Soutenance de thèse de Sara Ziaee Shirvan (17 décembre 2021, 14 h, ENS Jourdan)

Nous avons le grand plaisir de vous annoncer que Sara Ziaee Shirvan, membre de l’équipe A&C, soutiendra le 17 décembre 2021 à 14h00 sa thèse intitulée : « La reconstruction de l’identité personnelle par la photographie, dans les autobiographies d’Annie Ernaux, d’Anny Duperey, d’Hervé Guibert et de Lydia Flem ».

Adresse: ENS Jourdan, 48 boulevard Jourdan, Paris 14e, Salle R1-08

Le passe sanitaire sera obligatoire

L’accident, l’abus sexuel, le viol, le harcèlement moral, la violence, l’humiliation sociale et professionnelle ou encore la guerre sont parmi des causes probables du traumatisme d’un individu pour qui des effets post-traumatiques peuvent être omniprésents durant plusieurs années, et paralyser conséquemment certains aspects ou la totalité de sa vie.

Edvard Munch, Le Cri

La présence du traumatisme dans la littérature, qui n’a pas seulement attiré l’attention de nombreux écrivains, mais aussi des théoriciens, des philosophes ou encore des psychologues, nous a mené à nous demander de quelle manière l’événement traumatisant – qui rend l’individu sidéré et le pousse dans l’ombre et le silence – peut paraître dans la littérature et être traduit par elle. Notre hypothèse consiste ainsi à tenter de prouver comment l’auteur, après l’expérience d’un événement traumatisant, reconstruit son identité dans un récit de soi et à examiner quel est le rôle de la photographie dans ce processus de reconstruction. Les quatre auteurs de notre corpus – Annie Ernaux, Anny Duperey, Hervé Guibert et Lydia Flem –, ont été choisis selon deux points essentiels qu’ils ont en commun : l’expérience traumatisante, qui est exprimée dans leurs récits de soi, et l’emploi de la photographie pour réaliser ou accomplir leur pratique littéraire. La problématique qui apparaît est que, premièrement, la notion d’identité est assez complexe à définir et qu’elle doit être considérée dans ses rapports, d’un côté, au temps et aux différents composants de l’identité et, de l’autre côté, au soi et à autrui ; deuxièmement dans certains cas, comme la maladie, la souffrance, la honte et les tabous sociaux ou encore la perte des proches, les événements traumatisant ne peuvent pas être racontés et mis en scène à cause des manques langagières, des refoulement et des oublis. Les projets de la narration exigent, par conséquent, l’usage d’un dispositif photographique pour permettre aux auteurs d’exprimer l’indicible et le refoulé. C’est dans cette perspectif que la photographie et la littérature se croisent et qu’une étude psychanalytique (particulièrement les notions du traumatisme, de la résilience, ou des actes manqués) permettra d’analyser plus profondément la quête identitaire des auteurs.

Ainsi, dans ces recherches, nous nous appuyons sur des axes d’études divers tels que sociologiques, psychanalytiques ou philosophique, afin d’analyser certaines questions-clés autour du concept de l’identité, de la photographie et son essence, du récit de soi et de ses fonctions dans la reconstruction de l’identité, du traumatisme et de ses effets sur la vie, ou encore de la photographie en tant que genre hybride.

MOTS CLÉS

Récit de soi, Traumatisme, Identité, photographie, photobiographie

Si vous souhaitez assister à la soutenance, contactez autobiosphere[arobase]orange.fr, qui transmettra.

ABSTRACT

An accident, a sexual assault, a rape, a moral harassment, any type of abuse or violence, social and professional humiliation or even war are among the probable causes of an individual’s trauma for whom post-traumatic effects can be omnipresent for several years, and consequently paralyze certain aspects or even his whole life.

The presence of trauma in literature, which has attracted the attention not only of many writers, but also theorists, philosophers and psychologists, has led us to wonder how the traumatic event – which makes the individual staggered and pushes him into shadow and silence – can appear in the literature, and be interpreted by it.

Our hypothesis thus consists in trying to prove how the author, after the experience of a traumatic event, reconstructs his identity in a self-narrative and to examine what is the role of photography in this reconstruction process. The four authors of our corpus – Annie Ernaux, Anny Duperey, Hervé Guibert and Lydia Flem – were chosen according to two essential points they have in common: the traumatic experience, which is expressed in their self- narratives and the use of photography to achieve or accomplish their literary practice.

