Violette Leduc, le retour (9 février, 15h30-16h30, Paris XIe)

Notre amie Mireille Brioude nous signale deux événements à la médiathèque Faidherbe du XIe arrondissement de Paris, aujourd’hui devenue Médiathèque Violette-Leduc.

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Une conférence de « présentation générale » de Violette Leduc, par Mireille Brioude, présidente de l’Association des amis de Violette Leduc et auteure de nombreux écrits consacrés à l’écrivaine.

Mireille Brioude, présidente de l’Association des amis de Violette Leduc, se propose d’aborder le parcours de l’écrivaine, suivant un ordre chronologique,-sa jeunesse et sa carrière littéraire seront retracées, en lien avec les thématiques qui ont traversé cette œuvre si longtemps méconnue : la bâtardise, la laideur, l’amour, la collaboration intellectuelle avec Simone de Beauvoir, la vie parisienne rue Paul Bert puis la retraite à Faucon dans le Vaucluse.

Cette conférence exceptionnelle et intitulée Violette Leduc est de retoursera accompagnée d’une projection d’une cinquantaine de diapositives, – et de la diffusion de fichiers sonores. Elle sera suivie d’un échange avec le public sur l’actualité des recherches, et sur la nouvelle notoriété de Violette Leduc.

Site de l’événement : https://quefaire.paris.fr/65984/violette-leduc-le-retour

A noter également, le 23 février, de 14h à 16h30, dans les mêmes locaux, la projection du film de Martin Provost, « Violette« .

Attention, les deux manifestations sont gratuites mais sur réservation : contacter bibliotheque.faidherbe@paris.fr

Séance Simone de Beauvoir, 24 novembre (interventions)

Séminaire Autobiographie et Correspondances

Séance du 24 novembre 2018 (10h00-13h00)

ENS, 45 rue d’Ulm, Salle des Actes.

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Matinée « Journal de Joanne & Simone de Beauvoir »

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La séance du 24 novembre a été consacrée au journal inédit d’une étudiante américaine, Joanne. Née en 1930, elle a tenu un journal depuis l’âge de 13 ans. En 1958, la jeune femme a confié les 8000 pages de ce texte à Simone de Beauvoir, un épisode mentionné dans La Force des choses.  Simone de Beauvoir a également conservé quelques lettres de Joanne datées de l’été 1958.

En octobre 2015, Sylvie Le Bon de Beauvoir prend contact avec Philippe Lejeune afin de déposer à l’Association pour l’Autobiographie ce volumineux journal. Mais qu’est devenue Joanne qui a quitté la France en septembre 1958 ? Philippe Lejeune enquête auprès de l’université de Yale où elle a été étudiante et découvre que Joanne vit à Providence, dans le Rhode Island. Quatre membres du groupe de lecture Paris I de l’APA se lancent dans la lecture du journal et des lettres, et écrivent à Joanne. Elle répond, et s’instaure alors un passionnant dialogue à distance. Joanne n’est jamais revenue en France depuis 1958, mais a gardé son amour et sa maîtrise de la langue française. Sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. Pendant dix ans, elle a tenu la promesse faite à Simone de Beauvoir de renoncer à son journal et puis a « rechuté » ; encore aujourd’hui elle passe une grande partie de ses nuits à écrire sur des feuilles volantes.

IMG_8652Ce journal témoigne de l’enthousiasme intellectuel soulevé par l’existentialisme et par le couple mythique qui l’incarne. Cependant son intérêt dépasse largement cette dimension historique. Joanne a une personnalité exceptionnelle, elle est brillante dans bien des domaines, mais ses ambitions, ses exigences l’ont exposée à de douloureux échecs. Dans son journal, tous les sujets sont abordés : relations familiales, amicales, amoureuses, culture, engagement. Et Joanne explore de façon quasi obsessionnelle les liaisons complexes et parfois dangereuses entre journal, vie et littérature. Elle souffre d’une véritable dépendance à l’égard de son journal, elle lutte en vain contre cette « compulsion », partagée entre conscience et déni, où le lecteur perçoit plutôt une authentique vocation.

