Appel à contribution en vue de l’inventaire raisonné de Beaumarchais

Linda Gil était venue à l’automne nous présenter l’édition électronique de la correspondance de Beaumarchais. Dans ce cadre, elle est à la recherche de l’ensemble des lettres de l’auteur, et nous transmettons l’annonce suivante.

« Dans le cadre du nouveau projet d’inventaire raisonné et d’édition de la correspondance intégrale de Beaumarchais, l’université Paul-Valéry de Montpellier invite les possesseurs de lettres manuscrites de l’écrivain (publiées ou inédites, autographes ou allographes) à contacter linda.gil@univ-montp3.fr. »Dans le cadre du nouveau projet d’inventaire raisonné et d’édition de la correspondance intégrale de Beaumarchais, l’université Paul-Valéry de Montpellier invite les possesseurs de lettres manuscrites de l’écrivain (publiées ou inédites, autographes ou allographes) à contacter linda.gil@univ-montp3.fr. »

Nous en profitons pour relayer l’annonce d’un colloque co-organisé par Linda Gil et consacré à L’Europe de Beaumarchais qui se tiendra à Paris, à la Comédie française et en Sorbonne, les 20 et 21 janvier prochains. Il sera également possible de suivre le colloque à distance. Le programme se trouve en pièce jointe.

En v’là des mots en v’là : nouveau portail du dictionnaire de l’Académie (Laurent Catach)

Parce que derrière l’autobiographe se cache (parfois) le lexicographe, que les mots pour le dire comptent, et que les dictionnaires en sont une mine, nous sommes heureux de relayer l’annonce de notre ami Laurent Catach, chargé de mission auprès de l’Académie française et Membre des Commissions de terminologie et de néologie (DGLFLF/Ministère de la Culture), qui nous informe qu’une nouvelle version du portail du Dictionnaire de l’Académie française a été mise en ligne le 28 novembre dernier, à l’adresse : https://www.dictionnaire-academie.fr

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Outre une refonte de la page d’accueil, et l’intégration des derniers travaux de l’Académie sur la 9e édition (jusqu’à Sommairement), la grande nouveauté de cette version est le module de recherches avancées, qui permet d’effectuer des explorations tout à fait inédites sur le corpus des neuf éditions (20 tomes imprimés, 250000 articles), en proposant divers critères de recherche qui peuvent être combinés. Il est ainsi désormais possible de faire des recherches en texte intégral, par domaines, sur les étymologies, sur les mots apparus ou disparus, etc., sur une ou plusieurs éditions du Dictionnaire.

Ces recherches avancées s’adressent sans doute plutôt à des utilisateurs avertis, cependant elles peuvent également intéresser un public plus large, et ouvrent également à de multiples scénarios pédagogiques, utiles aux enseignants et apprenants du français.

Une autre nouveauté de cette version est l’intégration de liens hypertextes vers le Dictionnaire des régionalismes de France (le DRF, de Pierre Rézeau), dont une édition numérique a été développée en 2020. Voyez par exemple les articles bauge ou reprocher.

Ces liens prolongent la démarche originale d’ouverture du portail du Dictionnaire de l’Académie, pour renvoyer à des ressources de qualité disponibles en ligne, sur la terminologie (FranceTerme), la francophonie (BDLP, OQLF) et désormais les régionalismes (DRF).

Enfin, le portail poursuit sa compatibilité concernant l’accessibilité, travail réalisé en 2021 qui a été amélioré dans cette version. Nous poursuivons également notre partenariat avec la Fédération des aveugles et amblyopes de France sur ce projet.

Vous pourrez en savoir plus sur cette nouvelle version en consultant les informations suivantes :
https://www.dictionnaire-academie.fr/nouveautes
https://www.dictionnaire-academie.fr/RecherchesAv
Voyez également le tutoriel de présentation qui a été réalisé cette année sur le portail du Dictionnaire.

Dernière information : la fréquentation du portail aura bientôt triplé depuis son lancement début 2019.

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Laurent Catach sera heureux de collecter vos remarques et suggestions sur ce projet, qui continuera d’évoluer en 2023.
Pour le contacter : https://www.4h-conseil.fr/

Annie Ernaux prix Nobel de littérature

Annie Ernaux (2021) © Jean-Luc Bertini (source : En attendant Nadeau)

Autobiosphère adresse ses sincères félicitations à Annie Ernaux pour le prix Nobel de littérature qui lui a été décerné le 6 octobre 2022. À travers son œuvre, Annie Ernaux a su faire résonner avec une force, une puissance et une dignité inédites la voix autobiographique, et montrer qu’au rebours d’un repli narcissique, dire je pouvait être la manière plus sincère et la plus ambitieuse de dire nous.

