Appel à communications : conférence IABA Europe (Varsovie, 2023)

Notre ami Pawel Rodak nous transmet l’annonce et l’appel à communication de la prochaine conférence IABA (International Association for Biography and Autobiography) qui se tiendra à Varsovie du 5 au 8 juillet 2023.

 » Nous sommes heureux de vous annoncer la tenue de la prochaine conférence IABA Europe à Varsovie (Pologne), du 5 au 8 juillet 2023. La conférence se tiendra en présentiel uniquement. Son thème, Écritures de la vie en temps de crise, est à mettre en relation avec les défis auxquels nous avons été confrontés en Europe et partout dans le monde durant ces dernières années? Beaucoup de choses ont changé depuis l’édition 2019 de la conférence IABA à Madrid. L’accélération des changements climatiques, la pandémie de COVID-19 et, désormais, la guerre en Ukraine ont changé notablement non seulement notre perception du monde, mais aussi la manière dont nous consignons nos expériences autobiographiques (nos pratiques d’écriture de la vie) . Un des éléments les plus cruciaux de la difficile situation européenne, comme dans d’autres parties du monde, est la crise des réfugiés. Ces dernières années, des habitants de pays frappés par la guerre et de terribles conflits – Syrie, Irak, Afghanistan ou certains états africains – sont venus chercher une existence plus paisible auprès de certaines communautés européennes. Aujourd’hui, des millions d’Ukrainiens se retrouvent dans la même situation… « [suite dans la pièce jointe]

« We are pleased to announce that the next IABA Europe Conference will be held in Warsaw, Poland, from July 5th to July 8th 2023. The conference will be held on-site only. The theme of the conference, Life-Writing in Times of Crisis, relates to the challenges we have had to face in Europe and all around the world in recent years. A lot has changed since the 2019 IABA Europe conference in Madrid. The accelerating climate crisis, the COVID–19 pandemic, and then the war in Ukraine have significantly influenced not only our perception of the world, but also the ways in which we record autobiographical experiences (the practice of writing about one’s own life). A crucial component of the difficult situation in Europe and other parts of the world is the refugee crisis. In recent years, inhabitants of countries affected by wars and terrible conflicts – Syria, Iraq, Afghanistan or African states – have been seeking peace among European communities. Today, millions of Ukrainians are in the same situation… » [read more in attached pdf file]

Site web de la conférence : https://iabawarsaw2023.eu

Séminaire Autobiographie et Correspondances, séance du samedi 10 décembre 2022 (10h-13h)

ENS, 45 rue d’Ulm, amphi Galois (ex-amphi Rataud)

Prendre l’escalier ou l’ascenseur niveau BC (sous-sol)

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Linda Gil, « Beaumarchais en sa correspondance »

Souvent présenté comme un aventurier, Beaumarchais conjugue dans sa correspondance ses relations commerciales et intellectuelles. L’étudier, c’est retrouver la richesse du réseau et des ressources mobilisés pour mener à bien ses multiples affaires, qu’elles soient d’amour ou d’amitié, de théâtre ou d’imprimerie, de finance ou de politique. C’est aussi assister, au fil des événements et de la circulation de la parole qu’ils génèrent, à la promotion et à la circulation des valeurs qui l’animent. L’inventaire numérique de la correspondance de Beaumarchais que nous avons entrepris avec une équipe internationale de chercheurs est encore dans sa première phase mais nous tenterons de proposer des pistes de lectures pour réfléchir à la dimension intellectuelle de cette correspondance, dans laquelle la culture classique se mêle de considérations morales et philosophiques audacieuses. A la fois discours sur le monde et mode d’action, ces lettres incarnent l’énergie caractéristique du tournant des Lumières et une forme d’humanisme.

