Séminaire Autobiographie et Correspondances, samedi 19 novembre 2022 (10h-13h)

Attention, la salle sera différente cette année :

ENS, 45 rue d’Ulm, amphi Galois (ex-amphi Rataud)

Vincent Gogibu, « Elsa Koeberlé, poétesse de l’abbaye »

Vincent Gogibu nous présentera « Elsa Koeberlé, poétesse de l’abbaye » à travers plusieurs extraits inédits de sa correspondance reçue. Remy de Gourmont, rencontré en 1901, a tout de suite perçu et encouragé les talents de la jeune poétesse alsacienne en favorisant l’édition de ses poèmes au Mercure de France. Les lettres qu’il lui adresse illustrent très bien l’aide bienveillante dont il fait preuve. La critique salue unanimement le talent d’Elsa Koeberlé ce qui lui assure un réseau et une audience dans les revues littéraires et artistiques. La rencontre de Génia Lioubow, peintre et chiromancienne, marque un tournant décisif dans la vie la poétesse puisque les jeunes femmes vont former un duo artistique qui s’installe dans une ancienne abbaye, sise dans un fort médiéval au-dessus du Rhône en face de Palais des Papes d’Avignon. « Les demoiselles de Villeneuve-lès-Avignon » restaurent et redonnent vie au lieu qui devient un carrefour artistique où se croisent Paul Claudel, Pierre Seghers, Robert Laurent-Vibert, Noel Vesper et tout le milieu artistique de Provence. 

Vincent Gogibu est docteur, chercheur au Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines de l’UVSQ Paris-Saclay. Ses recherches portent sur la littérature et les revues littéraires et artistiques de la fin-de-siècle. Il a publié notamment trois volumes de la Correspondance et réédité Sixtine. Roman de la vie cérébrale de Remy de Gourmont au Mercure de France. Il fait partie du projet ENCHRE, l’édition numérique des Cahiers d’Henri de Régnier et prépare la publication de La Morale à Tigre de Pierre Louÿs et de l’intégrale des Lettres intimes à l’Amazone de Remy de Gourmont.

Franck Javourez, « Lire et éditer les Cahiers d’Henri de Régnier »

Henri de Régnier tient de 1886 à sa mort en 1936 un journal qui forme un ensemble d’un peu plus de 3000 feuillets. Ces cahiers se présentent à la fois comme un véritable journal, daté avec plus ou moins de précisions, et comme un laboratoire de l’œuvre en prose, surtout dans les dix premières années. Les deux éditions, celle de David J. Niederauer et de François Broche achevée en 2002 (éditions Pygmalion/Gérard Watelet) et celle (numérique et génétique) de l’Université Grenoble Alpes en cours depuis 2017, nous permettent de mesurer toutes les difficultés à comprendre et à établir des textes aussi protéiformes.

Franck Javourez, docteur en sciences du littéraire de l’EHESS, est membre associé de l’équipe Valéry de l’ITEM depuis 2010. Spécialiste des auteurs de la Belle Époque, il a publié en 2022 l’édition critique de La Double Maîtresse d’Henri de Régnier et le tome V des Œuvres de Catulle Mendès aux éditions Classiques Garnier.

Site lettresfamiliales.ehess.fr (par Danièle Poublan) : publier une correspondance du XIXe siècle en ligne.

Danièle Poublan travaille de longue date sur l’édition d’un ensemble de lettres du XIXe siècle ; elle a accepté de présenter ses travaux pour Autobiosphère. Un grand merci à elle !



Site lettresfamiliales.ehess.fr

La vie d’une famille bourgeoise ne se conçoit pas au XIXe siècle sans échange de lettres. Ces dernières, conservées par les familles Duméril, Mertzdorff et Froissart, témoignent de ce besoin d’écrire et du soin apporté à la conservation des papiers de famille. Un groupe de chercheuses et de chercheurs a repris le contenu d’un site internet qui était devenu obsolète afin d’éditer ces archives.
La plate-forme choisie pour cela est un wiki-sémantique qui permet de naviguer de lien en lien dans cette correspondance.