Vous trouverez un petit récapitulatif des articles et chroniques lui ont été consacrés dans ces colonnes.

Encore bravo à elle !

La force éclatante du désir : Annie Ernaux, Le Jeune Homme (Hélène Gestern)
Les Années, vers une autobiographie sociale (V. Montémont)
Annie Ernaux : La Chambre d’échos (V. Montémont)
Annie Ernaux : Avorter : scandale (V. Montémont)
Lancement du site Annie Ernaux (avril 2019)
Ania Wroblewski : La vie des autres. Sophie Calle et Annie Ernaux, artistes hors-la-loi
Genèse de l’autobiographie, anthologie d’études de Catherine Viollet (éditions Ixe, 2021)
Soutenance de thèse de Sara Ziaee Shirvan (17 décembre 2021, 14 h, ENS Jourdan)
et l’édito de Françoise Simonet-Tenant pour le site Ecrisoi : « Annie Ernaux ou le triomphe de la non-fiction« .

 

Inauguration du GIS « Le sujet dans la cité » (reportée au 30 septembre 2022, campus Condorcet, 9h-13h30)

Notre amie Christine Delory-Momberger nous annonce  l’inauguration du GIS LE SUJET DANS LA CITE Sorbonne Paris Nord-Campus Condorcet qui devait initialement avoir lieu le 11 avril 2022 (9h-12h30), mais qui est reportée au 30 septembre à la Maison des Sciences de l’homme Paris-Nord (93210, Saint-Denis). Vous trouverez au bas de cette annonce une courte présentation de ce GIS, l’invitation et le programme de la matinée.

Ce GIS LE SUJET DANS LA CITE ouvre un espace renouvelé de la recherche biographique dans une attention renforcée et une interrogation critique sur le Sujet et la Cité dans ce monde incertain qui est devenu le nôtre. Nous pourrions dans ce cadre continuer à penser ensemble nos objets de recherche communs.
Dis-nous si tu peux venir pour que tu sois inscris sur la liste des participants et ce serait formidable si tu pouvais partager cette invitation à l’inauguration du GIS LSC dans ton réseau et / ou en l’envoyant à des personnes susceptibles d’être intéressées par le projet en leur demandant de t’inscrire auprès de Anne Dizerbo pour une meilleure gestion de l’événement : dizerboanne[arobase]sujetdanslacite.org 

Cette inauguration devrait être un moment de rassemblement.

Le GIS LE SUJET DANS LA CITE Sorbonne Paris Nord-Campus Condorcet est un Groupement d’Intérêt Scientifique qui réunit des universités, des laboratoires de recherche, des associations, des partenaires professionnels. Il a pour objet de renforcer et de structurer un réseau international de recherche, de pratiques et de formation autour d’une orientation commune présentant un point fort sur le plan scientifique et professionnel : le paradigme du biographique comme approche spécifique des sciences humaines et sociales visant à explorer la dimension constitutive des processus d’individuation, de subjectivation, de socialisation dans le développement et la formation des sujets et de leur pouvoir d’agir.

En mettant en relation d’interaction « le sujet » (en tant que processus et devenir de l’être individuel) et « la Cité » (au sens de la polis grecque, des formes organisées que se donnent les collectivités humaines), le GIS LE SUJET DANS LA CITE entend mettre l’accent sur la manière dont les constructions individuelles prennent effet dans des environnements historiques, culturels, sociaux, économiques, politiques, et dont les espaces collectifs sont agis, signifiés, transformés par les acteurs individuels.

Lien sur le formulaire d’inscription : https://forms.gle/2sG6ExUVCu1NPvKZA


Rencontre autour de la collection « Vivre/Ecrire » à la Médiathèque Violette Leduc (5 mars 2022, de 15h30 à 16h30)

Temps fort Langue française / De l’histoire intime des français au XXe siècle !

À l’occasion du dixième anniversaire des éditions du Mauconduit, et de la création de « Vivre/écrire », une nouvelle collection de recueils thématiques de textes autobiographiques, rencontre avec Elizabeth Legros Chapuis et Véronique Leroux-Hugon, deux des auteures qui les ont réunis et présentés, en présence de Laurence Santantonios, fondatrice et directrice de cette maison d’édition.

