Les fruits de l’amitié : Harry Mathews, Le Verger (1986)


Les fruits de l’amitié

Ils étaient amis. La mort les a séparés. « Je me souviens qu’à cette époque, les gens que je croisais dans les rues de Paris me semblaient tous être en deuil de Georges Perec. » C’est Harry Mathews qui écrit ces lignes, en 1986, dans un livre bref et bouleversant, Le Verger. L’écrivain américain avait fait découvrir à l’auteur de La Vie mode d’emploi Joe Brainard, l’inventeur de la forme des Je me souviens : on sait quelle fortune elle connut sous la plume de Perec. Et une fois celui-ci disparu, que faire de la mémoire, de son écume, et dans quels mots l’enserrer ? Mathews reprend à son compte les « Je me se souviens » : mais dans leur forme la plus pauvre, la plus pure et la plus humble, simplement parce que c’est une manière, peut être la seule, de « faire face, par l’écriture aussi, à l’accablement qui à ce moment-là assaillait beaucoup d’entre nous ». Le livre se déroule comme un album de photographies : lieux, souvenirs, moments, qui dépassent rarement quelques lignes, écrits au fur et à mesure que la mémoire les apporte, placés les uns à côté des autres comme les « fragments d[’un] tumulus lamentable qui s’amoncelait ».

 Les deux hommes ont vécu l’une de ces affinités, de ces complicités intenses, qui ne connaissent pas forcément d’explication. Ils travaillaient de conserve à leurs écrits oulipiens, se traduisaient. Mathews dit, avec une sincérité magnifique, la part d’amour qui peut entrer dans un tel lien : sa jalousie quand Perec se consacre à d’autres amis, mais aussi les soirées magnifiques passées à écouter de la musique en fumant de l’herbe : « À ce moment-là, j’aurais voulu le prendre dans mes bras ». L’importance que peut prendre une telle présence, dans les moments difficiles, à côté des autres, enfants et compagne. « Je me souviens que quand mon père mourut, la perte fut rendue supportable par la présence de Georges Perec dans ma vie ». Toutefois, la plupart des notations du livre se veulent plus légères : volontairement anecdotiques, généralement heureuses. Elles renvoient à des lieux, des climats, des instants, entre Paris, Albany, Lans-en-Vercors et l’île de Ré. Le portrait de ce Perec que l’on croit connaître, celui qui aimait les chats, les alcools et les mauvais calembours (« Je reviens de Suisse », punaisé sur la porte) ne cesse de s’enrichir : sait-on qu’il affectionnait, aussi, le ski, les tartines beurrées, certaines femmes, qu’il avait souvent « la crève » (« une espèce de grippe réunissant rhume, sinusite et gueule de bois »), souffrait de coups de soleil (« Sa peau supportant mal le soleil, il était revêtu d’un burnous de coton blanc qui le faisait ressembler à un émir du pétrole »), connaît-on son orientation politique (« Je me souviens que Georges Perec était socialiste »), son rire (« le premier aigu, rapide, inquiet ») ; sait-on combien ses yeux était verts, et comment la maladie, puis la mort, modelèrent son visage ?

Perdre un ami, c’est perdre sa présence, apprendre la cruauté d’une solitude nouvelle, sans lui ; mais c’est aussi toucher du doigt la peur de voir se dissoudre la myriade de souvenirs, de moments partagés, de complicité, tout cet infra-ordinaire banal lorsque vécu, inestimable lorsque perdu, et dont la dissolution paraît aussi terrifiante que la mort elle-même. En cent vingt-quatre souvenirs, drôles ou tendres, profonds ou fugaces, Harry Mathews a cueilli dans son Verger les plus doux fruits d’une amitié ; les plus vivants, aussi.

Harry Mathews, Le Verger, P.O.L, 1986, 40 p.

V. Montémont

Remède à l’ennui

Chères et chers ami.e.s

Un mot pour vous dire que l’actualité des séminaires, liée à celle que nous vivons, est suspendue sine die. Cependant, pour vous aider à passer cette pénible période de confinement, nous posterons régulièrement une chronique ou note de lecture : des suggestions d’ouvrages, récents ou anciens, pour plus tard. Vous trouverez un début de sommaire (qui sera complété ces jours-ci) ici.