Linda Gil est Maître de conférences à l’Université Paul-Valéry de Montpellier 3, et membre de l’IRCL (Institut de recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et les Lumières). Spécialiste de l’histoire du livre et de l’édition au XVIIIe siècle, elle a consacré sa thèse à l’étude de la première édition posthume des œuvres complètes de Voltaire. Le livre issu de sa thèse : L’édition Kehl de Voltaire. Une aventure éditoriale et littéraire au tournant des Lumières, est paru en 2018 aux éditions Honoré Champion (Prix d’Honneur de Bibliographie et d’Histoire du livre, décerné par le Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne, sept. 2021). Membre de la Société Voltaire et de la Société d’études voltairiennes, elle est co-directrice de la Revue Voltaire et co-dirige un dossier d’enquête dans les Cahiers Voltaire consacré à la présence de Voltaire au Panthéon. Elle a également publié une édition de la correspondance Voltaire, D’Alembert, Condorcet. Correspondance secrète, ainsi qu’une réédition de la Vie de Voltaire, de Condorcet, aux éditions Rivages (2021 et 2022). Signalons enfin, à paraître en février 2023 chez le même éditeur, un recueil composé de textes de Casanova, intitulé Quatre jours chez Voltaire. Elle dirige depuis 2019 l’Inventaire de la correspondance de Beaumarchais (IRCL: SOS2019 Programme)

Emmanuelle Tabet, « Des Carnets de Joubert au carnet poétique contemporain »

Joseph Joubert fut l’un des premiers écrivains à rédiger des notes dans la lignée des moralistes classiques mais initiant le journal intime et l’écriture « carnettiste » des modernes, au confluent du journal, de l’essai et du recueil poétique. A l’instar de Novalis ou de Schlegel, il associait l’écriture de l’aphorisme et de la note à un principe de vie, celui de la germination. Ces semences constituent un point de référence et une source d’inspiration essentielle dans l’écriture contemporaine du carnet poétique fondée sur un même principe d’écriture, à savoir un ensemble de notations fugitives plus ou moins datées conçues comme des « gouttes de lumière » – chez Jaccottet, Pierre-Albert Jourdan, Joel Vernet, Paul de Roux…

Emmanuelle Tabet est chargée de recherches pour le CNRS. Elle a publié Méditer plume en main. Journal intime et exercice spirituel (Classiques Garnier, 2021). Elle travaille actuellement sur le carnet poétique et sur le rapport intime à la nature dans les textes autobiographiques.

Séminaire Autobiographie et Correspondances, samedi 19 novembre 2022 (10h-13h)

Attention, la salle sera différente cette année :

ENS, 45 rue d’Ulm, amphi Galois (ex-amphi Rataud)

Vincent Gogibu, « Elsa Koeberlé, poétesse de l’abbaye »

Vincent Gogibu nous présentera « Elsa Koeberlé, poétesse de l’abbaye » à travers plusieurs extraits inédits de sa correspondance reçue. Remy de Gourmont, rencontré en 1901, a tout de suite perçu et encouragé les talents de la jeune poétesse alsacienne en favorisant l’édition de ses poèmes au Mercure de France. Les lettres qu’il lui adresse illustrent très bien l’aide bienveillante dont il fait preuve. La critique salue unanimement le talent d’Elsa Koeberlé ce qui lui assure un réseau et une audience dans les revues littéraires et artistiques. La rencontre de Génia Lioubow, peintre et chiromancienne, marque un tournant décisif dans la vie la poétesse puisque les jeunes femmes vont former un duo artistique qui s’installe dans une ancienne abbaye, sise dans un fort médiéval au-dessus du Rhône en face de Palais des Papes d’Avignon. « Les demoiselles de Villeneuve-lès-Avignon » restaurent et redonnent vie au lieu qui devient un carrefour artistique où se croisent Paul Claudel, Pierre Seghers, Robert Laurent-Vibert, Noel Vesper et tout le milieu artistique de Provence. 

Vincent Gogibu est docteur, chercheur au Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines de l’UVSQ Paris-Saclay. Ses recherches portent sur la littérature et les revues littéraires et artistiques de la fin-de-siècle. Il a publié notamment trois volumes de la Correspondance et réédité Sixtine. Roman de la vie cérébrale de Remy de Gourmont au Mercure de France. Il fait partie du projet ENCHRE, l’édition numérique des Cahiers d’Henri de Régnier et prépare la publication de La Morale à Tigre de Pierre Louÿs et de l’intégrale des Lettres intimes à l’Amazone de Remy de Gourmont.