Le corpus 

Les archives privées comptent plus de 3 000 lettres. Cette correspondance témoigne de l’ascension sociale d’une famille qui accumule, au fil des générations, un capital intellectuel, social et économique. Il s’agit d’une correspondance « ordinaire », certes, car écrite sans aucune arrière-pensée de publication et qui s’échange entre proches ; elle circule au sein d’une famille bourgeoise, aisée, instruite (elle compte même quelques savants du Muséum) et dont on peut suivre la réussite matérielle et sociale tout au long du siècle.

Une famille bourgeoise du XIXe siècle

Dans une généalogie touffue, quelques personnes apparaissent comme des pôles de l’écriture épistolaire : la première figure est celle du savant André Marie Constant Duméril (1774-1860) ; la deuxième, celle de l’industriel Charles Mertzdorff (1818-1883) à partir de son mariage avec Caroline Duméril en 1858. Ensuite le corpus se resserre autour d’une des filles de Charles Mertzdorff, Émilie, épouse de Damas Froissart, officier et grand propriétaire terrien dans le nord de la France. La guerre de 1914-1918 inaugure une double série de lettres qui mêlent vie familiale et devenir de l’usine alsacienne.

Le travail des historiennes

L’écriture des femmes et des hommes est de longue date un objet d’étude pour les deux responsables de l’édition scientifique de cette correspondance : Cécile Dauphin et Danièle Poublan. Les lettres se prêtent à des approches multiples, car elles sont à la fois des objets (que l’on peut conserver, compter, vendre), le résultat de pratiques sociales codifiées et enfin des textes. Pour l’historien ces trois dimensions sont solidaires. Le texte des lettres est enrichi par des notes qui identifient les personnes citées et des compléments biographiques qui mettent en valeur les réseaux affectifs, sociaux, intellectuels et économiques. Le fac-similé des lettres ouvre à d’autres lectures.

Le travail de l’équipe technique

Le Collectif Sources et données de la recherche du CRH a entrepris de restructurer et de republier ce corpus selon les pratiques actuelles d’ouverture des données de la recherche. Ce travail a été mené sous la direction technique de Bertrand Dumenieu, ingénieur de recherche à l’EHESS. Le fonds est aujourd’hui publié sous licence ouverte à l’adresse lettresfamiliales.ehess.fr. Appuyé sur le logiciel libre Mediawiki, ce site Web permet des lectures, des appropriations et des recherches multiples. Les nombreuses métadonnées (biographies, monographies) sont exposées dans les formats standards du Web de données.

Un blog associé à la publication du site

Un carnet de vulgarisation « Publier une correspondance. Méthode et contenu » est tenu par Danièle Poublan et publié sur la plate-forme hypotheses.org. Il se propose de faire connaître les lettres déjà publiées sur le site en suggérant des lectures transversales autour d’une personne, d’un thème ou d’un événement. Les thèmes abordés sont souvent en résonance avec l’actualité.

Le site lettresfamiliales.ehess.fr est un chantier en cours. Même lorsque « toutes » les lettres seront sur le site, on pourra y insérer des fragments épars non datés actuellement et de nouvelles lettres retrouvées (car le corpus actuel est lacunaire). De plus, il sera bon de revoir les lettres (surtout celles des premières décennies) pour identifier plus précisément les personnes et proposer plus de biographies.

à la Une

Sommaire du site

Retrouvez les articles, études et notes de lecture proposés par Autobiosphère sur notre page de sommaire. Quelques articles ou études d’auteurs ici en accès direct pour vous donner un avant-goût, mais bien d’autres vous attendent. Bonne lecture !