Une bibliothèque de l’histoire intime des français. Il existe un lieu fabuleux où sont conservés et consultés des milliers de manuscrits inédits déposés par des inconnus : les archives de l’association pour l’Autobiographie et le Patrimoine Autobiographique (APA). À partir de ces « écritures ordinaires », Mauconduit, qui fête ses dix ans en 2022, a imaginé constituer peu à peu une bibliothèque de l’histoire intime des français au XXe siècle. Cette nouvelle collection « Vivre/écrire » est composée de recueils thématiques de textes autobiographiques, réunis et présentés par un chercheur ou une chercheuse : l’exil, l’évasion des prisonniers de guerre, le transfuge de classe, l’amour, les cheminots, les femmes dans la guerre…

 » Raconter les années du XXe siècle à aujourd’hui à travers les journaux intimes, les lettres, les archives de ceux « qui font l’histoire sans savoir qu’ils la font « , c’est une entreprise magnifique et sans exemple qui m’a d’emblée enthousiasmée. Pouvoir lire comment les gens ont vécu, aimé, regardé le monde, traversé les événements, a quelque chose de profondément émouvant. Tout cela a été possible grâce aux archives de l’APA qui constituent une formidable mémoire des vies dans le temps. » Annie Ernaux, le 10/11/2021.

Vivre/écrire. Deux premiers titres le 21 janvier : Amoureux, Lettres d’amour retrouvées, réunies et présentées par Véronique Leroux-Hugon ; Femmes dans la guerre, Témoignages, 1939-1945, réunis et présentés par Hélène Gestern ; deux autres le 4 mars 2022 : Évadés, Récits de prisonniers de guerre, 1939-1945, réunis et présentés par Philippe Lejeune ; Exilés, Récits autobiographiques, réunis et présentés par Elisabeth Legros Chapuis. Éditions du Mauconduit.

Gratuit sur réservation à : mediatheque.violette-leduc@paris.fr

Lieu : Médiathèque Violette Leduc
18 rue Faidherbe, Paris 11e

Date et heure : Le samedi 5 mars 2022
De 15 h à 16 h 30

Gratuit
Uniquement sur réservation

Plus d’informations

Jocelyne François : « Car vous ne savez  ni le jour ni l’heure »  Journal 2008-2018. Préface de René de Ceccatty (Les Moments littéraires, hors-série n°4)

Les Moments littéraires nous informent de la parution prochaine d’un hors-série n°4, un nouveau tome du journal de Jocelyne François intitulé « Car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». Journal 2008-2018. (Préface de René de Ceccatty)

Le livre 

« Le journal que tient Jocelyne François depuis plus de soixante ans fait partie intégrante de son œuvre entièrement inspirée de sa vie. Non pas seulement qu’elle puise, comme tout écrivain, les thèmes de ses livres dans des événements capitaux de sa vie, mais parce qu’elle ne conçoit pas d’écrire sans analyser ce qui donne un sens aux choix fondamentaux de son existence de femme », souligne fort justement René de Ceccatty dans sa préface.

Après Le Cahier vert, journal 1961-1989 (Mercure de France, 1990), Une vie d’écrivain, journal 1990-2000 (Mercure de France, 2001) et Le Solstice d’hiver, journal 2001-2007 (Mercure de France, 2009), « Car vous ne savez ni le jour ni l’heure », journal 2008-2018, le nouvel opus du journal de Jocelyne François, nous donne des nouvelles d’une écrivaine. Onze années d’amour, de travail, de renoncement, de douleurs et de courage. 

L’auteure  

Jocelyne François est née à Nancy le 3 juillet 1933. Romancière, poétesse et diariste française, elle reçoit en 1980 le prix Femina pour son troisième roman, Joue-nous « España », et le prix Erckmann-Chatrian, en 2001, pour Portrait d’homme au crépuscule


Le bulletin de souscription (téléchargeable en cliquant sur le lien ci-dessous) est à retourner avant le 30 mars 2022 avec votre règlement à :


LES MOMENTS LITTÉRAIRES
BP 90986
75829 Paris Cedex 17
https://www.lesmomentslitteraires.fr/

Naissance de la collection Vivre/Écrire, aux éditions du Mauconduit (janvier 2022)

