Pauchet, Véronique Montémont fait remarquer l’intensité et la fréquence des communications : entre 1962 et 1970 environ, François écrit pratiquement tous les jours à Anne, ils se parlent au téléphone quotidiennement, et François tient également le Journal destiné. Autant dire que leur vie amoureuse et le bonheur du temps passé ensemble sont ainsi multipliés. Il est également relevé que la publication des Lettres et du Journal n’a pas fait l’unanimité dans le public : et pourtant, il semble que les voix critiques qui se sont fait entendre ne sont pas celles de lecteurs attentifs, car ceux-ci ont bien saisi la beauté et la richesse de ces textes et senti qu’il y avait chez François Mitterrand bien davantage que l’homme public.

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En l’absence de Florence Naugrette et de Jean Maurice (Université de Rouen), retenus par des raisons de santé, c’est Nicole Savy qui, au pied levé, a accepté de lire leurs communications sur le thème « François Mitterrand géographe ».

91IiAKcgIXLLes auteurs présentent tout d’abord les liens de François Mitterrand avec la géographie : il n’a pas fait d’études spécifiques de cette discipline, ne l’a pas enseignée et n’a publié aucun ouvrage dans ce domaine. Et pourtant, plusieurs études montrent son grand intérêt en la matière et la proximité qu’il établit entre géographie et littérature. Dans les Lettres comme dans le Journal, on se trouve face à un François Mitterrand géographe, au sens étymologique de « peindre la terre avec les mots » : il s’agit de s’inscrire dans l’univers en accédant à des réalités supérieures par la contemplation des choses matérielles, par l’observation de la nature admirée, de la terre parcourue et du paysage traversé, soit une sorte « d’autobiogéographie ». Mais c’est aussi décrire une géographie amoureuse puisque, vivant séparés, c’est partout qu’Anne et François trouvent des lieux de culte où vivre, inscrire et célébrer leur union.

La géographie est certes une dimension de l’action politique, mais elle est aussi en relation avec le monde intime de François Mitterrand, qu’il tient à partager avec la femme aimée, « géographie personnelle qu’il fait bon découvrir à qui l’on aime ouvrir ses trésors et sa pauvreté » (18 janvier 1964). C’est d’ailleurs sous ce signe qu’Anne Pingeot a placé les deux publications, utilisant comme bandeaux deux photos privées qui évoquent aussi bien le voyage, la culture occidentale (l’Acropole) que la campagne française (le vent et les blés).

Dans ses descriptions et ses récits de voyage, François Mitterrand fait preuve d’un œil photographique et d’une grande sensibilité géographique : les lieux qu’il traverse sont souvent présentés dans un cadre plus général (Genève ou la vallée de la Dordogne par exemple), ou alors reliés aux types de végétation (les arbres par exemple) ; l’auteur élargit ses notations à la dimension du territoire, faisant preuve d’une connaissance profonde du terroir, celle-ci servant également ses ambitions politiques. Mais dans les Lettres et le Journal, il veut avant tout communiquer son émotion face au paysage en même temps qu’il se livre à un exercice de style, auprès d’Anne qui partage avec lui le goût de la littérature.

La géographie politique de François Mitterrand se situe avant tout au niveau national et surtout local, dans ces régions dont il est le député et où sa fonction l’oblige à de fréquents déplacements. Il s’y acquitte avec conscience de sa tâche d’élu et s’y sent chez lui, comme le montrent de nombreuses citations. Il entretient un rapport personnel avec ces endroits reculés qu’il décrit avec autant de précision que de sensibilité.

La géographie amoureuse, quant à elle, se situe d’abord dans les Landes, où Anne et François se sont rencontrés, puis à Paris où ils résident tous deux, et qu’ils arpentent inlassablement. Les conférenciers relèvent que la géographie est, comme la littérature, l’objet transitionnel de l’expérience amoureuse : ainsi se compensent la distance et l’absence. Les parcours eux-mêmes sont amit2_0_730_457jalonnés des souvenirs du vécu commun et de l’espoir des retrouvailles. Et le paysage lui-même rappelle la femme aimée : « Je t’ai aimée, Anne comme on aime un pays. Avec ses couleurs, ses forêts et ses champs. Avec son ciel et ses saisons » (19 décembre 1964).