Janine AltounianRené DepestreE. Bloch-DanoGrégoire BouillierRenée Vivien
Hélène BerrMarie ChaixAnnie ErnauxMichèle GazierHélène Hoppenot
Benoîte GroultMichèle GazierMaurice GarçonFrançois GardeHarry Mathews
Armen LubinYves NavarreGeorges PerecJacques RoubaudPhilippe Lançon
Raymond QueneauSophie CallePhilippe Lejeune Joyce Carol OatesClaire Paulhan
Violette LeducFrançois II RákócziC. RochefortBlossom DouthatR. Depardon
F. d’EaubonneRomain GaryXavier CercasA. Spire / O FischerV. de Watteville

Reprise du séminaire Autobiographie et Correspondances (20 novembre 2021)

Séminaire Autobiographie et Correspondances

Séance du 20 novembre 2021 (10h-13h)

ENS, 45 rue d’Ulm, Salle Beckett

Le passe sanitaire ne sera pas exigé, mais le port du masque sera obligatoire

————

Françoise Simonet-Tenant (Sorbonne-Université)

Présentation du site EcriSoi

Au début, il y a eu une publication papier que nous avons souhaité prolonger… Cette publication est le Dictionnaire de l’autobiographie. Écritures de soi de langue française, sous la direction de Françoise Simonet-Tenant, avec la collaboration de Michel Braud, Jean-Louis Jeannelle, Philippe Lejeune et Véronique Montémont, Paris, éditions Honoré Champion, 2017, 845 p. (rééd. « Champion Classiques », 2018, 845 p.) L’élaboration du site, commencée courant 2019, a été longue. Nous pourrions faire un article sur la genèse du site, ses heurs et malheurs. Il n’est pas facile de trouver la traduction technique d’un projet qui a plusieurs volets : à la fois, continuation du dictionnaire, base de données bibliographiques, espace critique qui accueille recensions d’ouvrages critiques sur les écritures de soi et entretiens avec spécialistes des écritures de soi, site éditorial… et il n’est pas toujours facile non plus de communiquer entre chercheurs et développeur. Seront présentées la conception initiale du site, les transformations successives, les difficultés techniques ainsi que les perspectives envisagées pour cette première version du site qui devrait être mise en ligne fin 2021.

Véronique Montémont (Université de Lorraine)

Les Carnets d’Albert Beugras (mémoires politiques)

À Fresnes, où il est incarcéré, il rédige sur une vingtaine de cahiers d’écolier numérotés à la suite ses mémoires politiques, retraçant par le détail ses activités au sein du PPF. Ce document a été confié par l’épouse d’Albert Beugras à leur dernière fille, Marie Chaix-Mathews, qui s’est appuyée sur ces carnets pour relater l’histoire de son père dans son roman d’inspiration autobiographique Les Lauriers du Lac de Constance (1974). Les cahiers, qui ont fait l’objet d’une dation, seront prochainement déposé à la Bibliothèque nationale de France ; les deux premiers cahiers, qui retracent la carrière d’Albert Beugras dans l’industrie chimique, son entrée en politique et reviennent sur la genèse de son engagement, ont été édités au format électronique et seront publiés sur le site Écrisoi.

Albert Beugras (1903-1963) est une figure discrète de la collaboration, mais qui joua en son temps un rôle prépondérant au sein du Parti Populaire Français (PPF). Chimiste chez Rhône-Poulenc, antibolchévique, il rejoint le parti de Doriot en 1936 : il est fasciné par celui qu’il appelle « le Chef » et séduit par son souhait de se rapprocher des classes populaires. Membre du bureau du parti, homme de confiance de Doriot, Albert Beugras, activement impliqué dans des activités collaborationnistes, le suivra jusqu’en Allemagne en août 1944, avant de se rendre aux Américains en 1945, ce qui lui évite de subir une épuration expéditive. Détenu en Allemagne, restitué à la France, sur sa volonté, en 1946, jugé en 1948, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Mise à jour (22.3.22). Le site EcriSoi peut désormais être consulté à cette adresse : https://ecrisoi.univ-rouen.fr/accueil. N’hésitez pas à visiter son riche contenu.