The problem that emerges at first is that the notion of identity is quite complex to define and it must be considered in its relations, on one hand, to time and to the different components of identity and, on the other hand, to oneself and to the others; Secondly, in some cases, such as illness, suffering, shame and social taboos or the loss of loved ones, traumatic events cannot be recounted and staged because of language gaps, repressions and forgetfulness. For these reasons, self-narrative projects require the use of a photographic device to enable authors to express the unspeakable and the repressed. It is in this perspective that photography and literature intersect and that a psychoanalytic study (particularly the notions of trauma, resilience, or faulty acts) will allow a more in-depth analysis of the authors’ quest for identity.

Therefore, in this research, we rely on various axes of study such as sociological, psychoanalytic or philosophical, in order to analyze certain key questions around the concept of identity, of photography and its essence, of self-narrative and its functions in reconstructing identity, trauma and its effects on life, or photo-biography as a hybrid genre.

KEYWORDS

Autobiography narratives, Trauma, Identity, Photography, Photobiography

Soutenance d’HDR de Caroline Bérenger (Lundi 29 novembre, 13h30, Caen)

Caroline Bérenger, membre de l’équipe et spécialiste de littérature russe, nous transmet ce message :

Chers amis et collègues,

J’ai le plaisir de vous annoncer que je soutiendrai mon Habilitation à diriger des recherches lundi 29 novembre à 13h30 dans la salle des Actes de la MRSH de l’université de Caen.

Les figures de l’inspiration. La poésie russe comme dialogue d’Alexandre Pouchkine à Joseph Brodsky

Cette étude envisage la poésie russe comme un dialogue dont le motif central serait l’inspiration. Elle interroge les mécanismes de circulation de la « mémoire culturelle » : comment certains poèmes se sont-ils diffusés dans l’imaginaire collectif ? Au croisement des théories poétiques russe et française, du formalisme au structuralisme, du dialogisme à l’intertextualité, nous explorons la « matière du vers », en observant les interactions qui s’exercent entre « le mètre et le sens », entre le fond et la forme qui s’entremêlent et parfois s’inversent. À partir de microanalyses stylistiques et de relevés de terrain, nous tentons de dégager des tendances pour mettre en évidence quelques traits spécifiques de la poésie russe.

Au début du XIXe siècle, l’école de la précision harmonieuse autour d’Alexandre Pouchkine a inventé une nouvelle langue dédiée à l’expression lyrique, indissociable d’un sous-texte politique. Si l’Âge d’or ouvre le chemin de la poésie russe, l’Âge d’argent le porte à l’avant-garde du XXe siècle. La création verbale passe par l’invention d’une science de la littérature. Les courants de la modernité, symbolisme, acméisme, futurisme, révèlent le fonctionnement de l’objet poétique. L’architecture du poème se décline en formes-édifices, labyrinthe, cathédrale, perspective, hyper-lieu de la culture russe. La place du poète dans la société et son rôle dans l’histoire ont érigé sa légende. Le « pacte lyrique » lui assigne une responsabilité collective et une mission sacrificielle ; la « personnalité littéraire » construit une image héroïque de l’homme issue de ses vers ; le « matériau empathique » recueille les voix anonymes, relais de l’œuvre interdite. Le processus de visualisation déploie un voyage dans l’imaginaire, une « télépoésie », fondée sur l’énergie des archétypes : images motrices, visions, icônes, totems. Des présences furtives, oiseaux et papillons, rendent visible le souffle de l’inspiration, ce sont les « figures vives » qui manifestent une pensée créatrice en mouvement, une poétique de l’écriture d’Alexandre Pouchkine à Joseph Brodsky.

Le jury est composé de :

Mme Florence Corrado-Kazanski, Université Bordeaux Montaigne
M. Régis Gayraud, Université Clermont Auvergne
Mme Hélène Henry-Safier, Université Paris Sorbonne
M. Jérôme Laurent, Université Caen Normandie
M. Michel Niqueux, garant, Université Caen Normandie
Mme Tatiana Victoroff, Université Strasbourg

 Bien cordialement,

Caroline Bérenger