Dans le Journal, le voyage donne lieu à des images accompagnées de commentaires et de minuscules « trophées » (billets de train, tickets de musées, de parcs, de théâtres ou de cinémas, cartes d’hôtel ou de restaurants) : « cette pratique systématique du collage opère une spatialisation du texte qui est peut-être l’ultime forme de la géographie mitterrandienne ».

Autant les conférenciers que les voix du public notent que les Lettres révèlent d’authentiques qualités d’écrivain, et le Journal de réels dons artistiques ; la lecture de ces textes lève le voile sur un fin observateur de la nature, un lecteur insatiable toujours curieux de découvertes littéraires et culturelles, un connaisseur hors pair du terroir français et un homme de grande sensibilité, plein d’humour aussi.

L’extrême minutie de la transcription établie par Anne Pingeot est saluée (respect de la ponctuation, des signes graphiques, insertion de notes explicatives, etc.) Et Véronique Montémont lui rend un vibrant hommage pour avoir eu le courage et la lucidité de publier ces documents de nature intime, quoi qu’il puisse lui en coûter personnellement : c’est grâce à sa généreuse initiative que le public peut découvrir une face inconnue du grand homme d’État et apprécier ses indéniables talents d’écrivain. Elle ajoute qu’il faut être également reconnaissant à Anne Pingeot d’avoir laissé une part d’ombre (ses lettres à elle), ce qui rappelle que la vie privée de chacun-e existe et que l’intimité doit être respectée.

Chantal de Schoulepnikoff

François Mitterrand, Lettres à Anne (1962-1965), Paris, Gallimard, 2016, 1280 p.
Site de l’éditeur ici.

François Mitterrand, Journal pour Anne (1964-1970), Paris, Gallimard, 2016, 496 p. ill.
Site de l’éditeur ici.

 

Humanités numériques : la correspondance des écrivains à l’ère du numérique (Séminaire, 5 février 2020, Paris))

Camille Koskas nous fait part de l’information suivante :
La séance du séminaire « Humanités numériques : la correspondance des écrivains à l’ère du numérique«  se tiendra le 5 février.
Glenn Roe recevra Nicholas Cronk, Professor of French Literature and Director of the Voltaire Foundation et Ruggero Sciuto, Research Fellow, Wolfson College, University of Oxford, qui interviendront sur la correspondance de Voltaire et du Baron d’Holbach.La séance aura lieu le 5 février, de 13h à 15h, à la Maison de la Recherche (28 rue Serpente), en D040.
Le séminaire entend s’interroger sur la nature et les spécificités de l’édition numérique de correspondances à travers la présentation de différents projets et corpus, allant du XVIIIe au XXe siècle. Les réflexions porteront sur l’édition au format XML-TEI des échantillons de correspondances déjà en place et en train de se constituer (formats, annotations, métadonnées…). Le séminaire questionnera aussi les moyens d’explorer une correspondance, à travers une réflexion sur les données et métadonnées particulièrement porteuses de sens comme les entités nommées et les ontologies.
Vous êtes chaleureusement invités à participer à cette séance.

Appel à ouvrage collectif : Poétique(s) et (en)jeux du témoignage dans les littératures à travers le monde et le temps. (Re)vivre et (re)penser l’Histoire sous le prisme de la contemporanéité

Armel Jovensel Ngamaleu nous fait part d’un intéressant appel à ouvrage collectif :

Poétique(s) et (en)jeux du témoignage dans les littératures à travers le monde et le temps. (Re)vivre et (re)penser l’Histoire sous le prisme de la contemporanéité

 

« La diversité des témoignages historiques est presque infinie. »
Marc Bloch
                                 « La littérature a cette faculté de créer un espace de mémoire. »
Véronique Tadjo
 « L’homme ne se souvient pas du passé ; il le reconstruit toujours. […]. Il part du présent et c’est à travers lui, toujours, qu’il connaît, qu’il interprète le passé. »
Lucien Febvre

