Journées de l’APA (22-24 juin 2018, Ambérieu-en-Bugey)

Les Journées 2018 de l’Association pour l’Autobiographie se tiendront à Ambérieu sur le thème Les correspondances de gens ordinaires du vendredi 22 au dimanche 24 juin.

Échange de courrier suivi entre deux personnes, la correspondance est a priori confidentielle, parfois publiée lorsqu’elle concerne des personnes célèbres. Mais qui n’a jamais écrit de lettre ou envoyé de carte postale ? Et qui, aujourd’hui, ne correspond pas par courrier électronique ?
Lettres d’amour, lettres d’amis, lettres familiales , lettres de soldats, lettres de prisonniers, lettres de pays lointains, lettres à un professeur, lettres politiques. Les destinataires et les raisons d’écrire sont variés. On écrit pour l’autre dont on attend la réponse, mais on écrit aussi pour soi. Quand et à qui écrivons-nous des lettres ? Que faisons-nous de celles que nous recevons ? Avec quel instrument écrivons-nous ? Gardons-nous nos courriers ? Les relisons-nous ? Comment les classer ?

Ces questions et bien d’autres seront abordées lors de ces Journées, à travers des tables rondes, des films, des ateliers, une exposition, une invitation à déposer une lettre dans un sac postal, à répondre à un questionnaire. Ces différentes approches nous donneront l’occasion de nous informer, de réfléchir, d’échanger et… d’écrire des lettres.

Le programme complet (ne manquez pas de le consulter) est disponible ici. Vous y trouverez toutes les informations pratiques sur les intervenants, les projections, les ateliers, ainsi que sur le transport et l’hébergement.

Le bulletin d’inscription, à retourner avant le 30 avril, est disponible ici.

Table ronde de l’APA (ENS, Paris, 17 mars 2018)

Le samedi 17 mars se tiennent à Paris l’Assemblée générale 2018 et la Table-ronde de printemps de l’APA.
Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005, Salle des Actes

Le matin : 10 h à 13h : Assemblée générale de l’Association.
réservée aux adhérents.
L’Assemblée traitera des points habituels : approbation du budget 2017, budget prévisionnel 2018, rapport d’activité et d’orientation. 
Mais cette année elle discutera et adoptera également le Projet associatif 2018-2023 de l’association.
L’avant projet peut être consulté ici (les adhérents de l’APA peuvent en outre le discuter en ligne sur les pages de ce site à accès réservé aux adhérents)
Enfin l’AG procédera au renouvellement partiel du Conseil d’administration.

L’après-midi : 15h à 17h30 : Table-ronde Les femmes au travail 
ouverte à tout public, adhérents ou non, entrée libre.
Table-ronde modérée par Véronique Leroux-Hugon avec
• Alice Bséréni, sur son expérience professionnelle d’assistante sociale.
• Édith Farine et/ou Noémie Cadet sur un projet de documentaire télévisuel à partir de textes APA.
• Fanny Gallot, historienne, auteur du livre : En découdre. Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société (La Découverte).
• Roseline Combroux : lectures de textes de femmes sur leur travail.
Venez nombreux.

Source : Association pour l’Autobiographie

Rencontres Marceline Desbordes-Valmore – La Lettre et la Voix (Paris, 10 février 2018)

Christine Planté nous transmet cette annonce poétique, épistolaire et musicale  : la correspondance sera l’un des fils conducteurs de cette belle présentation.

Rencontres Marceline Desbordes-Valmore – La Lettre et la Voix
Samedi 10 février 2018 – 14h30 – 17h30

Salle Ararat – 11 rue Martin Bernard, Paris 75013
Métro Place d’Italie (l. 5) ou Tolbiac (l. 7) – Entrée libre

Présentation de la Société des études Marceline Desbordes-Valmore

par Christine Planté, présidente de la SEMDV, professeure émérite de littérature français du xixe siècle (université de Lyon 2, Umr IHRIM 5317)

Lecture de textes de Marceline Desbordes-Valmore par Sabine Haudepin : lettre à Suzette Saint-Laurent ; Le billet.