Naissance d’une revue sur les écritures de soi : Écriture de soi-R

(source : site Ecriture de soi-R)

Ecriture de soi-R est née de l’envie de produire un contenu pluriel autour des écritures à la première personne.
Cette revue en ligne s’intéresse à la fois à celles et ceux qui les produisent et à celles et ceux qui ont décidé de les étudier. 

Comment dire l’intime et comment l’étudier ?

Comment témoigner d’une expérience de recherche ?  

​Comment éprouve-t-on un moi autre et fictionnalisé ? 

Les contributions et la rédaction :

Ecriture de soi-R propose ainsi des articles scientifiques autour des écritures artistiques du moi – autobiographies, autofictions et récits hybrides – envisagées du point de vue de la recherche en littérature. Elle propose également des récits à la première personne de chercheurs et chercheuses en littératures à travers le monde et des journaux, compte rendus, témoignages de lecture d’oeuvres artistiques interrogeant le moi, le réel, l’acte de création.

Écriture de soi-R est à destination des jeunes chercheurs et chercheuses dont les travaux s’articulent, au sens large, autour de l’écriture de soi, de l’interrogation de l’intime, qu’il soit privé ou politique, dans le monde contemporain mais pas uniquement, désireux et désireuses de témoigner à la fois du contenu de leurs recherches mais également de leur expérience en tant que scientifiques-littéraires, en France comme à l’étranger. 

Pour les lecteurs et les lectrices :

 Pour toute personne souhaitant des témoignages multiples de jeunes contribuant à la recherche actuelle en littératures et en sciences humaines.

Pour toute personne s’intéressant de près ou de loin aux interrogations littéraires et artistiques du « moi », à l’implication de la première personne et de l’engagement personnel dans la création. 

Le site de la revue : https://www.ecrituredesoi-revue.com/a-propos

Amiel : sismographe du moi

Michel Braud nous transmet l’adresse d’un passionnant podcast consacré à Amiel et proposé par la Bibliothèque de Genève, pour célébrer 200 ans d’histoire du journal intime. Le premier épisode, intitulé « Amiel : sismographe du moi » est disponible sur le site et en voici le résumé « Comment un personnage banal devenu un professeur sans envergure à l’issue de la Révolution fazyste développa un journal intime d’une ambition sidérante où il ausculte, sans fard, son intimité, ses inconstances, comme son échec à trouver femme. »

Ecouter l’émission ici : https://blog.bge-geneve.ch/amiel/

Fonds Yves Navarre de Montpellier : plus de 2300 documents dont une riche correspondance (S. Lannegrand)

Trois donations majeures permettent aux chercheurs qui s’intéressent à Yves Navarre et à son œuvre de consulter, à la médiathèque centrale de Montpellier, un des trois plus importants fonds au monde consacrés au Goncourt 1980. Le fonds Yves Navarre de Montpellier compte en effet à ce jour 2347 documents, correspondance en tête.

La donation de la famille Perrenoud, responsable morale de l’œuvre d’Yves Navarre, est à l’origine de la création du fonds d’archives de Montpellier en septembre 2017, sous l’impulsion de l’association Les Amis d’Yves Navarre et des éditions H&O. La médiathèque centrale avait alors reçu 1390 documents (tapuscrits et épreuves, photos, correspondance, agendas, revue de presse, etc.). En septembre 2019, ce fonds s’est enrichi des legs d’Anne de Tienda, amie et ayant droit d’Yves Navarre, et de Claude Gubler, également ami de longue date de l’auteur.

Anne-de-Tienda-et-Gilles-Gudin-de-Vallerin---lettre-à-Claude-Gubler-©-Ph-Ferrer

À gauche : Anne de Tienda et Gilles Gudin de Vallerin. À droite : une lettre d’Yves Navarre à Claude Gubler.