Il y a maintenant un an et demi, Laurence Santantonios, fondatrice des éditions du Mauconduit, chez qui on a pu lire, entre autres, Un amour de la route, les lettres de Margaret Blossom Douthat à Simone de Beauvoir ou encore les Lettres inédites à Jean Charles-Brun de Renée Vivien, lançait une réflexion auprès de l’Association pour l’Autobiographie, l’APA. Son souhait était de dynamiser, par une entreprise éditoriale, la valorisation du fonds de l’Association, qui comporte aujourd’hui plus de trois mille textes. Des voix rares, précieuses, préservées de l’oubli par le dépôt à Ambérieu-en-Bugey, mais qui, dans bien des cas, mériteraient d’être davantage mises en lumière, tant est vibrante l’expérience qu’elles relatent, qu’il s’agisse d’événements intimes ou de circonstances liées à l’Histoire. Celle-ci, qui a parfois a imprimé sa trace dans les plis des destinées individuelles ou des quotidiennes, nous apparaît sous un jour nouveau ; et qu’elle soit portée par ces écritures qu’on dit « ordinaires » (ce qui n’empêche pas leur richesse stylistique) ne la rend que plus captivante.

Laurence Santantonios a alors confié à quatre apaïstes, chercheurs, bibliothécaires, journalistes, la tâche de composer une anthologie à partir de ces textes, sur les thèmes de leur choix. Quatre livres en sont nés : Amoureux. Lettres d’amour retrouvées (textes réunis et présentés par Véronique Leroux-Huguon), Évadés. Récits de prisonniers de guerre, 1940-1943 (par Philippe Lejeune), Exilés. Récits autobiographiques (par Elizabeth Legros-Chapuis), Femmes dans la guerre, Témoignages 1939-1945 (par Hélène Gestern). Pour chaque volume, une préface, une sélection de textes, transcrits en respectant au près le style de l’auteur, et des notes, lorsqu’elles se sont révélées nécessaires pour éclairer la lecture.

La composition de ces volumes, qui assemble un matériau pas comme les autres, des récits précieux, douloureux, brûlants ou émouvants, a obéi à un long et patient processus de travail éditorial de recherche dans le fonds (avec l’appui de Florent Gallien), puis de lecture, transcription, choix des textes et recherche des ayants-droits. Faute d’avoir pu présenter ces livres comme il était prévu au séminaire en janvier 2022, nous avons décidé de revenir, sous la forme d’une série de questions réponses/à, écrites et filmées, à l’éditrice et aux auteurs des volume, sur la genèse non pas des textes, mais de leur édition : avec les joies qu’elle a pu réserver à celles et ceux qui s’étaient lancés dans l’aventure, mais aussi les obstacles qu’ils ont pu rencontrer. Nous leur donnons la parole sur cette page.

>> Lire la page de la présentation et des interviews, c’est ici !

Parution : « Aimer c’est écrire, et vice-versa ». Violette Leduc, passionnément. Etudes de Catherine Viollet, éditées par Anaïs Frantz (Ixe, 2022)

« J’ouvrirai le sexe d’Isabelle,
j’écrirai dedans avec mon encre bleue »

Aimer, c’est écrire”, déclare Violette Leduc dans une lettre à Simone de Beauvoir, celle qui durant toute sa vie d’écrivaine fut son modèle, son “interlocutrice privilégiée”, son impossible amour. ”Et vice versa”, ajoute Catherine Viollet dans une inversion lumineuse qui vaut aussi bien pour elle, tant elle aura mis de passion, d’attention et d’amour dans ses études de l’œuvre de Violette.

Comme son ami Jean Genet, mais à partir de son expérience de jeune fille lesbienne, de femme bisexuelle, Violette Leduc voulait écrire la vérité de l’amour physique – le désir, le plaisir charnel, les sensations érotiques du corps à corps et du peau contre peau. “Combien je voudrais notre viande nue sur la feuille de cahier”, réaffirme-t-elle encore dans La Folie en tête, l’un des derniers livres parus de son vivant.

Entreprise audacieuse, passionnément poursuivie malgré la censure de ses éditeurs et dont il lui est maintes fois arrivé de douter. Catherine Viollet en retrace ici le processus contrarié, déchiffre les “manuscrits millefeuilles” de l’écrivaine, son œuvre palimpseste maintes fois reprise, remaniée, amputée. Avec le projet – fou sans doute, mais qui trouvera peut-être à se réaliser – qu’un jour enfin les romans largement autobiographiques de Violette Leduc paraissent tels que Violette les avait écrits.

Un lancement du livre aura lieu le 9 février 2022 à 19h à la Librairie Violette and co au 102 rue de Charonne, 75011 Paris.


Chercheuse à l’Institut des Textes et Manuscrits modernes (ITEM, CNRS), Catherine Viollet s’était spécialisée dans la génétique des textes: l’étude des brouillons d’une oeuvre avant publication, avec les biffures, les ratures, les retouches témoignant du travail d’écriture.