L’APA a présenté une sélection des extraits de ce journal dans le dernier numéro de La Faute à Rousseau, paru en octobre 2018, auquel nous renvoyons pour le découvrir. Les lecteurs intéressés pourront aussi consulter, sur le site de l’APA, une présentation du journal et l’intégralité des échos de lecture. Quelques extraits sont ici proposés à la suite de l’annonce du programme de la journée, ainsi que le texte des différentes interventions.

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(10h-13h00) Entretien

10h00. Avec Sylvie Le Bon de Beauvoir et Jean-Louis Jeannelle (Université de Rouen ; éditeur de Simone de Beauvoir dans la Pléiade), animé par Françoise Simonet-Tenant.

Sylvie Le Bon de Beauvoir et Jean-Louis Jeannelle sont revenus sur leur collaboration au cours des cinq années consacrées à l’édition des deux tomes des Mémoires de Beauvoir dans la collection de la Pléiade, une édition préparée sous la direction conjointe de Jean-Louis Jeannelle et d’Éliane Lecarme-Tabone. Tous deux décriront les archives de Simone de Beauvoir et présenteront quelques-uns des textes révélés à l’occasion de cette édition Pléiade. Seront également évoqués les quelques passages consacrés dans le Journal de 1958 à Blossom que la mémorialiste ne retint pas dans La Force des choses.

  Le journal de Joanne

10h50- 11h15 : Présentation générale du journal / Ce que Joanne dit de la pratique diaristique, par Claudine Krishnan (Association pour l’Autobiographie)

Lire l’intervention intégrale de Claudine Krishnan

11h15-11h30 : Premiers volumes du journal par Élisabeth Cépède (Association pour l’Autobiographie

Grâces soient rendues à Sylvie Lebon de Beauvoir qui a confié à l’APA, les dix-huit cahiers du Journal de Blossom Douthat. Belle et double histoire de transmission puisqu’elle prenait ainsi le relais de sa mère en protégeant et prolongeant la survie des cahiers de Blossom…

Lire l’intervention intégrale d’Elisabeth Cépède

Les lettres de Joanne

 11h45 – 12h10 : Philippe Lejeune (Association pour l’Autobiographie) – Lettres écrites en 1958 à Beauvoir comme substitut au journal

Le 10 juin 1958, Simone de Beauvoir, après avoir lu l’essentiel du journal de Blossom, l’a invitée à dîner et lui a conseillé d’abandonner la pratique du journal : elle devrait essayer plutôt d’écrire, c’est-à-dire de composer une œuvre de fiction. Nous connaissons cette conversation par le journal de Simone de Beauvoir, non par celui de Blossom qui, revenue chez elle, écrit seulement en grosses lettres : « FIN »…. 

Lire l’intervention intégrale de Philippe Lejeune

12h10- 12h35 : Marine Rouch (Universités de Lille & Toulouse) : Lettres américaines de Blossom

En plus de son volumineux journal, dans lequel elle laisse libre cours à ce qu’elle appelle son « amour-idolâtrie » pour Simone de Beauvoir, Joanne a également écrit une cinquantaine de lettres adressées à Simone de Beauvoir. Elles aussi témoignent d’une admiration inconditionnelle pour celle qui était considérée par Joanne comme sa libératrice. Les thèmes abordés sont multiples et témoignent de l’extraordinaire vivacité intellectuelle de Joanne : politique, psychologie, analyse de ses rêves, de ses lectures et des films visionnés au cinéma, mais aussi vie privée et familiale… Après avoir cerné le genre de la lettre à l’écrivain.e, cette communication s’intéressera donc plus particulièrement aux fondements et à l’évolution de la relation épistolaire entre Simone de Beauvoir et Joanne entre 1958 et 1980.

Lire l’intervention intégrale de Marine Rouch

Discussion

Questions aux intervenants

 

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 Extraits du journal

Le journal ou la vie ?

Joanne débat et se débat en permanence dans son journal, ne cesse de s’interroger sur les limites et les dangers d’un journal qui la maintient en marge du réel. Elle a conscience de lui consacrer trop de temps et d’énergie au détriment d’autres projets, d’une autre vie, d’autres formes d’écriture, mais elle ne peut y renoncer.