Tapuscrits, photos, objets et surtout une abondante correspondance, soit 735 documents supplémentaires, sont venus compléter la donation Perrenoud. Ainsi, Anne de Tienda a remis environ 120 lettres qu’Yves Navarre lui avait adressées de mai 1985 à janvier 1994 peu avant sa mort. Elle a aussi transmis 16 albums dans lesquels l’auteur avait rassemblé des cartes postales et des lettres reçues entre septembre 1988 et juin 1989 de la part des Perrenoud et de diverses personnalités (François Mitterrand, Danielle Mitterrand, Michel Tournier, Pierre-Jean Remy, Emanuel Ungaro, Alekos Fassianos…). De son côté, Claude Gubler a confié plus d’une centaine de lettres et de cartes reçues de février 1987 à janvier 1994. Il a ajouté à sa donation un coffret en bois dans lequel Yves Navarre rangeait ses manuscrits, tandis qu’Anne de Tienda a légué une des machines à écrire de l’auteur, une Valentine rouge. Gilles Gudin de Vallerin, directeur des médiathèques et du livre, insiste sur « l’immense valeur que présente ce fonds » constitué à ce jour de 2347 documents issus de huit donations et d’achats du réseau des médiathèques, et dominé par la correspondance (62% des documents).

 

Graphique FOnds Navarre

 

Tous ces documents sont recensés dans les notices du catalogue en ligne sur le site du réseau des médiathèques de la métropole de Montpellier, accessibles depuis la page consacrée à Yves Navarre https://mediatheques.montpellier3m.fr/DEFAULT/patrimoine-fonds-ecrivains-navarre.aspx.

 

« Je au travail » (V. Montémont)

Dans le cadre du DU HIVIF (Histoires de vie en formation) de l’université de Tours, une conférence intitulée « Je au travail » a été donnée le 24 juin. Elle porte sur l’expérience du travail telle qu’elle est consignée dans plusieurs textes autobiographiques. En voici l’introduction (la suite à télécharger  en suivant ce lien ou à lire ici).


En intitulant cette conférence, « je » au travail, je souhaitais examiner plusieurs types de récits, relevant, à un titre plus ou moins explicite, du champ autobiographique, et racontant l’expérience de l’établissement ouvrier. Au fil des lectures, j’en suis venue à l’élargir au récit d’usine, et parfois même à d’autres expériences de travail : ce qui m’intéresse ici, c’est de voir par quel moyen, médiat ou immédiat, par quel truchement ceux qui ont fait, qui font l’expérience souvent douloureuse d’une certaine forme de travail industriel ou répétitif parviennent à la porter au jour sous la forme d’un livre qui les implique personnellement. Je ne fais ici que rappeler des évidences, mais il existe bien souvent un fossé entre la condition sociale, ou la destinée qui conduit à l’usine, et le capital de compétences ou de connaissances exigé pour investir le champ littéraire considéré comme légitime, celui de la publication à compte d’auteur. En d’autres termes, celui ou celle qui voudrait partager n’en a pas toujours les moyens littéraires et/ou sociaux ; celui ou celle qui les possède, a contrario, n’a pas forcément l’expérience de la chaîne, les établis ayant constitué l’exception notable de cette contradiction, puisqu’il s’agissait dans bien des cas d’étudiants ou de jeunes intellectuels.

La question se pose donc, dans un premier temps, des moyens par lesquels le récit du travailleur, de la travailleuse, peut parvenir jusqu’à nous, comment il peut rendre compte, au plus exact, d’une condition que les lecteurs ne connaissent pas ou n’auront pas connue directement. Ensuite, il paraît essentiel de questionner ce qui pousse à entreprendre cette démarche. Pour mener cette brève enquête littéraire, je me suis appuyée sur douze livres dont vous trouverez la liste en tête de l’exemplier : certains sont des récits autobiographiques, d’autres, plus précisément encore, des témoignages, d’autres se présentent comme des romans.