Franck Javourez, « Lire et éditer les Cahiers d’Henri de Régnier »

Henri de Régnier tient de 1886 à sa mort en 1936 un journal qui forme un ensemble d’un peu plus de 3000 feuillets. Ces cahiers se présentent à la fois comme un véritable journal, daté avec plus ou moins de précisions, et comme un laboratoire de l’œuvre en prose, surtout dans les dix premières années. Les deux éditions, celle de David J. Niederauer et de François Broche achevée en 2002 (éditions Pygmalion/Gérard Watelet) et celle (numérique et génétique) de l’Université Grenoble Alpes en cours depuis 2017, nous permettent de mesurer toutes les difficultés à comprendre et à établir des textes aussi protéiformes.

Franck Javourez, docteur en sciences du littéraire de l’EHESS, est membre associé de l’équipe Valéry de l’ITEM depuis 2010. Spécialiste des auteurs de la Belle Époque, il a publié en 2022 l’édition critique de La Double Maîtresse d’Henri de Régnier et le tome V des Œuvres de Catulle Mendès aux éditions Classiques Garnier.

Appel à communications : 6e colloque international Yves Navarre : 9 et 10 juin 2023, Condom

Lieux de vie, territoires de l’écrit

Yves Navarre a toujours accordé de l’importance à ses origines gasconnes. Il en parlait avec fierté et aimait à rappeler ses racines. Né à Condom, ses familles maternelles (Bax et Rigal) et paternelles (Navarre et Dumas) étaient installées dans cette ville. Plusieurs de ses ouvrages évoquent la campagne gersoise ou sont inspirés d’anecdotes tirées de l’histoire familiale, tels Le petit Galopin de nos corps, Biographie, Le Jardin d’acclimatation. Même lorsque l’auteur décida de quitter Paris pour Montréal, il prit soin de préciser qu’il quittait Paris et non la France pour rejoindre une « province des textes », proche finalement de cette autre province dont il était originaire, la Gascogne.

En 2023 paraîtra le quatrième volume des Œuvres complètes de l’auteur, qui comprendra plusieurs inédits et deux livres majeurs : Biographie, ouvrage où récit autobiographique et journal s’entrelacent pour suivre le parcours de toute une vie, et Le Jardin d’acclimatation, roman qui se verra décerner le prix Goncourt en 1980. Dans les deux ouvrages, la part faite au pays natal, soit par référence directe soit par les noms de lieux qui y figurent, est conséquente. D’autres textes de l’auteur font référence à la Gascogne natale, attestant de l’importance qu’Yves Navarre accordait à ses origines.

En 2023 également aura lieu le sixième colloque international Yves Navarre, dans le Théâtre des Carmes à Condom. Le thème retenu, « Lieux de vie, territoires de l’écrit », sera l’occasion de réfléchir aux liens entre les lieux et l’écriture dans la vie et l’œuvre de l’auteur. On pourra s’intéresser aux axes de réflexion suivants (liste non limitative), en se penchant sur la vie et / ou l’œuvre d’Yves Navarre :

  • le rôle du paysage 
  • terre natale et villes d’adoption
  • lieux de vie et lieux d’écriture 
  • lieux de mémoire, terrain de l’autobiographie
  • poétique des lieux dans l’œuvre : transposition, représentation, description 
  • du côté de Condom : aux sources de l’œuvre 
  • espace urbain et espace rural : fracture ou complémentarité ?
  • espace textuel et espace géographique
  • centre et périphérie : traitement littéraire de l’espace
  • lieux de fiction et lieux réels
  • quel(s) lieu(x) de vie pour quel(s) usage(s) ?
  • appartenance / non-appartenance à un lieu

Ce colloque, organisé par l’association Les Amis d’Yves Navarre, aura lieu au Théâtre des Carmes de Condom les 9 et 10 juin 2023. Merci à la Ville de Condom pour son soutien. Nous vous invitons à envoyer vos propositions (entre 250 et 300 mots, avec titre) accompagnées d’une brève notice biographique à l’attention de Sylvie Lannegrand, présidente des Amis d’Yves Navarre, au plus tard le 17 février à l’adresse mail suivante : contact@amis-yvesnavarre.org.