 

17 février 1950

C’est peut-être le bon moment pour réfléchir à mon journal, à ce qui doit et peut être écrit dans mon journal, et à comment cela peut et doit être écrit. La question est d’autant plus pertinente que pendant tout un semestre la lecture des romans au programme ne me laissera presque plus de temps libre.

Le premier point qui me vient à l’esprit est que, quoi que je veuille rapporter ici, je ne pourrai jamais rapporter toutes mes expériences. D’abord, il y aura toujours des expériences de nature telle que je serai incapable de les clarifier suffisamment dans mon esprit pour en rendre compte. Parfois les sentiments les plus intenses sont les plus difficiles à exprimer avec précision. (La difficulté est sans doute plus grande pour moi que pour de bons auteurs, mais je crois qu’ils sont eux aussi confrontés à cette difficulté.) Personne ne peut tout restituer ni être sûr qu’il le fait bien […] . Évidemment nous ne pouvons pas écrire et vivre en même temps. Et pourtant ce que garde notre mémoire n’est souvent qu’une pitoyable trace de ce qui nous est vraiment arrivé, juste quelques points saillants. (Encore une difficulté qui n’est pas aussi grande pour les bons écrivains dotés de riches mémoires.) Je dois donc commencer par comprendre que je ne pourrai jamais tout écrire : d’un côté c’est décourageant, et d’un autre c’est rassurant (parce que si je l’accepte, je ne me sentirai pas aussi impuissante chaque fois que je découvre à nouveau que je ne peux pas tout dire).

(Volume IV)

 

Joanne et Simone de Beauvoir

 Lors de son séjour à Paris, en 1958 (elle a obtenu une bourse pour étudier pendant un an à la Sorbonne), Joanne apprend que Simone de Beauvoir doit donner une conférence à la Sorbonne, le 25 février. Cette perspective de rencontre met Joanne dans un grand émoi, elle s’interroge sur l’accueil qui va lui être fait, prévoit de mettre sa belle robe bleue et d’arriver en avance pour choisir une place où elle verra bien. Le récit qui suit est totalement rédigé en français.

Rien n’était comme je l’avais imaginé et pourtant tout l’était. Elle est belle, belle comme dans ses plus belles photos, absolument inidentifiable aux mauvaises, sauf dans cette franchise qui apparaît dans toutes. Sa voix comme sa figure comme toutes ses manières sont pleines de cette franchise. Elle a fait une brillante conférence, pleine d’idées, pleine de cette intensité qui anime ces idées que vraiment on vit – rien d’inattendu à cela d’une personne qui écrit avec une telle lucidité intense, il n’est pas étonnant qu’elle parle de même quand elle fait une conférence. Elle a parlé très vite, avec beaucoup de belle nervosité.

Je lui ai parlé et je ne lui ai pas parlé. Elle ne me connaissait pas, je n’étais qu’une jeune femme de l’auditoire. J’ai contesté son emploi du terme « mauvaise foi » pour la tricherie obligatoire du romancier, j’ai dit qu’à mon avis le terme « mauvaise foi » s’appliquerait plutôt au cas du romancier qui fait semblant d’arracher son lecteur à sa condition alors qu’en réalité il ne fait que de le remettre dans sa peau, le rassurant ainsi au lieu de lui faire tout mettre en question, ou au romancier qui en réalité n’écrit que pour justifier son propre passé ou livrer son cœur. Elle m’a répondu que la mauvaise foi dont je parlais était dans le projet fondamental du romancier alors que l’autre était nécessaire à son art. Pas un sourire, son visage est resté complètement fermé, et elle a passé à un autre.

[…]  Il a été dur de m’arracher à la Sorbonne. Peut-être que jamais plus je ne la verrai. Je l’avais vue, je la voyais encore qui était en train de signer des livres – je n’étais pas moins loin d’elle qu’avant…

Je me demande si jamais je la reverrai. Pour le reste, je n’ose plus me poser de questions, quoique je sache fort bien que si je n’espérais pas d’elle autre chose qu’une petite heure gentiment accordée et à laquelle il faudrait que moi-même je mette fin gentiment, avec tact, me constituant mon propre bourreau, je n’hésiterais pas à lui écrire. Heureux ceux qui n’ont voulu d’elle qu’une signature dans un bouquin – c’est tellement facile à donner une signature !