N’oublions pas non plus que les librairies indépendantes seront durement fragilisées par cette période de fermeture. À nous, lorsqu’elles rouvriront, de les faire crouler sous les achats et les commandes. Commander et acheter chez un.e libraire indépendant.e assure le maintien essentiel de lieux de vente sans lesquels la diversité littéraire ne pourrait pas s’exprimer.

De plus, les libraires passant plusieurs commandes à la fois, le bilan carbone (achats et frais de transport groupés, pas de cartonnage ou d’emballage individuel) a des chances d’être meilleur que celui de la vente en ligne. L’achat en librairie favorise aussi la marche à pied (quand elle sera autorisée, pour aller jusqu’au magasin) et le plaisir de croiser un être humain plutôt qu’un algorithme. Pensons-y !

Bon confinement et bonnes lectures à tous.

 

Séminaire ABC du 7 février 17h-19h (ENS, salle Dussane)

 

Séminaire Autobiographie et Correspondances

Séance du 7 février 2019 (17h00-19h00)

ENS, 45 rue d’Ulm, Salle Dussane (rez-de-chaussée)

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Vincent Gogibu

Correspondance de Remy de Gourmont :  éditer un paradoxe

 

Écrivain subtil et prolixe, penseur paradoxal, la Correspondance de Remy de Gourmont est tout naturellement à son image. S’il confie à Natalie Barney : « Moi qui aime si peu à écrire des lettres », il l’a tout de même ensevelie sous un monceau de missives, tant privées que publiques ; si bien que je me suis retrouvé devant un corpus de plus de 2500 lettres adressées à plus de 250 destinataires.

Je m’attarderai sur cet aspect paradoxal ainsi que sur des données matérielles, telle sa graphie qui trahit vers 1890 ses penchants symbolistes et vers 1900 une épure tant dans le style que dans la forme ; de la difficulté à rassembler les lettres ; des « étrangetés » de sa succession et de la dispersion / destruction des lettres et manuscrits, etc. Et j’évoquerai également quel Remy de Gourmont laisse entrevoir sa Correspondance, entre l’écrivain à l’audience internationale, l’ami et l’amant.

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Vincent Gogibu a également publié la correspondance Jean Royère André Gide, Votre affectueuse insistance (1907-1934) (éditions du Clown lyrique, 2008). Il est l’auteur de Le téléphone a-t-il tant que cela augmenté notre bonheur ?, une sélection d’aphorismes issus de l’œuvre de Remy de Gourmont et il a préfacé un certain nombre de rééditions de Gourmont : Sixtine (Mercure de France, 2016). Il a dirigé et codirigé plusieurs colloques et ouvrages dont le plus récent établit la filiation intellectuelle entre Remy de Gourmont et Benjamin Fondane. Questions d’esthétique (éditions du CARGO, 2018). Il publie les Œuvres complètes d’Albert Aurier (sous la direction de Julien Schuh, à paraître en 2019) et les Œuvres complètes de Félix Fénéon (sous la direction d’Eric Dussert et Philippe Oriol, à paraître en 2019). Il est membre du projet PRELIA (Petites Revues Littéraires et Artistiques) et ENCHRE (Edition Numérique des Cahiers d’Henri de Régnier). Ses travaux portent sur la période 1880-1920, les revues, la notion de réseau.

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Marie-Odile Thirouin

André Spire et Otokar Fischer : présentation de soi et accommodation réciproque dans la correspondance de deux poètes juifs (Paris-Prague, 1922-1938)

L’exposé présentera les deux auteurs réunis par cette correspondance amicale publiée en deux volumes, en français et en tchèque, aux éditions du Musée de la littérature tchèque (Prague, 2016) : le  poète d’expression française André Spire (1868-1966) et le poète d’expression tchèque Otokar Fischer (1883-1938). L’édition de cette correspondance qui s’étend sur seize années, de 1922 à 1938, a posé des problèmes spécifiques, en raison des langues et des cultures engagées. Ces difficultés seront présentées avant qu’on examine l’apport de cette correspondance sur le plan de la génétique textuelle (collaboration dans la pratique de la traduction réciproque de poèmes), sur le plan poétique (débat sur le vers libre) et sur le plan de la définition de soi (débat sur la place qui revient à la judéité dans l’identité de chacun, dans des contextes aussi différents que ceux de la France et de la Tchécoslovaquie dans l’entre-deux-guerres).