Appel à communications : « Les écritures de soi, un objet transdisciplinaire. Enjeux d’une définition et d’une approche historico-littéraires » (Université de Rouen et Sorbonne Université, novembre 2023).

Jean-Louis Jeannelle et Violaine Vielmas nous informent de la tenue du colloque « Les écritures de soi, un objet transdisciplinaire. Enjeux d’une définition et d’une approche historico-littéraires qui se tiendra à l’Université de Rouen (Mont-Saint-Aignan) le jeudi 16 novembre 2023 et sur le site de Sorbonne Université le vendredi 17 novembre 2023.

La récente création du site « EcriSoi », fondé par les chercheurs des laboratoires du CÉRÉdI et du CELLF, répond à la nécessité d’un développement des réflexions épistémologiques portant sur les écritures de soi. « Nébuleuse aux contours variables selon les positions théoriques » comme l’a rappelé Françoise Simonet-Tenant (Dictionnaire de l’autobiographie), la notion recouvre généralement « l’autobiographie, le journal personnel, la correspondance et les Mémoires ». Les correspondances – constituées en genre littéraire par leurs publications à partir de la fin du XVIIIème siècle – et les journaux intimes – en plein essor éditorial durant la seconde moitié du XIXème siècle – suivent un mouvement historique dans la canonisation progressive et l’évolution du statut des écritures de soi.

À la suite de ces entreprises éditoriales et des travaux de Georges Gusdorf, la théorie littéraire a contribué à la réévaluation de ces corpus. En effet, les réflexions autour de la littérarité – menées, entre autres, par Gérard Genette (Fiction et diction) et Philippe Lejeune (Le pacte autobiographique) – ont modifié le statut des écritures de soi. Désormais, celles-ci ne relèvent plus de documents non-littéraires, de sources, mais d’œuvres à part entière : des œuvres factuelles.

À partir du XXème siècle, ce concept semble construire une tension : d’un côté, l’objet ainsi désigné se constituerait en fonction d’une appréciation de sa valeur esthétique – c’est la « littérarité conditionnelle » (Fiction et diction) –, de l’autre, il rapporterait des faits – dont Françoise Lavocat a montré qu’ils étaient pris dans une relation avec les « artefacts fictionnels » (Fait et fiction). Les écritures de soi relèveraient de la recherche historique et littéraire : la première mettant l’accent sur son caractère factuel, la seconde sur ses phénomènes esthétiques. Il conviendra alors d’interroger ce présupposé, sa valeur et son histoire. Nous souhaitons également en explorer les conséquences : éclaire-t-il un continuum ou invite-t-il à un dépassement ?

La suite de l’appel et les modalités pratiques peuvent être téléchargées ci-dessous :

« Disciplines » de soi : écrits de soi et écritures de savoir (CELLF et CNRS-Sorbonne Université)

Séminaire organisé par Jean-Christophe Igalens, Jean-Louis Jeannelle et Françoise Simonet-Tenant sous l’égide du CELLF (UMR 8599) CNRS-Sorbonne Université
Septembre 2022-septembre 2024

Le séminaire de l’équipe de recherche « Écrits de soi » portera pendant deux ans sur les relations entre écrits de soi et écritures de savoir. Il s’agira de s’interroger sur la place, les fonctions et les effets de la première personne dans les écritures de savoir, mais aussi sur les savoirs, notamment les savoirs de soi, visés ou produits par certaines formes d’écrits de soi. Les disciplines de soi que l’on voudrait mettre en lumière seraient au croisement de ces préoccupations : écritures, savoirs et autonarration mêlés.