Œuvres étudiées

  • Anthony, Moi, Anthony, ouvrier aujourd’hui, Paris, Seuil, « Raconter la vie », 2014.
  • Claire Brière-Blanchet, De Pékin à Sochaux. Voyage au bout de de la révolution, Paris, Seuil, 2009.
  • Marcel Durand, Grains de sable sous le capot. Résistance et contre-culture ouvrière : les chaînes de montage à Peugeot, 1972-2003 [La Brèche, 1990], Marseille, Agone, « Mémoires sociales », 2006.
  • Leslie Kaplan, L’Excès-usine, POL, 1987.
  • Robert Linhart, L’Établi [1978], Paris, Minuit, « Double » 1978.
  • Virginie Linhart, Volontaires pour l’usine. Vies d’établis 1967-1977, Paris, Seuil, 1994 [réed. 2010]
  • Jean-Pierre Martin, Le Laminoir, Seyssel, Champ Vallon, 1995
  • Sylvain Pattieu, Avant de disparaître. Chronique de PSA Aulnay, Plein Jour, 2013.
    Beauté Parade [2015], Livre de Poche, 2016
  • Joseph Ponthus, À la ligne, La Table Ronde, 2019.
  • Jean Rolin, L’Organisation, Paris, Seuil, « Points », 1996.
  • Daniel Rondeau, L’Enthousiasme [1988], Grasset, 2006.
  • Martine Sonnet, Atelier 62, Cognac, Le Temps Qu’il Fait, 2008.

Lancement du site Annie Ernaux (avril 2019)

Élise Hugueny-Léger (Université de Saint Andrews) nous informe du lancement du site « Annie Ernaux », consultable à l’adresse, www.annie-ernaux.org . Le site a été mis sur pied par ses soins, avec la collaboration de Lyn Thomas et le soutien d’Annie Ernaux. Il regroupe des ressources bio-bibliographiques sur Annie Ernaux, ainsi que des textes de l’auteure, des photographies, et des sections inédites. Il a pour vocation de fournir un point d’accès vers les nombreuses publications critiques sur l’oeuvre d’Annie Ernaux, ainsi que ses apparitions médiatiques et entretiens, et de mieux faire connaitre certains de ses textes.  N’hésitez pas à visiter cette ressource indispensable à quiconque s’intéresse à Annie Ernaux et à relayer à votre tour cette information.


Sur Annie Ernaux, voir aussi l’article de V. Montémont : « La chambre d’échos. Sur Les Années d’Annie Ernaux ». Colloque international « L’intertextualité dans l’oeuvre d’Annie Ernaux », Rouen, dans Robert Kahn, Laurence Macé et Françoise Simonet-Tenant, Annie Ernaux. L’intertextualité, PUHR, 2015, p. 153-164.

Guide méthodologique pour l’édition numérique de correspondances

Richard Walter (ITEM) nous transmet une information susceptible d’intéresser tous les chercheurs ayant à éditer une correspondance sous forme numérique.

———

Le groupe de travail Correspondance du consortium Cahier a publié un guide méthodologique pour l’édition numérique de correspondances.

Il est disponible sur le carnet de recherche du consortium : https://cahier.hypotheses.org/guide-correspondance

L’objet du guide n’est pas de présenter ou d’analyser des outils ou des langages. Il rassemble des recommandations qui veulent répondre aux problématiques spécifiques d’un projet éditorial et numérique autour de la correspondance. Mais certaines pourraient être adaptées à des traitements d’autres corpus textuels. Le choix a été fait de se limiter à la correspondance écrite sur support papier .

Ces recommandations se basent essentiellement sur les différentes expériences accumulées au sein du groupe de travail.

En premier lieu, nous avons dressé la liste des problématiques à prendre en compte quand on se lance dans un tel projet, en proposant des éléments pour qu’une réponse puisse émerger en toute connaissance du projet et du contexte numérique. Puis nous proposons, dans une seconde partie, différentes ressources pour la gestion d’un projet d’édition numérique de correspondance.

Nous restons à votre disposition pour recevoir toute suggestion et tout complément d’informations

En vous souhaitant bonne lecture

bien cordialement,

pour le groupe Correspondance,
Richard Walter
Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM) CNRS / Ecole normale supérieure

59/61, rue Pouchet – 75017 Paris
richard.walter@ens.fr
ITEM : www.item.ens.fr
EMAN : www.eman-archives.org
Blog : eman.hypotheses.org