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Marie-Odile Thirouin enseigne la littérature comparée à l’Université de Lyon. Son domaine de recherche est celui des imaginaires nationaux et des transferts culturels en Europe centrale. Elle co-dirige le nouveau séminaire

Séminaire ABC, séance du 17 janvier 2019 (17h-19h)

Toute l’équipe du séminaire vous présente ses meilleurs vœux pour une année 2019 riches en lectures, découvertes et bonheurs de toutes sortes.

Pour la bien commencer, nous inaugurerons l’année par une séance intégralement consacrée à la musique, pour laquelle nous vous espérons nombreux. En voici le détail.

Séance du 17 janvier 2019 (17h00-19h00)

ENS, 45 rue d’Ulm, Salle Dussane

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Christophe Corbier

Musicologue, compositeur, helléniste ? Quelques réflexions sur le choix des lettres de Maurice Emmanuel

Maurice Emmanuel (1862-1938) occupe une place singulière dans le champ de la musique en France durant le premier tiers du XXe siècle. Formé au Conservatoire de Paris et à la Sorbonne dans les années 1880, Emmanuel a d’abord été considéré comme un helléniste, disciple d’Alfred Croiset, de Maxime Collignon, d’Edmond Pottier, de Louis Havet, de François-Auguste Gevaert. Il se signale par la publication d’un livre majeur sur la danse grecque antique (1896), dont la renommée durable et le lectorat nombreux (d’Isadora Duncan à Jacques Copeau) est attestée notamment par sa correspondance. L’helléniste devient ensuite musicologue en raison de son action en faveur de l’institution de la musicologie française avant 1914, et parce qu’il a occupé la chaire d’histoire générale de la musique au Conservatoire de Paris de 1909 à 1936. Mais après la Première Guerre mondiale, tandis que son activité de musicologue s’éloigne des pratiques instituées par ses collègues universitaires, il s’affirme comme un compositeur dont les œuvres sont appréciées par toute une génération de musiciens qui furent ses contemporains ou ses élèves (Messiaen, Koechlin, Busoni, Caplet, Dutilleux, Migot…).

La correspondance de Maurice Emmanuel constitue une source privilégiée pour comprendre ce parcours complexe. Editer une sélection de ses lettres engage cependant un questionnement sur l’identité d’Emmanuel d’autant plus que, depuis quelques années, son nom tend à être attaché à son œuvre musical de compositeur plutôt qu’à sa production musicologique. Le cas d’Emmanuel n’est certes pas isolé : Romain Rolland est un autre exemple de transfert entre activité musicologique et création. Mais, à la différence de Rolland, tôt reconnu comme écrivain, l’identité problématique d’Emmanuel est au cœur même de sa correspondance, qui peut être lue comme le reflet d’un long processus de reconnaissance du compositeur au détriment du musicologue et de l’helléniste.

Par leur dimension apologétique autant que par leur contenu autobiographique, nombre de lettres d’Emmanuel apparaissent comme des textes relevant de l’écriture de soi. Elles possèdent non seulement une valeur informative sur le plan historique et biographique, mais elles engagent la réception même de l’œuvre du compositeur-musicologue par ses successeurs, sans oublier le simple plaisir de lecteur qu’elles peuvent procurer. C’est donc le choix même des lettres d’Emmanuel qu’il conviendra d’éclairer et d’interroger lors de cette séance.

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Christophe Corbier est chargé de recherche au CNRS, à l’Institut de Recherche en musicologie (UMR 8223). Il est l’auteur de trois ouvrages sur Maurice Emmanuel (Maurice Emmanuel, 2007 ; Poésie, Musique et Danse. Maurice Emmanuel et l’hellénisme, 2010 ; Maurice Emmanuel, Lettres choisies, 2017). Il prépare actuellement l’édition de Voyage musical au pays du passé de Romain Rolland, ainsi que l’édition du mémoire de DES de Roland Barthes (avec Claude Coste et Malika Bastin-Hammou) et les fragments de Nietzsche sur la rythmique grecque. Ses recherches sont consacrées principalement à l’histoire et à la réception et à l’histoire de la musique grecque en France, en Allemagne et en Grèce au XIXe et au XXe siècle.