 

Le monde a une Histoire. Chaque peuple, nation ou pays a également une histoire. Les histoires singulières font partie intégrante de l’Histoire. Les pages de cette Histoire ont été écrites par des événements heureux mais aussi malheureux. Les figures ayant marqué l’histoire tribale, ethnique, nationale et mondiale se démarquent de par les causes (nobles ou ignobles) qu’elles ont défendues et surtout par leur(s) mode(s) opératoire(s) mis en œuvre pour atteindre leurs objectifs. C’est dans ce sens que les faits historiques demeurent ou devraient demeurer dans la mémoire individuelle et collective, de génération en génération. Les productions scientifiques et artistiques constituent des moyens d’interrogation, de reconnaissance, de transmission, de pérennisation ou d’archivage des faits et des hommes de l’Histoire. Aussi peut-on songer à l’expression ou à la formule consacrée et en vogue qu’est « le devoir de mémoire » (Primo Levi et al, 1997). Ce « devoir », mieux ce défi a, de plus en plus, une envergure plus accrue à l’heure actuelle de la mondialisation et de l’hypercommunication/médiatisation. À côté du « devoir de mémoire » clamé par Levi et désormais décrié autant par les critiques que les artistes (le cas « Opération Rwanda » n’y a pas échappé), émerge, dans les pratiques testimoniales de l’extrême-contemporain, une autre formule (neutre) qu’est le « travail de mémoire » qui sous-entend autant une prise de distance avec l’événement qu’une heuristique mesurée de la mémoire (Coquio, 2015). C’est dire que le désir de témoigner, de se remémorer semble s’imposer aux (sur)vivants, aux contemporains. D’ailleurs, l’historienne Annette Wieviorka (1998) parle, elle, de « l’ère du témoin », vu que l’acte testimonial ou mémoriel est devenu une pratique sociale importante.

Le témoignage est, en effet, un acte d’éveil de la mémoire pour dire sa/la vérité ou ses/les vérités sur le(s) vécu(s) individuel(s) et/ou collectif(s) plus ou moins lointain. Selon Hélène Wallenborn (2006 :121), il s’agit de « l’expression d’une expérience qui en même temps atteste de ce qui s’est passé ». C’est une entreprise de rétrospection et d’introspection, voire de sublimation qui a la particularité, en littérature (appréhendée ici dans son sens le plus large), de se présenter sous plusieurs formes (roman, théâtre, poésie, nouvelle, mémoire, récit, biographie, autobiographie, autofiction, alterfiction, non-fiction, photo-roman, etc.). À ce titre, l’écriture testimoniale, sur le double plan poético-thématique, est sous-tendue, entre autres, par la factualité/référentialité, la fictionnalité ou « fictivité » (Varnerot, 2010), le travail de (la) mémoire, l’oubli, la négation, le déni, la subjectivité ou l’objectivité et l’hybridité générique. En outre, elle est une initiative qui est (profondément/psychiquement) motivée et a une intention(nalité), du moins des enjeux tant au niveau individuel (de l’auteur.e-témoin/enquêteur ou reporteur) qu’au niveau transindividuel (tribal, ethnique, social ou inter/national).

Le présent appel à contribution pour ouvrage(s) collectif(s)[1] se propose d’interroger la/les poétique(s) et les (en)jeux du témoignage en littérature ou de la littérature du témoignage indépendamment du (sous-)genre, de la période et de l’aire géographique et culturelle. Les axes suivants, loin d’être exhaustifs, peuvent guider la réflexion des contributeurs :

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Séminaire A&C : Séance du 7 décembre (groupe Violette Leduc)

=>>>Attention : en raison des grèves, cette séance est reportée.

Nous avons le plaisir de vous annoncer le détail de la prochaine séance « Autobiographie et Correspondances » qui aura lieu le 7 décembre de 10h à 13h, à l’ENS, au 46 rue d’Ulm (en face du bâtiment historique), en salle des Conférences.