Les enquêtes consacrées à des savoirs déterminés et à des périodes précises permettront de cerner progressivement les modulations des relations entre écrits de soi et écritures de savoir sur le temps long de l’histoire de la littérature française du XVIe au XXIe siècles), au cœur du projet scientifique du CELLF (UMR 8599). Elles inviteront à en penser les effets sur la constitution, la contestation ou les transformations de certains champs de savoir comme des pratiques et des genres de l’écriture de soi. Les relations fortes entre les écrits de soi et certains savoirs ou champs disciplinaires, comme l’histoire1, la psychanalyse ou encore certaines sciences humaines et sociale (anthropologie et sociologie notamment) constitueront des objets privilégiés. Il conviendra cependant de se rendre tout aussi attentifs à des domaines moins déterminés a priori, qu’ils soient antérieurs au partage moderne des disciplines, liés au déplacement de leurs frontières (constitutivement problématiques – pensons au partage de la littérature et de la philosophie), ou solidaires d’enjeux transversaux et irréductibles à un seul champ disciplinaire: problématiques du genre, questionnement éco-poétique sur les rapports entre écrits de soi et rapport au vivant…

Le programme peut être téléchargé sur le lien ci-dessous :

Demandez le programme : le séminaire Autobiographie et Correspondances est de retour !

Il s’attachera, cette année encore, à présenter l’étude de la genèse, de la transmission, de la publication et de la diffusion d’écrits personnels, qu’il s’agisse de grands noms de la littérature ou de figures artistiques moins connues. Le séminaire aura lieu à l’ENS, rue d’Ulm, dans l’amphi Galois, anciennement amphi Rataud (département de mathématiques, 45 rue d’Ulm) sauf la séance du 16 mars, qui aura lieu en salle U219.


Samedi 19 novembre 2022 (Amphi Galois)

Vincent Gogibu : Elsa Koeberlé, poétesse alsacienne
Franck Javourez : Lire et éditer les Cahiers d’Henri de Régnier

Samedi 10 décembre 2022 (Amphi Galois)

Linda Gil : La correspondance de Beaumarchais
Emmanuelle Tabet : titre à préciser

Samedi 14 janvier 2023 (Amphi Galois)

Jean-Louis Meunier : Entre littérature et beaux-arts, stratégie et mondanité : la correspondance croisée de Georges Rodenbach
Dominique Ancelet-Netter : Entre inédit et interdit, l’exposition numérique du journal intime de Paul Bourget 

Jeudi 16 mars 2023 (Salle U219)

•. Geneviève Haroche Bouzinac : Yvonne Jean-Haffen, Mathurin Méheut en correspondance :  « …toute notre vie d’art et d’amour »

Samedi 13 mai 2023 (Amphi Galois)

Pascal Lécroart et Thomas Dandin : Projet d’édition numérique des lettres inédites de Claudel.
Violaine Velmas : Le Journal de Jean Vilar

Séminaire « Les écrits de soi » (Jean-Louis Jeannelle et Françoise Simonet-Tenant, 26 janvier 2022, 17h-19h).

Françoise Simonet-Tenant nous informe que Jean-Louis Jeannelle et Jean-Christophe Igalens sont à l’initiative d’un séminaire sur les écrits de soi (en rapport avec le site EcriSoi que nous espérons mettre en ligne fin janvier, dans sa forme provisoire) dont plusieurs séances ont déjà eu lieu. La prochaine séance a basculé en visio et sera consacrée à l’actualité éditoriale sur les journaux, correspondances, mémoires.