 

Paris, 2 juin 1958

Quelle belle journée ! Aujourd’hui, ça a été parfait. On a parlé comme deux camarades. Pour la première fois on s’est disputé ‒ au sujet de de Gaulle, naturellement ! Elle a été d’accord que de Gaulle en tout cas, maintenant que l’armée a paralysé les autres, va peut-être pouvoir finir la guerre plus vite qu’un autre, mais elle n’a pas du tout été d’accord que la gauche doit soutenir de Gaulle, au contraire, il faudrait que la gauche lutte contre et organise le Front Populaire (bien sûr, si de Gaulle faisait une bonne politique en Algérie, la gauche le soutiendrait pour cela ‒ mais c’est tout). Ça, je comprends ‒ au fond, c’est tout ce que je voulais (ou est-ce vraiment tout ce que je voulais ?), dans mon enthousiasme fiévreux. Elle m’a traitée d’idéaliste, de complexée, elle m’a dit que j’avais le goût du martyre (à propos de mon offre d’être cobaye pour une expérience atomique) ‒ j’ai eu un peu honte, ça m’a un peu irritée, mais en même temps, ça m’a fait du plaisir ‒ on avait dépassé le stade d’être toujours d’accord, sur tout.

Extraits choisis par Simone Aymard, Elisabeth Cépède, Claudine Krishnan, Philippe Lejeune.

 

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Présentation des intervenants

Jean-Louis Jeannelle est Professeur de littérature du XXe siècle à l’Université de Rouen. Il a publié dernièrement Cinémalraux : essai sur l’œuvre d’André Malraux au cinéma (Hermann, 2015) et Films sans images : une histoire des scénarios non réalisés de « La Condition humaine » (Seuil, coll. « Poétique », 2015), ainsi que Résistance du roman : genèse de « Non » d’André Malraux (CNRS Éditions, 2013). Spécialiste des Mémoires, il a co-édité avec Eliane Lecarme-Tabone le « Cahier de l’Herne » Simone de Beauvoir (2012) ainsi que ses Mémoires en Pléiade (2018) et vient de faire paraître un collectif consacré aux Mémoires d’une jeune fille rangée au programme de l’agrégation aux éditions des Presses universitaires de Rennes.

Élisabeth Cépède est membre de l’APA.

Claudine Krishnan est professeur de lettres et membre de l’APA.

Fille adoptive de Simone de Beauvoir, Sylvie Le Bon de Beauvoir a publié plusieurs écrits de l’écrivain notamment Journal de guerre (septembre 1939-janvier 1941) et la correspondance avec Jean-Paul Sartre, Jacques-Laurent Bost et Nelson Algren. Elle est, par ailleurs, la présidente d’honneur du « Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes » aux côtés de Julia Kristeva et l’auteur de l’album de la Pléiade 2018 consacré à Simone de Beauvoir.

Philippe Lejeune Philippe Lejeune a enseigné la littérature française à l’université Paris-Nord jusqu’en 2004. Ses travaux portent sur l’autobiographie (Le Pacte autobiographique, 1975 ; Signes de vie, 2005), la critique génétique (Les Brouillons de soi, 1998 ; Autogenèses, 2013) et le journal personnel (Le moi des demoiselles, 1993 ; Un journal à soi, avec Catherine Bogaert, 2003). Il est cofondateur et président de l’Association pour l’Autobiographie (APA) et co-fondateur, avec Catherine Viollet, de l’équipe « Genèse et Autobiographie », devenue en 2014 « Autobiographie et Correspondances » (ITEM).

Marine Rouch est doctorante en histoire contemporaine aux universités de Toulouse et de Lille. Sa thèse porte sur la réception et l’appropriation des œuvres de Simone de Beauvoir par son lectorat. Elle travaille à partir des milliers de lettres inédites que l’écrivaine a reçues de la part de ses lecteurs et lectrices depuis la fin des années 1940 jusqu’à sa mort en 1986. Un carnet de recherches accompagne sa thèse : www.lirecrire.hypotheses.org

  • Marine Rouch, « “Vous êtes descendue d’un piédestal”. Une appropriation collective des Mémoires de Simone de Beauvoir par les femmes (1958-1964) », Littérature, n°191, sept. 2018, p. 68-82.
  • Marine Rouch, « “Vous ne me connaissez pas mais ne jetez pas tout de suite ma lettre”. Le courrier des lecteurs et lectrices de Simone de Beauvoir », dans Françoise Blum (dir.), Genre de l’archive. Constitution et transmission des mémoires militantes, Paris, Codhos, 2017, p. 93-108.