Elle sera coordonnée par Olivier Wagner, conservateur à la BNF, département des manuscrits contemporains et nous donnera le plaisir d’entendre trois interventions

Mireille Brioude : « Le grand soleil de l’absence » : plaisir solitaire et affirmation de soi dans un passage de La Folie en tête.

Les rapports entre Jean Genet et Violette Leduc furent particulièrement houleux, faits d’admiration réciproque, de ruptures éclatantes et de réconciliations soudaines. Une scène, fameuse, de La Folie en tête évoque un repas chez la narratrice qui s’est fort mal terminé. Or, à l’issue du départ brutal de Genet, la narratrice se livre au plaisir solitaire. « Ce n’est pas la première fois » dira-t-elle et, plus loin, s’adressant aux lecteurs : « n’ayez pas honte ». Plusieurs pages sont consacrées, sans aucune censure, à cet épisode rare dans la littérature de l’époque. Dans les manuscrits, l’explosion lyrique est à son comble. Nous étudierons en parallèle la construction dramatique proposée dans l’édition finale de cette scène audacieuse et, dans le cahier correspondant, l’ébauche d’une poétique libérée de toute convention et fausse pudeur.

 

Alexandre Antolin : « Isabelle c’est aussi vous », les résurgences de L’Affamée dans le manuscrit de Ravages.

Dès leur première rencontre, Simone de Beauvoir devient une figure récurrente, voire omniprésente, dans l’oeuvre leducienne. Leduc lui consacrera un roman poétique complet : L’Affamée. Une seconde personne resurgit régulièrement dans la production de l’autrice, son premier amour : Isabelle. Quand la philosophe lui demande de parler de ses trois grandes amours : Isabelle, Cécile et Marc, Violette Leduc est encore occupée avec L’Affamée, qui est en cours de parution. Très vite, on constate que l’autrice mêle les deux figures et ne s’en cache pas auprès de sa protectrice : « Je vous aime et je vous aime encore dans ce que j’écris dans mon cahier car Isabelle c’est aussi vous, vous le savez. » (lettre du 16 Juillet 1949). En consultant le manuscrit de Ravages, on observe que l’écriture diariste de L’Affamée persiste, en portant aux nues, à première vue, Isabelle. Cependant, au fil des encensements, c’est bien Simone de Beauvoir qui est à nouveau l’objet des éloges. La communication s’attachera à voir les ponts entre les deux ouvrages et de voir comment les passions pour Simone de Beauvoir et Isabelle ont pu s’entremêler.

 

Anaïs Frantz :  « Naissances de Violette Leduc. Sur les nouvelles publiées dans Pour Elle (1940-41). »

Cette intervention interrogera dans une perspective d’étude génétique de l’œuvre de Violette Leduc le statut des nouvelles parues dans le journal Pour Elle en 1940 et 1941. S’agit-il de premiers textes ou d’avant-textes appartenant à l’épitexte romanesque et autobiographique ? Peut-on y repérer des éléments propres à l’imaginaire et au style de Violette Leduc ou annonciateurs de l’œuvre au-delà du contexte politique et des contraintes éditoriales dans le cadre desquels ils ont été publiés ? Autrement dit, l’auteure « Violette Leduc » est-elle née en 1940 avec la parution des articles de Pour Elle ou en 1946 avec celle de son premier roman, L’Asphyxie ?

 

Appel à communications : Cinquième colloque Yves Navarre, Institut de France (Paris, 16 avril 2020)

 

« Yves Navarre : liens familiaux, parenté littéraire, postérité »

Cinquième Colloque international Yves Navarre

Institut de France, Paris, 16 avril 2020

L’association Les amis d’Yves Navarre organise le 5e Colloque international Yves Navarre, en partenariat avec l’Institut de France et la Fondation Khôra. Centré sur le thème de la famille, ce colloque entend aborder les diverses problématiques que soulève cet axe de réflexion.