Participer à la réunion Zoom
https://us02web.zoom.us/j/84966805422?pwd=bFFjWGlVU01weWxCUzRxbGp0dVNhZz09

ID de réunion : 849 6680 5422
Code secret : 386985


Perspectives croisées : actualité de la recherche sur les écrits de soi au CELLF – mercredi 26 janvier 2022, 17h-19h

    Journaux et correspondances
dialogue animé par Françoise Simonet-Tenant et Francis Walsh : 

o   Emmanuelle TabetMéditer plume en main. Journal intime et exercice spirituel, Paris, Classiques Garnier, publié le 28/07/2021

o   Julien Green, Toute ma vie : journal intégral, t. II (1940-1945) & III (1946-1950), éd. Guillaume Fau, Carole Auroy, Alexandre de Vitry et Tristan de Lafond, Paris, Bouquins, 2021. 

o   Jules Supervielle, Choix de lettres, éd. Sophie-Anna Fischbach, Paris, Classiques Garnier, publié le 15/07/2021.

Mémoires
dialogue animé par Jean-Christophe Igalens et Jean-Louis Jeannelle

o   Damien Crelier, Passions de Saint-Simon. Écritures de l’histoire et affectivité, Paris, Hermann, publié le 07/07/2021

o   Louise Michel, Mémoires. 1886, éd. Claude Rétat, Paris, Gallimard, publié le 04/03/2021

o   Casanova, Histoire de ma vie, éd. Michel Delon, Paris, Gallimard, publié le 14/01/2021

Séminaire Autobiographie et Correspondances : séance du 11 décembre 2021 (Hélène Gestern et Janine Altounian)

Séminaire Autobiographie et Correspondances

Séance du 11 décembre 2021 (10h-13h)

ENS, 45 rue d’Ulm, Salle Beckett

Le passe sanitaire ne sera pas exigé, mais le port du masque sera obligatoire

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Armen : une vie à écrire
Hélène Gestern

En 2020 a paru aux éditions Arléa Armen, d’Hélène Gestern. Le point de départ de ce livre était une enquête sur la vie, mal connue ou en partie oubliée, de l’écrivain et prosateur arménien Chahan Chahnour, qui devint poète français sous le nom d’Armen Lubin. Il publia ainsi quatre recueils de poèmes (dont Le Passager clandestin, en 1946) et une suite de courts textes poétiques (Transfert nocturne, 1955) aux éditions Gallimard entre 1946 et 1957. Armen, sa biographie, est un livre qui n’a jamais été conçu comme un ouvrage académique, en raison de la forte empreinte subjective qui était la sienne. Pour cette raison, il a néanmoins confronté, durant son écriture, son autrice à plusieurs problématiques.

La première était celle de l’arménien : comment dire l’autre quand on ne parle pas sa langue et que, de fait, une partie de ce qu’il vécut et écrivit est vouée à demeurer inconnue ?  La seconde question était celle de l’écriture : est-il possible, dès lors qu’on choisit de ne pas s’inscrire dans un modèle académique, d’éviter l’écueil de la fictionalisation, ou de la romantisation d’une destinée, fussent-elles l’une comme l’autre involontaires ? À quelle distance demeurer de son sujet et comment raconter une vie sans la trahir ? 

Mais la question la plus centrale, qui a terme a déterminé l’ensemble de la conception du livre, a été celle de l’affinité : pourquoi, lorsqu’on s’engage dans le récit de la vie d’un tiers, se tourne-t-on vers lui plutôt qu’un autre ? Qu’est-ce qui, dans son existence, nous arrête et nous retient au point qu’on s’y absorbe pendant plusieurs années ? Ici, la trajectoire de la vie d’un homme, détruit par l’exil et la maladie, sauvé par l’écriture, consonait avec certaines préoccupations anciennes de la vie de la narratrice, qu’elle n’avait pas souhaité interroger jusque-là. Le livre, finalement, a été construit comme un récit double, sur le mode d’un dialogue et d’une mise en échos des existences du biographié et de sa biographe : une forme de subjectivité, de partialité résolue, peut-être seule à même de racheter l’incomplétude de la démarche.