 

 

Jean-Pierre Orban, « Pierre Mertens. Le Siècle pour mémoire ».

Jean-Pierre Orban, qui était venu présenter les carnets de Pierre Mertens au séminaire, nous informe de la parution de deux ouvrages biographiques concernant cet écrivain.

« Né en 1939, Pierre Mertens est un des écrivains majeurs de la Francophonie et de la littérature française. Par l’ampleur de son œuvre couronnée de nombreux prix, dont le Médicis en 1987 pour Les Éblouissements, et plusieurs fois nobélisable, il est sans doute le plus grand écrivain belge vivant.
Mais il est avant tout un témoin de son temps. Comme observateur judiciaire international et défenseur des droits de l’Homme, il a été sur la plupart des fronts de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle : Europe de l’Est, Amérique latine, Moyen-Orient.
Pierre Mertens. Le Siècle pour mémoire raconte sa vie privée et publique et se lit comme un roman à rebondissements, depuis l’engagement de ses parents dans la Résistance jusqu’à ses procès avec la famille royale belge et avec le leader politique flamand Bart De Wever. Antisémitisme, islamisme, féminisme, rien de ce qui importe sur la scène historique européenne et mondiale n’échappe à son attention ni à sa verve.
Fondée sur sept ans de recherches, ainsi que de nombreux entretiens avec Pierre Mertens et près de quatre-vingt témoins, cette biographie entrelace constamment l’Histoire extérieure et l’histoire personnelle de l’écrivain. Le portrait sensible mais sans concession que trace Jean-Pierre Orban fait la lumière sur des épisodes étonnants de la vie de Pierre Mertens et pose des questions essentielles sur les limites éthiques de la littérature : jusqu’où peut-on aller quand on crée ? Quel impact la construction d’une œuvre et d’une vie a-t-elle sur le créateur lui-même, sur ses proches et ses personnages vivants ?
 
La version électronique
Sera également disponible le 10 octobre un livre numérique de cette biographie, plus long d’un tiers que l’ouvrage papier et intitulé Pierre Mertens et le ruban de Möbius.
Davantage centrée sur l’imbrication entre la vie et l’œuvre chez Pierre Mertens, cette version comprend des analyses littéraires approfondies de ses textes (romans, essais, opéra, fiction inachevée) et un accent génétique marqué. 
À partir de citations développées de pièces inédites (manuscrits, carnets, correspondance) et de documents nouveaux de fonds d’archives européens, ce qui est en jeu ici, c’est de comprendre comment naît et se construit un écrivain. L’image de l’anneau de Möbius, ruban à une seule face au lieu de deux dans un ruban ordinaire, aidant à se figurer le basculement incessant, sans frontière nette, entre vie et œuvre, autant qu’entre réel et fictionnel.
Cette version vise ainsi à aller plus loin encore dans la connaissance de l’œuvre de Pierre Mertens et des sujets qui lui sont liés. À ce titre, il fournit des compléments d’information sur certains épisodes ou aspects présentés dans la version imprimée : ainsi, entre autres, le procès Auschwitz à Francfort (1963-65), les rapports entre Pierre Mertens et Conrad Detrez, la correspondance avec Claude Durand, la déclaration de Caroline Lamarche sur la belgitude, l’écriture côte à côte de deux d’un couple d’écrivains ou encore le « désir de judéité » chez un intellectuel de la deuxième moitié du XXe siècle.
Cette double parution non identique constitue une autre originalité du projet biographique mené ici. « 

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Quatre rencontres sont d’ores et déjà prévues autour du livre. Le 9 octobre 18h30 à la librairie Chapitre XII, Bruxelles (en dialogue avec Jacques de Decker), le 22 octobre 19h à la librairie Tropismes, Bruxelles (rencontre modérée par Benoît Peeters, éditeur de l’ouvrage), le 7 novembre à 20 h au Centre Wallonie Bruxelles à Paris (modérateur Pierre Vanderstappen), chaque fois en présence de Pierre Mertens (sous réserve). Enfin le 26 janvier à 12 h à la Librairie Quartiers latins (en dialogue avec Rony Demaeseneer). J’espère vous y retrouver pour des discussions qui devraient s’avérer passionnantes sur la création d’une oeuvre et d’une vie, et la tension entre le biographe et le biographe pour les dire chacun à sa manière.