Yves Navarre (1940-1994) fait une large place dans son œuvre à la thématique familiale, tant dans ses dimensions individuelles que sociales ou collectives. Si Le Jardin d’acclimatation (Prix Goncourt 1980) est le roman qui a, plus que les autres, attiré l’attention des médias et des critiques, bien d’autres ouvrages sont centrés sur la famille et sur les tensions qui s’y nouent. Dès le début des années 70, Lady Black (1971) y fait référence dans un texte qui remet en question l’héritage romanesque et familial par une technique narrative tout à fait originale. De nombreux livres suivent, qui varient les approches et la forme adoptée tout en gardant un même thème de prédilection. Citons les romans Évolène (1972), Le Cœur qui cogne (1974), Le Petit Galopin de nos corps (1977), Je vis où je m’attache (1978), Louise (1986), Fête des mères (1987), Douce France (1990), sans manquer de préciser que l’auteur a traité de la famille au prisme de genres très divers : théâtre, chroniques, littérature pour enfants et textes hybrides qui échappent à une classification aisée, tels L’Espérance de Beaux Voyages (1984) ou Premières Pages (1983). L’ouvrage le plus autobiographique d’Yves Navarre, Biographie (1981), sonde l’interaction entre la recherche des origines, la construction identitaire et le travail sur la forme littéraire, repoussant les frontières du roman comme de l’autobiographie, avant même que le terme d’autofiction ne s’impose dans le discours critique.

Ces divers ouvrages permettent de se pencher sur les représentations littéraires de la famille et les relations complexes, souvent conflictuelles, qui la caractérisent. On pourra réfléchir, entre autres, aux places respectives des figures paternelle et maternelle, du fils homosexuel et de tous ceux qui se démarquent du cercle familial traditionnel (tels domestiques, filles-mères, célibataires), aux mouvements opposés d’attachement et de détachement, souvent notés dans la narration ou encore à l’appellation justifiée ou non de « roman de famille » pour qualifier certains de ces ouvrages.

Le colloque s’intéressera par ailleurs à la famille littéraire, en particulier aux influences que l’on peut déceler dans l’œuvre d’Yves Navarre ou à la parenté dont l’auteur se réclame dans ses textes publiés, dans son journal inédit (désormais en consultation libre à BAnQ, Bibliothèque et Archives nationales du Québec) et dans sa correspondance (dont une partie est consultable depuis peu à la Médiathèque Émile Zola de Montpellier).

On pourra examiner les filiations qui lui ont été attribuées, proposer d’autres rapprochements ou encore considérer l’intertextualité, omniprésente dans l’œuvre. La position de l’auteur par rapport à l’institution littéraire, abondamment commentée dans les textes, pourra aussi être prise en compte, ainsi que les figures miroir du père et de l’éditeur.

Enfin, la réflexion portera sur la question de la postérité, au sens premier comme au sens figuré du terme. L’absence de descendance est un sujet délicat, rarement abordé dans l’œuvre ; il n’en est pas moins mentionné par des allusions qui en révèlent l’importance. La postérité est aussi celle de l’œuvre qui se prolonge par les lectures et les interprétations qui en sont faites. À cet égard, il sera intéressant de préciser ce qui définit le rapport d’Yves Navarre à ses lecteurs et de présenter des œuvres qu’il a inspirées, dans des domaines artistiques aussi variés que la musique, la danse ou les arts plastiques.

Dans l’esprit des précédents colloques, la diversité des intervenants est la bienvenue : lecteurs, universitaires, écrivains, artistes, personnes ayant connu Yves Navarre. Il s’agit d’échanger points de vue et analyses sur un auteur dont on redécouvre aujourd’hui l’importance grâce à diverses collaborations menées sous l’impulsion des Amis d’Yves Navarre et des éditions H&O.

Les communications ne devront pas dépasser une vingtaine de minutes, avec la possibilité d’en publier une version longue dans le prochain numéro des Cahiers Yves Navarre.