Le premier chapitre du livre
Greg Kerr sur Armen
Sur l’Arménie


Acquiescer à la vie
Janine Altounian

Janine Altounian est essayiste, germaniste, traductrice de Freud. Née en 1934 de parents rescapés du génocide arménien, elle a consacré sa vie à penser la traduction du traumatisme. Elle ainsi publié la traduction du récit de déportation de son père, publié et commenté dans « Ouvrez moi seulement les chemins d’Arménie », un génocide aux déserts de l’inconscient (Paris, Les Belles Lettres, 1990), et poursuivi une réflexion d’une forme particulièrement originale, où biographie et autobiographie sont régulièrement convoquées comme pivots d’une pensée à la fois personnelle, politique et psychanalytique. Dans L’Effacement des lieux. Autobiographie d’une analysante, héritière de survivants et traductrice de Freud (Paris, PUF, 2019), qu’elle nomme son « livre testament », Janine Altounian décrit ainsi sa pratique : « Une écriture testimoniale d’un certain type où le récit autobiographique instruit à chaque fois une ”vignette clinique” sur laquelle s’étaye la secondarisation d’une réflexion analytique ». L’expérience de vie y est immédiatement déchiffrée dans un dialogue entre l’affect et la raison, entre la brutalité des émotions et une patiente démarche de leur élucidation par la psychanalyse, par une écriture qui, si elle est bien celle de l’essai, n’en est pas moins riche d’une force poétique intrinsèque.

Nous nous entretiendrons avec Janine Altounian à propos de son approche singulière de la biographie et de l’autobiographie : quel(s) rôle(s) ont-elles joué dans son œuvre, et comment dire la vie d’un tiers (son père ?) qui a longtemps gardé le silence sur son histoire ? Comment faire face à l’intraduisible ? Ce qui nous amènera également à évoquer avec elle le rôle de la langue, de la transmission de la mémoire traumatique par le récit, et  à nous interroger sur la portée des expériences singulières et du témoignage, lorsqu’ils sont de la sorte réhistoricisés et remaniés par le travail analytique.

Sur l’ouvrage de Janine Altounian
Le site de Janine Altounian

Ouvrage collectif : Correspondances d’écrivains pendant la pandémie de Covid-19 : entre l’individuel et le social, du privé au public

APPEL À CONTRIBUTIONS POUR UN OUVRAGE COLLECTIF

Correspondances d’écrivains pendant la pandémie de Covid-19 :

entre l’individuel et le social, du privé au public

La pandémie de Covid-19 aura inspiré des œuvres littéraires (poèmes, récits, nouvelles, romans, etc.) et artistiques (dessins, tableaux, musiques, photographies, films, etc.). Cependant, qu’en est-il des correspondances ou des relations épistolaires pendant la période de cette crise sanitaire planétaire ?  Le présent projet s’intéresse alors à cet autre mode d’expression de soi, plus ou moins littéraire (pris au sens large du terme)à travers l’épistolaire chez les écrivain.e.s. La pratique épistolaire, en effet, traverse les époques sous de formes diverses. Les canaux, les modalités et les codes de la correspondance évoluent et varient selon les auteurs, la teneur, les intentions et le contexte de production/réception. À l’ère numérique actuelle et en contexte pandémique, notamment avec l’expérience du confinement, comment s’est déployée chez les écrivain.e.s la pratique épistolaire et quels ont été les enjeux d’une telle forme d’expression en période de crise ? C’est à cette principale question qu’entend répondre cet appel à contributions pour un ouvrage collectif. Aussi s’agit-il pour les écrivain.e.s, selon leur volonté et le cas échéant, de revisiter, de collectionner, de sélectionner, d’organiser, de transcrire ou réécrire et de sortir de la sphère privée pour rendre public leurs correspondances numériques ou non pendant la pandémie du Coronavirus. Les objectifs d’une telle initiative sont entre autres :

  • Partager ou témoigner (d’) une expérience individuelle et collective/sociale de cette période d’intranquillité, de fragilité et de vulnérabilité ;
  • Montrer comment le regard de l’écrivain.e se pose sur le monde en temps de crise de ce genre ;
  • Cerner l’impact négatif ou positif de la pandémie sur l’acte de création littéraire, à travers sa capacité à mettre l’écrivain.e à l’épreuve et/ou à l’œuvre sur le plan professionnel.