Romances sur des poèmes de Marceline Desbordes-Valmore chantées par rançoise Masset (soprano) et Rémi Cassaigne (guitare) : Le Billet ; Je rêvais ; la Jalouse

Quelques activités de la SEMDV : le pôle douaisien

La bibliothèque Marceline Desbordes-Valmore de Douai, le fonds, son histoire par Pierre-Jacques Lamblin (ancien directeur, président de la SEMDV)

Expositions et acquisitions récentes à la BMDV par Jean Vilbas, conservateur chargé du fonds, secrétaire de la SEMDV

Le musée de la Chartreuse par Anne Labourdette (Conservatrice du Musée)

Présentation du portrait de Marceline Desbordes-Valmore attribué à Drolling

Romances sur des poèmes de Marceline Desbordes-Valmore : L’Alouette ; La Pensée ; La Valse et l’aumône.

Publications et projets

Le bulletin de la Semdv,  présentation des rubriques et de quelques articles par leurs auteur·e·s :

Textes rares ou inédits de Marceline Desbordes-Valmore

  • Poème sur la révolution de 1848
  • Récit de rêve de 1831

Lecture : [Un rêve, 1831] ;  L’Amie

  • Fileuse, présentée par Pierre Girod (musicologue),

Romance sur le texte

Textes critiques sur Marceline Desbordes-Valmore, lectures, réécritures…

  • Poème de Rosemonde Gérard sur M. Desbordes-Valmore (1943), présenté par Wendy Prin-Conti

Lu par Sabine Haudepin

Dossier thématique sur la correspondance

  • Éditer les lettres de Marceline Desbordes-Valmore
  • Lettres à Théophile Bra, Marie d’Agoult, Sainte-Beuve

Lecture d’extraits

Projets et sujets des publications et rencontres à venir

Édition de la correspondance ; portraits et images ; Inventaire des mises en musique ; dossier consacrés aux récits (2019) et à Marceline Desbordes-Valmore poète (2020)… 

            Lecture : Une lettre de femme

Romances : Les Cloches du soir ; Dans l’été.

« Jean Paulhan après la guerre : reconstruire la littérature » (soutenance de thèse de Camille Koskas, 21 novembre, Paris)

Camille Koskas nous fait l’amitié de nous convier à sa soutenance de thèse qui aura lieu le mardi 21 novembre, de 14h à 18h en salle des thèses, 15 rue de l’École de Médecine, Campus Cordeliers, escalier C, Rez-de-chaussée. Le jury sera composé de Didier Alexandre, Anne Simonin, Michel Murat, Jean-Louis Jeannelle et Jean-Michel Wittmann.

Voici le titre et le résumé de sa thèse, dirigée par le professeur Michel Murat :

Jean Paulhan après la guerre : reconstruire la littérature.

« L’ensemble des interventions réalisées par Paulhan dans l’après-guerre peut se lire à l’aune de ce programme : comment reconstruire une communauté littéraire menacée par les dissensions héritées de la guerre ainsi que par la politisation accrue des enjeux ? Comment redéfinir les valeurs qui permettent de la rassembler à un moment de renouvellement profond des acteurs et des institutions qui en constituaient les références, mais aussi des usages et des pratiques de lecture ? Ce sont ces questions que nous entendons examiner. Une large part de notre travail est consacrée à l’activité revuiste de Paulhan : en effet, Les Cahiers de la Pléiade, comme La NN.R.F., sont conçus par celui-ci comme un moyen privilégié pour ressouder une communauté littéraire éclatée et pour tenter de reconfigurer les hiérarchies qui structurent le champ littéraire. Nous proposons d’abord un récit chronologique de la renaissance de La NN R.F. dès 1953, en nous appuyant sur un important ensemble d’archives inédites. Nous abordons ensuite la question de la place du roman dans la revue : quel paysage romanesque la revue donne-t-elle à voir ? Est-elle à même de promouvoir de jeunes romanciers et de dessiner des directions au sein du champ littéraire des années 1950 ? On s’intéresse enfin aux réflexions théoriques de Paulhan sur la valeur littéraire. Nous examinons la position de Paulhan face à trois phénomènes décisifs qui modifient en profondeur la définition de cette valeur : la renégociation des rapports entre littérature légitime et non légitime, avec l’exemple de la défense de la littérature érotique ; la relève générationnelle ; le constat d’une crise du jugement critique. »