 

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Jean-Sébastien Macke

La correspondance d’Alfred Bruneau :

Du creuset de l’œuvre musicale à l’émergence d’une personnalité

Alfred Bruneau (1857-1934) est connu pour être le « musicien de Zola ». En effet, cet élève de Massenet au Conservatoire de Paris a mis en musique Le Rêve et L’Attaque du Moulin (Opéra-Comique, 1891-1893) puis a composé ses drames lyriques d’après les livrets en prose de Zola (Messidor, 1897, Opéra ; L’Ouragan, 1901 et L’Enfant roi, 1905, Opéra-Comique). Ce qui aurait pu rester une simple collaboration artistique s’est rapidement transformée en véritable amitié, dont les liens se sont définitivement resserrés au moment de l’affaire Dreyfus.

Les plusieurs milliers de lettres que constituent la correspondance active et passive de Bruneau nous permettent ainsi de suivre, sur près de cinquante années, le cheminement d’un compositeur passé de la gloire à l’oubli. Nous nous proposons, durant cette communication, d’en détailler quelques aspects :

  • La correspondance croisée entre Alfred Bruneau, Émile Zola et Louis Gallet (librettiste du Rêve et de L’Attaque du moulin) est le véritable creuset de la création de ces deux drames lyriques et nous en montrerons les moments les plus importants.
  • Après la mort de Zola, Alfred Bruneau poursuit une correspondance assidue avec Alexandrine Zola. Ces lettres nous sont très précieuses pour comprendre comment le romancier est célébré durant les années qui suivent son décès, de la création du pèlerinage de Médan (1903) à la panthéonisation en juin 1908.
  • Trop longtemps resté dans l’ombre de Zola, Alfred Bruneau doit être étudié en tant qu’individu, à la personnalité autonome qui s’affirme progressivement dans les milieux artistiques. Nous en donnerons quelques exemples, notamment dans l’étude de sa correspondance avec Roger Martin du Gard et Pierre Margaritis, ceci grâce à quelques lettres récemment retrouvées.

Jean-Sébastien Macke est ingénieur à l’Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS/ENS), au sein de l’équipe « Supports et tracés » et du Centre d’étude sur Zola et le naturalisme. En 2003, il a soutenu une thèse consacrée aux liens d’Émile Zola avec le compositeur Alfred Bruneau. Il s’est spécialisé dans l’étude des rapports entre littérature et musique et s’intéresse au prolongement du naturalisme dans les domaines de la photographie et du cinéma. Il a participé à l’édition des Lettres à Alexandrine (sous la direction d’Alain Pagès, Gallimard, 2014) et vient d’éditer, avec Aurélie Barjonet, les Actes du colloque de Cerisy Lire Zola au 21ème siècle (Classiques Garnier, 2018).

 

 

Anales de Filologia Francesca : Appel à contributions « Écritures du moi »

Un message de Mercedes Eurrutia et Concha Palacios :

Cher(e)s collègues,

Nous avons le plaisir de vous adresser un nouvel appel à articles pour le numéro 27 de la revue Anales de Filología Francesa, éditée par l’Université de Murcia.

Le numéro, à paraître avant le 30 novembre 2019, comprendra trois parties distinctes :

  1. a) Une Section monographique consacrée aux Écritures du moi, thématique permettant aux chercheurs des analyses très diversifiées, que ce soit sous une optique littéraire ou linguistique.

Dans l’histoire de la littérature, les catégories qui désignent communément l’écriture du moi sont très nombreuses : mémoires, confessions, souvenirs, essais, carnets, bloc-notes, journaux intimes, autobiographies, etc. Ces formes d’écriture ont été pratiquées dès le Moyen Âge et ont cela en commun de permettre à l’écrivain de se dire. Néanmoins, il nous est possible d’établir deux périodes distinctes : une première période pendant laquelle l’autobiographie constitue un univers caractérisé par le pacte de vérité – celle-ci constituait donc une production ultime dans la carrière d’un écrivain, lorsqu’était venu le temps des bilans et des confessions ; et une seconde période à partir des années 1970, pendant laquelle les écrivains remettent en question la séparation de la fiction et de l’autobiographie et se libèrent de l’exigence de vérité.