Nous vous invitons à envoyer vos propositions (entre 200 et 300 mots, avec titre) accompagnées d’une brève notice biographique avant le 1er janvier 2020 à :

Sylvie Lannegrand, présidente des Amis d’Yves Navarre, sylvie.lannegrand[arobase]nuigalway.ie

Séminaire Multilinguismes  & Séminaire Autobiographie et Correspondances Journée d’études Pouchkine 5 octobre 2019 (14h30-16h30)

Séminaire Multilinguismes
& Séminaire Autobiographie et Correspondances


Journée d’études Pouchkine
5 octobre 2019 (14h30-16h30)
ENS, 46 rue d’Ulm, Salle des Conférences

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Nina Dmitrieva
(Institut Pouchkine, Saint-Pétersbourg)

Le bilinguisme au temps de Pouchkine

 

Le français, dont l’expansion internationale a commencé dans la société intellectuelle russe du XVIIIe siècle, accède à une position dominante dans le premier tiers du XIXe. Langue précise et équilibrée, « langue de la pensée » selon Pouchkine, le français devient non seulement la langue de la communication avec l’Europe, mais aussi un mode d’accès à sa culture et à ses littératures. Le russe ne disparaît certes pas pour autant russe, et le russe littéraire tend même à se développer. Le grand poète Alexandre Pouchkine, surnommé « le Français » au lycée (car il écrivait et parlait français), est considéré comme le fondateur de la langue russe littéraire. En Russie, les correspondances et les manuscrits de l’époque témoignent d’une situation bilingue extrêmement diverse. Les manuscrits (les brouillons) et la correspondance bilingues de Pouchkine, magnifique exemple de code switching, permettent d’observer en détail sa pratique d’écrivain.

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Nina Dmitrieva est directrice de recherche à l’Institut de littérature russe de l’Académie des sciences de Russie Pouchkinsky Dom (Saint-Pétersbourg). Elle a publié de nombreux travaux sur Pouchkine, notamment : « Du bilinguisme dans les manuscrits de Pouchkine », dans Les langues des manuscrits, Saint-Pétersbourg, 2000, p. 85-93 ; « Comment éditer les textes français de Pouchkine », dans Textologie et pratique éditoriale. Rencontre entre chercheurs français et russes, Moscou, 2003, p. 223-228 ; « La renommé de Pouchkine à l’étranger de son vivant », dans Issledovania i materialy XVIII XIX, S.-Pétersbourg, 2004, p. 267-279 ; et « Pouchkin’s letters in French”, dans French and Russian in imperial Russia, vol 1: Language Use among the Russian Elite, Édimbourg, 2015, p. 172-192.

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Ekaterina Dmitrieva
(Institut Gorki, Saint-Pétersbourg)

Madrigaux, épigrammes, prose épistolaire : bilinguisme et multilinguisme dans l’œuvre de Pouchkine

La conférence consistera en une analyse comparée de l’utilisation du français par Pouchkine dans ses poèmes, ses proses et sa correspondance. Le passage du russe au français, et vice versa, est dénommé de diverses manières selon le genre littéraire où on l’observe ; au-delà de l’étiquette que l’on attache à sa fonction, toutefois, il entraîne le choix d’un style spécifique, tributaire de l’univers qui s’attache à l’une ou l’autre des deux langues en jeu.

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Ekaterina Dmitrieva, directrice de recherche à l’Institut de Littérature mondiale (Institut Gorki), à l’Académie des Sciences de Russie, est professeur de littérature comparée à l’Université des sciences humaines et au Collège universitaire de Moscou. Elle a été professeur invité à l’université Paris 8, à l’université de Picardie et à l’ENS. Elle consacre aujourd’hui sa recherche à l’histoire de la méthode comparée, ainsi qu’à l’esthétique baroque et romantique en Russie, en France et en Allemagne. Elle collabore à l’édition des Œuvres complètes de Nicolas Gogol et est également traductrice (Valère Novarina, Julien Gracq, Antoine Volodine).