Son précédent livre, Genèse de l’autobiographie (Éditions iXe, 2021), rassemble quelques-unes de ses études sur les manuscrits de Violette Leduc, Annie Ernaux, Marcel Proust, Christiane Rochefort, Simone de Beauvoir, Ingeborg Bachman et Christa Wolf.


Commander en librairie ou sur le site des éditions iXe

Soutenance de thèse de Sara Ziaee Shirvan (17 décembre 2021, 14 h, ENS Jourdan)

Nous avons le grand plaisir de vous annoncer que Sara Ziaee Shirvan, membre de l’équipe A&C, soutiendra le 17 décembre 2021 à 14h00 sa thèse intitulée : « La reconstruction de l’identité personnelle par la photographie, dans les autobiographies d’Annie Ernaux, d’Anny Duperey, d’Hervé Guibert et de Lydia Flem ».

Adresse: ENS Jourdan, 48 boulevard Jourdan, Paris 14e, Salle R1-08

Le passe sanitaire sera obligatoire

L’accident, l’abus sexuel, le viol, le harcèlement moral, la violence, l’humiliation sociale et professionnelle ou encore la guerre sont parmi des causes probables du traumatisme d’un individu pour qui des effets post-traumatiques peuvent être omniprésents durant plusieurs années, et paralyser conséquemment certains aspects ou la totalité de sa vie.

Edvard Munch, Le Cri

La présence du traumatisme dans la littérature, qui n’a pas seulement attiré l’attention de nombreux écrivains, mais aussi des théoriciens, des philosophes ou encore des psychologues, nous a mené à nous demander de quelle manière l’événement traumatisant – qui rend l’individu sidéré et le pousse dans l’ombre et le silence – peut paraître dans la littérature et être traduit par elle. Notre hypothèse consiste ainsi à tenter de prouver comment l’auteur, après l’expérience d’un événement traumatisant, reconstruit son identité dans un récit de soi et à examiner quel est le rôle de la photographie dans ce processus de reconstruction. Les quatre auteurs de notre corpus – Annie Ernaux, Anny Duperey, Hervé Guibert et Lydia Flem –, ont été choisis selon deux points essentiels qu’ils ont en commun : l’expérience traumatisante, qui est exprimée dans leurs récits de soi, et l’emploi de la photographie pour réaliser ou accomplir leur pratique littéraire. La problématique qui apparaît est que, premièrement, la notion d’identité est assez complexe à définir et qu’elle doit être considérée dans ses rapports, d’un côté, au temps et aux différents composants de l’identité et, de l’autre côté, au soi et à autrui ; deuxièmement dans certains cas, comme la maladie, la souffrance, la honte et les tabous sociaux ou encore la perte des proches, les événements traumatisant ne peuvent pas être racontés et mis en scène à cause des manques langagières, des refoulement et des oublis. Les projets de la narration exigent, par conséquent, l’usage d’un dispositif photographique pour permettre aux auteurs d’exprimer l’indicible et le refoulé. C’est dans cette perspectif que la photographie et la littérature se croisent et qu’une étude psychanalytique (particulièrement les notions du traumatisme, de la résilience, ou des actes manqués) permettra d’analyser plus profondément la quête identitaire des auteurs.

Ainsi, dans ces recherches, nous nous appuyons sur des axes d’études divers tels que sociologiques, psychanalytiques ou philosophique, afin d’analyser certaines questions-clés autour du concept de l’identité, de la photographie et son essence, du récit de soi et de ses fonctions dans la reconstruction de l’identité, du traumatisme et de ses effets sur la vie, ou encore de la photographie en tant que genre hybride.

MOTS CLÉS

Récit de soi, Traumatisme, Identité, photographie, photobiographie

Si vous souhaitez assister à la soutenance, contactez autobiosphere[arobase]orange.fr, qui transmettra.

ABSTRACT

An accident, a sexual assault, a rape, a moral harassment, any type of abuse or violence, social and professional humiliation or even war are among the probable causes of an individual’s trauma for whom post-traumatic effects can be omnipresent for several years, and consequently paralyze certain aspects or even his whole life.

The presence of trauma in literature, which has attracted the attention not only of many writers, but also theorists, philosophers and psychologists, has led us to wonder how the traumatic event – which makes the individual staggered and pushes him into shadow and silence – can appear in the literature, and be interpreted by it.