En effet, dans les années 1970, l’autobiographie se place au cœur de la vie littéraire. Ainsi, le « souci de soi », selon la formule de Michel Foucault, les inventions formelles de Georges Perec (Je me souviens ; W ou le souvenir d´enfance), de Barthes (Roland Barthes par Roland Barthes), de Doubrovsky enfin, en prétendant écrire une « fiction d’évènements et de faits strictement réels » contournent les reproches adressés à l’autobiographie traditionnelle. Le succès du genre donne lieu à un travail théorique important. En 1970, Jean Starobinski analyse ce qu’il appelle le « style autobiographique » et propose une première définition très claire du genre : il s’agit de la « biographie d’une personne faite par elle-même ». Philippe Lejeune publie en 1971 L’Autobiographie en France et en 1975 Le Pacte autobiographique, complétés par de nombreux ouvrages qui nuancent les définitions et ouvre un autre champ d’investigation en plaçant le questionnement théorique sur le plan de la poétique. Le débat portera ensuite sur la notion d’autofiction, proposée par Serge Doubrovsky. La question suscitera après 1980 de nombreux travaux – ceux de Béatrice Didier, Michel Beaujour, Vincent Colonna, Marie Darrieussecq, etc. En 1997 paraîtra L’Autobiographie de Jacques Lecarme et Éliane Lecarme-Tabone et plus récemment encore les travaux de Philippe Gasparini. L’autobiographie est, en effet, partout aujourd’hui : elle se trouve à l’origine de la fiction et des enquêtes documentaires, au théâtre, en poésie ; la plupart des écritures romanesques s’en inspirent ; elle occupe le cinéma et la photographie, et intéresse même les arts plastiques.

Ce numéro de Anales de Filología Francesa se propose ainsi de réfléchir sur la question du « moi » dans les littératures française et d’expression française, tant sur le plan thématique que sur le plan de la réception et de la critique littéraire. Ainsi, des articles portant sur des thématiques déjà identifiées, mais aussi sur des approches nouvelles, fruit de croisements disciplinaires ou de questionnements inédits ayant pour base les théories linguistiques, littéraires et didactiques, seront accueillis dans le numéro 27 de la revue.

Voici quelques pistes d’études envisageables :

–          L’autofiction avant l’autofiction : œuvres littéraires et critiques
–          L’ère de l’autofiction : dernier tiers du XXème siècle
–          Les propositions autofictionnelles au XXIème siècle
–          L’autofiction à partir de la littérature comparée : influences de et sur les auteurs du monde francophone
–          Problématiques et défis théoriques-critiques de la littérature autofictionnelle
–          L’écriture du moi versus d’autres genres textuels
–          Approches linguistiques de l´écriture du moi

  1. b) Une sélection de Varia pour des travaux de recherche sur des sujets divers concernant la littérature/culture, la réception/traduction, la linguistique/didactique, etc., dans le domaine de la langue française ou dans le rapport que celle-ci entretient avec d’autres langues.
  2. c) Une section Comptes rendus.

La date limite de réception d’articles et de comptes rendus sera le 30 Mai 2019. Les propositions seront envoyées à travers notre site web, et il faudra pour cela créer un compte d´utilisateur (http://revistas.um.es/analesff/user/register) en suivant les indications. En cas de doute, nous vous prions de contacter par courriel Concepción Palacios (concha@um.es) ou Mercedes Eurrutia (mercedes.eurrutia@um.es). Tous les articles reçus seront soumis à deux évaluateurs anonymes. Pour que l’article puisse être publié dans Anales de Filología Francesa, deux évaluations favorables sont indispensables. Les articles devront être conformes aux normes d’édition stipulées sur notre site  (http://revistas.um.es/analesff/about) Les auteurs peuvent s’y reporter ainsi qu’aux numéros précédents de la revue, à titre de référence.

En attendant votre participation, recevez nos salutations distinguées.