 

 

 

 

Séminaire « Corpus numériques et scénarios de recherche »

Chers collègues,

Nous avons le plaisir de vous annoncer un nouveau séminaire Corpus numériques et scénarios de recherche, animé par Anne Réach-Ngô, Luc Vigier et Richard Walter et soutenu par l’EUR Translitterae (www.translitterae.psl.eu)

Le séminaire « Corpus numériques et scénarios de recherche » entend questionner l’adaptabilité des données de la recherche aux mutations de l’environnement numérique, en interrogeant la circulation des données entre interfaces et logiciels. Chacune des séances comprendra une présentation qui traitera de l’un des grands enjeux de la gestion de projet numérique. Celle-ci sera suivie d’un temps d’échanges entre intervenant, porteurs de projets, spécialistes des données numériques mais aussi chercheurs et doctorants désireux d’enrichir leur culture numérique.
Le séminaire est présenté dans le document PDF joint et sur le site du carnet de recherche EMAN (eman.hypotheses.org/2341)

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Programme du séminaire – Année 2019-2020

Jeudi 10 octobre 2019, 15h-17h – Charlotte Dessaint (Bibliothèque Lettres de l’Ens),
« Formats, standards, référentiels : choix de départ »

Jeudi 7 novembre 2019, 15h-17h – Emmanuelle Bernès (BnF),
« Standards et référentiels : quels scénarios pour la recherche ? »

Jeudi 5 décembre 2019, 15h-17h – Richard Walter (ITEM),
« Arbres, cartes, indexation, mots-clés : quels cheminements dans les corpus ? »

Jeudi 9 janvier 2020, 15h-17h – Bruno Baudoin (Laboratoire Camille Jullian, Aix-en-Provence),
« Des archives et des images en ligne : structuration des données et métadonnées »

Jeudi 27 février 2020, 15h-17h – Cécile Meynard (Université d’Angers, laboratoire CIRPaLL),
« Partage d’expérience de transcription de manuscrits en ligne : Stendhal et Benoîte Groult »

Jeudi 23 avril 2020, 15h-17h – Table ronde organisée par Anne Réach-Ngô,
« Exploiter et/ou publier les données des écrits littéraires de la Première Modernité : bases de données et bibliothèques numériques, quels enjeux pour l’investigation de corpus ? »

Jeudi 28 mai 2020, 15h-17h – Table ronde organisée par Luc Vigier,
« Spécificités des problématiques scientifiques et de la gestion de projet sur les corpus littéraires de l’Extrême Modernité »

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Le séminaire « Corpus numériques et scénarios de recherche » a lieu à l’ITEM, salle de conférence ou salle 159, CNRS, 59/61, rue Pouchet, 75017 Paris (www.pouchet.cnrs.fr/plan.htm).

Ce séminaire s’inscrit dans les travaux et réflexions de la communauté EMAN, plate-forme de publication des manuscrits. Pour des informations sur EMAN, voir le site de présentation : eman-archives.org.

Le séminaire (15h-17h) est précédé des rencontres de l’atelier d’édition numérique (9h30- 15h) de l’équipe «Joyeuses Inventions» qui travaille à la publication d’un ensemble de recueils collectifs de poésies du XVIe siècle, dans le cadre d’un projet plus vaste de réinvestigation des ouvrages recensés par Frédéric Lachèvre dans sa Bibliographie recueils collectifs de poésies du XVIe siècle.  Voir rouealivres.hypotheses.org/lachevre-numerique-xvi.

(Pour les organisateurs)

Appel à communications : La biofiction comme littérature mondiale (Louvain, 29-31 octobre 2020)