Our hypothesis thus consists in trying to prove how the author, after the experience of a traumatic event, reconstructs his identity in a self-narrative and to examine what is the role of photography in this reconstruction process. The four authors of our corpus – Annie Ernaux, Anny Duperey, Hervé Guibert and Lydia Flem – were chosen according to two essential points they have in common: the traumatic experience, which is expressed in their self- narratives and the use of photography to achieve or accomplish their literary practice.

The problem that emerges at first is that the notion of identity is quite complex to define and it must be considered in its relations, on one hand, to time and to the different components of identity and, on the other hand, to oneself and to the others; Secondly, in some cases, such as illness, suffering, shame and social taboos or the loss of loved ones, traumatic events cannot be recounted and staged because of language gaps, repressions and forgetfulness. For these reasons, self-narrative projects require the use of a photographic device to enable authors to express the unspeakable and the repressed. It is in this perspective that photography and literature intersect and that a psychoanalytic study (particularly the notions of trauma, resilience, or faulty acts) will allow a more in-depth analysis of the authors’ quest for identity.

Therefore, in this research, we rely on various axes of study such as sociological, psychoanalytic or philosophical, in order to analyze certain key questions around the concept of identity, of photography and its essence, of self-narrative and its functions in reconstructing identity, trauma and its effects on life, or photo-biography as a hybrid genre.

KEYWORDS

Autobiography narratives, Trauma, Identity, Photography, Photobiography

Soutenance d’HDR de Caroline Bérenger (Lundi 29 novembre, 13h30, Caen)

Caroline Bérenger, membre de l’équipe et spécialiste de littérature russe, nous transmet ce message :

Chers amis et collègues,

J’ai le plaisir de vous annoncer que je soutiendrai mon Habilitation à diriger des recherches lundi 29 novembre à 13h30 dans la salle des Actes de la MRSH de l’université de Caen.

Les figures de l’inspiration. La poésie russe comme dialogue d’Alexandre Pouchkine à Joseph Brodsky

Cette étude envisage la poésie russe comme un dialogue dont le motif central serait l’inspiration. Elle interroge les mécanismes de circulation de la « mémoire culturelle » : comment certains poèmes se sont-ils diffusés dans l’imaginaire collectif ? Au croisement des théories poétiques russe et française, du formalisme au structuralisme, du dialogisme à l’intertextualité, nous explorons la « matière du vers », en observant les interactions qui s’exercent entre « le mètre et le sens », entre le fond et la forme qui s’entremêlent et parfois s’inversent. À partir de microanalyses stylistiques et de relevés de terrain, nous tentons de dégager des tendances pour mettre en évidence quelques traits spécifiques de la poésie russe.

Au début du XIXe siècle, l’école de la précision harmonieuse autour d’Alexandre Pouchkine a inventé une nouvelle langue dédiée à l’expression lyrique, indissociable d’un sous-texte politique. Si l’Âge d’or ouvre le chemin de la poésie russe, l’Âge d’argent le porte à l’avant-garde du XXe siècle. La création verbale passe par l’invention d’une science de la littérature. Les courants de la modernité, symbolisme, acméisme, futurisme, révèlent le fonctionnement de l’objet poétique. L’architecture du poème se décline en formes-édifices, labyrinthe, cathédrale, perspective, hyper-lieu de la culture russe. La place du poète dans la société et son rôle dans l’histoire ont érigé sa légende. Le « pacte lyrique » lui assigne une responsabilité collective et une mission sacrificielle ; la « personnalité littéraire » construit une image héroïque de l’homme issue de ses vers ; le « matériau empathique » recueille les voix anonymes, relais de l’œuvre interdite. Le processus de visualisation déploie un voyage dans l’imaginaire, une « télépoésie », fondée sur l’énergie des archétypes : images motrices, visions, icônes, totems. Des présences furtives, oiseaux et papillons, rendent visible le souffle de l’inspiration, ce sont les « figures vives » qui manifestent une pensée créatrice en mouvement, une poétique de l’écriture d’Alexandre Pouchkine à Joseph Brodsky.

Le jury est composé de :

Mme Florence Corrado-Kazanski, Université Bordeaux Montaigne
M. Régis Gayraud, Université Clermont Auvergne
Mme Hélène Henry-Safier, Université Paris Sorbonne
M. Jérôme Laurent, Université Caen Normandie
M. Michel Niqueux, garant, Université Caen Normandie
Mme Tatiana Victoroff, Université Strasbourg

 Bien cordialement,

Caroline Bérenger