Mercedes Eurrutia

Concha Palacios

Soirée Yves Navarre (mairie du 4e, 8 novembre, 18h30)

À l’occasion du lancement du volume 1 des Œuvres complètes d’Yves Navarre , les Amis d’Yves Navarre et H&0 Éditions vous convient à une soirée  à la mairie du IVe arrondissement de Paris le 8 novembre à 18h30.

Pour y participer, il est nécessaire de vous inscrire préalablement à cette adresse. Vous pouvez aussi obtenir informations et renseignements auprès de Karine Baudoin à l’adresse : contact[arobase]amis-yvesnavarre.org

 

Voir le communiqué de presse.

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Œuvres complètes d’Yves Navarre : une vie offerte en partage.

Les éditions H&O, avec le soutien des Amis d’Yves Navarre, publient le premier opus des Œuvres complètes d’Yves Navarre. Ce bel ouvrage de plus de 1300 pages couvre les années 1971-1974. Il comprend quatre romans, six pièces de théâtre, un recueil de poèmes et une nouvelle. Les lectrices et lecteurs découvriront un roman et une pièce de théâtre inédits, ainsi qu’un album de photographies. Les présentations de Sylvie Lannegrand et les commentaires de Philippe Leconte éclairent chaque texte, leur genèse ainsi que leur accueil à une époque où les mots de cet auteur hors du commun administrèrent un véritable électrochoc à la littérature française.

Les éditions H&O entament la publication des Œuvres complètes d’Yves Navarre. Une décision prise avec les responsables moraux de l’œuvre et avec le Bureau de l’association Les amis d’Yves Navarre, impliqué dans ce vaste travail éditorial. Selon Henri Dhellemmes, directeur de H&O, une dizaine de volumes sera nécessaire pour révéler l’intégralité de la production navarrienne au public. En effet, le Prix Goncourt 1980 a publié une trentaine de romans et une quinzaine de pièces de théâtre entre 1971 et 1994. Un recueil de poèmes ainsi que certains textes ont été publiés de manière posthume, mais un grand nombre de romans, de pièces de théâtre, de nouvelles ainsi que des scénarii et des chansons demeurent inédits.

Ce premier volume regroupe les textes publiés ou rédigés entre 1970 et 1974, l’ordre chronologique permettant de suivre le parcours littéraire et biographique de l’auteur. Une introduction générale replace l’œuvre et l’auteur dans le contexte social et littéraire de l’époque et dégage les traits saillants d’une écriture originale, parfois provocatrice, souvent nostalgique et poétique, où les aléas de l’expérience individuelle rejoignent les préoccupations du plus grand nombre. Suivent une notice méthodologique qui rend compte des choix éditoriaux, une chronologie allant de la naissance d’Yves Navarre à la publication du premier tome de théâtre, et un cahier de photographies provenant des albums personnels de l’auteur. Chaque texte est encadré par un appareil critique dont les deux éléments se complètent pour fournir un cadre explicatif détaillé : une présentation de l’universitaire Sylvie Lannegrand situe le texte par rapport à l’ensemble de la production littéraire d’Yves Navarre et en dégage les principales caractéristiques. Un commentaire du chercheur Philippe Leconte s’appuie sur des documents d’archives, principalement le Journal inédit de l’auteur (déposé à Bibliothèque et Archives nationales du Québec) et le fonds John Robert Kaiser / Yves Navarre (Penn State University), pour en éclairer certains aspects et donner des éléments précieux sur sa rédaction et sa réception. L’ensemble permet pour la première fois de disposer d’éléments essentiels pour l’analyse et la compréhension de chaque texte et, par-delà, d’apprécier la qualité, l’originalité et l’importance de l’œuvre d’Yves Navarre.

Composition du volume 1971-1974

• Romans : Lady Black, Sin-King City (inédit), Évolène, Les Loukoums.
• Poèmes : Chants de tout et de rien, Chants de rien du tout.
• Nouvelle : La Visite de Putitin.
• Théâtre : La Voleuse de bigoudis (inédit), Il pleut si on tuait papa-maman, Dialogue de sourdes, Freaks Society, Champagne, Les Valises.

Éditions H&0 : https://ho-editions.com (commande en ligne possible).