Si elle relève en première instance de la littérature, la biofiction prend pour point de départ une biographie réelle. Elle est sous-tendue par ce que Colm Tóibín a récemment appelé « l’imagination ancrée », qui confère au récit fictionnel une crédibilité ambiguë touchant parfois à la duplicité. Mais que signifie ce genre en tant que vecteur de fabrication de mondes ? Ce boom des récits qui rejouent un passé réel, projetant sur lui un regard contemporain, est-il seulement un signe que nous cherchons à élaborer une image cohérente du monde des siècles passés ou s’agit-il plutôt d’une tentative de donner forme à une nouvelle manière de voir et/ou de se situer dans le présent ? Davantage, favorise-t-il de nouvelles conceptions et enseigne-t-il de nouvelles leçons pour l’avenir ?
A la lumière des théories relatives à la littérature mondiale développées par David Damrosch, Theo D’haen et d’autres, et utilisant la méthode de T. O. Beebee consistant dans une exploration de dynamiques transnationales à partir d’un domaine déterminé (en l’occurrence, un genre), nous proposons plusieurs perspectives complémentaires dans l’examen de la Biofiction comme Littérature mondiale : sa capacité de représentation trans-culturelle (manifeste dans des romans commeGertrude de Hassan Najmi, dans lequel l’auteur portraiture une figure célèbre d’une autre aire culturelle), ses liens forts avec la mémoire culturelle (qui apparaît dans les romans à clefs de l’entre-deux-guerres, dans les expérimentations de Woolf et Schwob et plus loin encore au XIXe siècle), son adaptabilité protéenne (dont témoigne son mélange d’éléments modernistes et post-modernistes), son attrait pour le grand public (parfois sous la forme de biopics), sa faculté à toucher des enjeux sociaux et politiques (dans les oeuvres de Javier Cercas, Peter Carey, J. M. Coetzee, Mario Vargas Llosa, et de nombreux autres) ou à affecter les normes touchant au genre (dans les fictions de Anna Banti, Margaret Atwood, Annabel Abbs, Janice Galloway, etc.), ses développements dans des espaces étrangers à l’Occident (avec les œuvres de Anchee Min, Amin Maalouf, Bensalem Himmich, etc.), et sa capacité à nourrir les débats internationaux. Il s’agit là de quelques-uns des traits par lesquels ce genre témoigne des évolutions littéraires à l’échelle mondiale. 
Pour découvrir plus de détails sur notre approche et/ ou pour participer au dialogue, veuillez consulter notre site web pour la version complète de l’argumentaire :
Nous accueillons des propositions de communications de 20 minutes (300 mots), ainsi que des propositions de sessions de 90 minutes (300 mots pour le descriptif général, tout comme pour chacun des trois exposés inclus).
Les résumés, accompagnés d’une note biographique d’environ 150 mots pour chaque participant, seront à envoyer à biofiction@kuleuven.be.
La date limite pour la remise des propositions est le 15 avril 2020.
Source : Liste IABA

Appel à communications : « Écrire à quatre mains (XIXe-XXIe siècles) » (UPJV, Amiens, 13-14 octobre 2020)

Écrire à quatre mains (XIXe-XXIe siècles)
13-14 octobre 2020

Centre d’Études des Relations et Contacts Linguistiques et Littéraires (CERCLL EA 4283) – Université de Picardie Jules Verne

Argumentaire

Ils sont de la même famille (frères, sœurs, frère et sœur, cousins, époux, compagnes ou compagnons), ami-e-s ou simplement collaborateurs, et ils/elles ont écrit et signé ensemble sous leurs vrais noms ou sous un pseudonyme collectif une partie ou la totalité de leur production littéraire : romans, essais, journaux intimes… L’écriture en collaboration existe au moins depuis le XVIIe siècle (les frères Perrault puis les frères Grimm…). Elle a toujours intrigué le public et n’a pas facilité la « survie » et la pérennité des œuvres composées par ces duos. En effet, qui lit encore les œuvres des frères Goncourt, d’Erckmann-Chatrian, des frères Rosny, Tharaud, Petitjean de la Rosière (plus connus sous le nom de Delly) pour ne citer que des auteurs français et francophones ?

Les œuvres fictionnelles écrites à quatre mains appartiennent à différents genres mais ce colloque s’attachera essentiellement à la prose. Au XIXsiècle, les frères Goncourt composèrent ensemble des romans réalistes : Sœur Philomène (1861), Renée Mauperin (1864), Germinie Lacerteux (1865), Manette Salomon (1867), Madame Gervaisais (1869) jusqu’à la mort de Jules en 1870. Erckmann-Chatrian écrivirent des nouvelles et des romans nationaux sous un pseudonyme unique. Au XXe siècle, alors que le caractère collaboratif de l’œuvre demande à être examiné de près et révisé (Colette et Willy), il peut aussi être associé à l’invention de formes d’écriture radicalement nouvelles, distinctes ou brouillées et déranger les catégories génériques existantes.

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