Le Siècle pour mémoire 
Jean-Pierre Orban
 Les Impressions Nouvelles 
coll. Traverses
cahier iconographique
15,5 x 22 cm – 560 pages – 24 €
ISBN : 978-2-87449-630-1 


en librairie le 4 octobre 2018
Un epub différent de la version papier sera aussi disponible vers le 15 octobre (prix : 15,99 € – diffusion/distribution : Eden livres).
Publié avec le soutien de la Fondation des Treilles et du Labex TransferS
Sommaire et premières pages: http://www.fabula.org/actualites/jean-pierre-orbanpierre-mertens-le-siecle-pour-memoirebiographie_87154.php

Libre à elles, par Laurence Santatonios (11 octobre 2018, Paris 19e)

Une rencontre aura lieu autour de l’ouvrage Libre à elles. Le Choix de ne pas être mère, de  notre amie Laurence Santantonios (Éditions du Mauconduit) le jeudi 11 octobre 2018 au café-librairie le 108, 4 impasse de Joinville, 75019 Paris.

« Libre à elles, le choix de ne pas être mère »

« Près d’une femme sur cinq en Europe n’a pas d’enfant à quarante ans ; de plus en plus souvent, il s’agit d’un choix. Paradoxalement, le désir d’enfant n’a jamais été autant affiché. Pour tenter de comprendre cette nouvelle donne anthropologique, aurence Santantonios a rencontré une quarantaine de femmes qui choisissent de ne pas être mères. À leurs témoignages, elle mêle allègrement sa propre trajectoire de vie et son expérience de la maternité. Dans ce texte vivant et documenté, ponctué d’entretiens et de textes d’écrivaines, l’auteure aborde les questions sans tabou et s’insurge contre les stéréotypes. En comparant son expérience à celle des femmes qu’elle interroge, elle place le lecteur et la lectrice au cœur même du mystère de ce choix : avoir ou ne pas avoir d’enfant.

Libre à elles, un éloge de la différence, une incitation à la liberté de penser et de se comporter. »

Réservation : 01 40 37 46 46 – Orgues82@gmail.com
(La sortie 2 du métro donne directement dans l’impasse de Joinville, à deux pas de la librairie.)

Une seconde rencontre aura lieu le vendredi 19 octobre, librairie Les Nouveautés, (Paris, 11e).

Site de l’éditeur : https://mauconduit.com/

Séminaire 2018-2019 : le programme de la nouvelle saison

Vous l’attendiez avec impatience, le voici !

SÉMINAIRE ABC 2018-2019

PROGRAMME

Samedi 29 septembre 2018 

  • Anne Devarieux (Université de Caen), « Autour du journal de Maine de Biran »
  • Marie Dupond (Docteur en épistémologie et histoire des sciences), « De l’éditorialisation de la correspondance du géomètre Gaspard Monge (1746-1818) aux Œuvres complètes : usages des méthodes et outils de la critique génétique au service de l’enquête historique en milieu numérique »

Jeudi 11 octobre 2018 (ENS, Salle des Actes)

  • Agnès Spiquel (Université de Valenciennes), « Éditer une correspondance : plonger dans les fonds d’archives (à propos de la correspondance Albert Camus/Louis Guilloux) »
  • François de Saint-Chéron (Sorbonne Université), « Sur l’édition de la correspondance de Malraux »

Samedi 24 novembre 2018 (ENS, Salles des Actes)

  • « Journal (1943-1958) de Joanne et ses lettres à Simone de Beauvoir : présentation par un groupe de lecture de l’Association pour l’Autobiographie (Simone Aymard, Elisabeth Cépède, Claudine Krishnan, Philippe Lejeune)
  • Jean-Louis Jeannelle (Université de Rouen), Mémoires de Simone de Beauvoir
  • Marine Rouch (Université de Toulouse), Lettres de Joanneà Simone de Beauvoir

Avec la participation de Sylvie Le Bon de Beauvoir.