Cet appel s’adresse dès lors aux écrivain.e.s en particulier mais aussi à toute personne ayant eu une correspondance avec un.e écrivain.e pendant la pandémie. Ainsi, peuvent être prises en compte les orientations non exhaustives suivantes, qui mettent sous tension l’individuel et le social, le personnel et le professionnel, le privé et le public dans la communication épistolaire sous-tendue par un brouillage générique fécond :

  1. Correspondance entre l’écrivain.e et l’écrivain.e ou d’autres écrivain.e.s
  2. Correspondance entre l’écrivain.e et un.e autre artiste (musicien.ne, photographe, cinéaste, peintre, dessinateur/trice, comédien.ne, etc.)
  3. Correspondance entre l’écrivain.e et une personne non artiste (conjoint.e, enfant.s, proche.s, ami.e.s, journaliste.s, éditeur.s, agent.s littéraire.s, enseignant.s, etc.)
  4. Correspondance entre l’écrivain.e et ses lecteurs ou son public (fandom, site personnel, compte Facebook, etc.).

Les contributions, en français ou en anglais, d’une longueur comprise entre 2 à 20 pages (format Word ; police 12 ; interligne 1,5 ; marges normales) peuvent être soumises avant le 31 mars 2022 à l’adresse suivante:correspondancesdecrivains22[arobase]gmail.com

 Responsables du projet : – Jovensel Ngamaleu, poète et chroniqueur littéraire

                                            – Liliana Fosalau, poétesse et traductrice

CALL FOR CONTRIBUTIONS FOR A COLLECTIVE WORK

Writers’ correspondences during the Covid-19 pandemic: between the individual and the social, from private to public

The Covid-19 pandemic inspired literary works (poems, stories, novels, etc.) and artistic works (drawings, paintings, music, photographs, films, etc.). However, what about correspondence or epistolary relations during the period of this global health crisis?  The present project is therefore interested in this other mode of self-expression, more or less literary (taken in the broad sense of the term) through epistolary writing among writers. The epistolary practice, indeed, crosses the times under diverse forms. The channels, modalities and codes of correspondence evolve and vary according to the authors, the content, the intentions and the context of production/reception. In the current digital era and in a pandemic context, particularly with the experience of confinement, how has epistolary practice been deployed among writers and what have been the stakes of such a form of expression in times of crisis? It is to this main question that this call for contributions for a collective work intends to answer. It is also a question for the writers, according to their will and if necessary, to revisit, to collect, to select, to organize, to transcribe or rewrite and to leave the private sphere to make public their digital or not correspondences during the pandemic of the Coronavirus. The objectives of such an initiative include:

– To share or testify an individual and collective/social experience of this period of intranquillity, fragility and vulnerability;

– To show how the writer’s gaze is cast on the world in times of such crisis;

– To identify the negative or positive impact of the pandemic on the act of literary creation, through its capacity to put the writer to the test and/or at work on a professional level.

This call is therefore addressed to writers in particular, but also to anyone who has had a correspondence with a writer during the pandemic. Thus, the following non-exhaustive orientations can be taken into account, which put under tension the individual and the social, the personal and the professional, the private and the public in the epistolary expression underpinned by a fertile generic blurring:

1. Correspondence between the writer and the writer or other writers

2. Correspondence between the writer and another artist (musician, photographer, filmmaker, painter, draughtsman, actor, etc.)

3. Correspondence between the writer and a non-artist (spouse, children, relatives, friends, journalists, publishers, literary agents, teachers, etc.)

4. Correspondence between the writer and his/her readers or audience (fandom, personal website, Facebook account, etc.)

Contributions, in French or English, between 2 and 20 pages long (Word format; font: Time New Roman; size 12; line spacing 1.5; normal margins) can be submitted before March 31, 2022 to this address: correspondancesdecrivains22[arobase]gmail.com

 Project leaders: – Jovensel Ngamaleu, poet and literary columnist

                            – Liliana Fosalau, poet and translator