Jeudi 17 janvier 2019

  • Christophe Corbier (CNRS, CRAL) : « Correspondance de Maurice Emmanuel »
  • Jean-Sébastien Macke (CNRS, ITEM) : « Correspondance d’Alfred Bruneau »

Jeudi 7 février 2019

  • Marie-Odile Thirouin (Université de Lyon 2) : « André Spire et Otokar Fischer : présentation de soi et accommodation réciproque dans la correspondance de deux poètes juifs (Paris-Prague, 1922-1938) »
  • Vincent Gogibu (Université de Versailles Saint-Quentin) : « Correspondance de Remy de Gourmont »

Samedi 23 mars

« Victor Hugo vu par deux journaux inédits « 

Séance coorganisée avec le Séminaire du groupe Hugo

  • Florence Naugrette (Rouen) : « Le journal inédit de Gertrude Tennant (Recollections of bygone times for my grandchildren, including slight reminiscences of Victor Hugo) »
  • JeanDidier Wagneur et Jean-Marc Hovasse (ITEM-Paris) : « Le journal inédit et les archives de Richard Lesclide, secrétaire de Victor Hugo »

Mardi 26 mars 2019

Séance coorganisée avec le Séminaire général de l’ITEM (Nathalie Ferrand, Franz Johansson)

  • Serge Chamchinov (artiste et éditeur) : Correspondance de Vassily Kandinsky 1900, en lien avec la revue Ligature

Vendredi et samedi 24 & 25 mai 2019

Coorganisation franco-polonaise avec Pawel Rodak (Centre de civilisation polonaise, Université Paris Sorbonne)

  • Colloque « Journaux d’écrivains » (programme à venir)

Samedi 15 juin 2019

  • Élodie Bouygues (Université de Besançon) : « Journal et correspondance de Madeleine Follain »
  • Hélène Gestern (écrivain) : « Les lettres d’Armen Lubin à Madeleine Follain ».

 

Les salles seront communiquées au fur et à mesure.
Si vous souhaitez vous abonner à la liste de diffusion du séminaire, merci de contacter autobiosphere[arobase]orange.fr

Journées de l’APA (22-24 juin 2018, Ambérieu-en-Bugey)

Les Journées 2018 de l’Association pour l’Autobiographie se tiendront à Ambérieu sur le thème Les correspondances de gens ordinaires du vendredi 22 au dimanche 24 juin.

Échange de courrier suivi entre deux personnes, la correspondance est a priori confidentielle, parfois publiée lorsqu’elle concerne des personnes célèbres. Mais qui n’a jamais écrit de lettre ou envoyé de carte postale ? Et qui, aujourd’hui, ne correspond pas par courrier électronique ?
Lettres d’amour, lettres d’amis, lettres familiales , lettres de soldats, lettres de prisonniers, lettres de pays lointains, lettres à un professeur, lettres politiques. Les destinataires et les raisons d’écrire sont variés. On écrit pour l’autre dont on attend la réponse, mais on écrit aussi pour soi. Quand et à qui écrivons-nous des lettres ? Que faisons-nous de celles que nous recevons ? Avec quel instrument écrivons-nous ? Gardons-nous nos courriers ? Les relisons-nous ? Comment les classer ?

Ces questions et bien d’autres seront abordées lors de ces Journées, à travers des tables rondes, des films, des ateliers, une exposition, une invitation à déposer une lettre dans un sac postal, à répondre à un questionnaire. Ces différentes approches nous donneront l’occasion de nous informer, de réfléchir, d’échanger et… d’écrire des lettres.

Le programme complet (ne manquez pas de le consulter) est disponible ici. Vous y trouverez toutes les informations pratiques sur les intervenants, les projections, les ateliers, ainsi que sur le transport et l’hébergement.

Le bulletin d’inscription, à retourner avant le 30 avril, est disponible ici.