La soutenance sera suivie d’un pot, dans le cloître du 15 rue de l’École de Médecine. Voici ci joint le plan pour se rendre à la salle de soutenance :

Soirée Perec à l’Arsenal (Paris, 19 juin, 18h30)

Jean-Luc Joly nous rappelle qu’une soirée intitulée Perec aujourd’hui aura lieu à la Bibliothèque de l’Arsenal lundi 19‌ juin de 18h30 à 20h00, organisée par la BnF et l’Association Georges Perec. Avec la quasi totalité des éditeurs des deux volumes d’Œuvres de Perec dans la Bibliothèque de la Pléiade (Florence de Chalonge, Yannick Séité, Maxime Decout, Maryline Heck, Christelle Reggiani, Claude Burgelin, Jean-Luc Joly), Anne Sorensen des éditions Gallimard (responsable éditorial de l’Album Perec), Thomas Clerc (écrivain performeur) et Pauline Horovitz (plasticienne vidéaste). La rencontre sera animée par Emmanuel Zwenger, secrétaire de l’AGP. Il s’agira d’interroger la riche actualité éditoriale perecquienne qui en fait un « classique contemporain » et de montrer comment son œuvre est compagne de créateurs actuels.
Il est prudent de réserver au service des manifestations de la BnF, soit au 01.53.79.49.49 ou àl’adresse : visites@bnf.fr
L’entrée se fait par la rue de Sully, sur le côté gauche du bâtiment (2e porte).

Dictionnaire de l’autobiographie : lisez l’introduction !

book-08534510L’équipe de rédaction du Dictionnaire de l’autobiographie a le plaisir de vous offrir l’introduction générale de l’ouvrage et la table des articles en libre accès. À consommer sans modération !

Pour télécharger l’introduction, cliquez ici.

Pour télécharger la table des articles, cliquez ici.

Vous pouvez également lire la première et la deuxième partie de l’entretien que l’éditrice scientifique du projet, Françoise Simonet-Tenant, a accordé à Gérald Cahen pour La Faute à Rousseau.

Perec en Pléiade

georges-perecC’est sans nul doute un des plus grands écrivains français du XXe siècle qui vient de rejoindre la collection de la Pléiade, laquelle nous offre deux tomes de ses écrits. Préparés sous la direction de Christelle Reggiani, ces deux volumes donnent à lire l’essentiel de l’œuvre  de cet écrivain hors du commun, qui voulait rivaliser avec le dictionnaire et a bâti, malgré sa mort prématurée en 1982, une oeuvre magistrale, qui pousse dans ses dernières retranchements la langue, les formes littéraires et les modèles, qu’ils soient romanesque ou poétiques. Perec fut aussi autobiographe, que ce soit dans le magistral (et déchirant) W ou le souvenir d’enfance, où il s’agit de dire ce qui reste d’une enfance que l »Histoire avec sa grande hache » avait tranchée en deux, ou dans les multiples textes brefs qu’il laissa, comme Je suis né ou Quelques-uns des choses qu’il faudrait que je je fasse avant de mourir. Si la Pléiade n’a pu rassembler tous ces écrits, dispersés chez plusieurs éditeurs, elle offre, sous la houlette de perecquiens chevronnées, le mode d’emploi et la porte d’entrée d’une oeuvre aussi vaste, complexe, joyeuse, profonde, labyrinthique, que les multiples appartements de La vie mode d’emploi. L’album qui accompagne ces deux tomes, préparé par Claude Burgelin, ami de l’écrivain, nous permet de revoir les visages, certains célèbres, d’autres méconnus de Georges Perec.

Cette note est l’occasion de nous souvenir de l’écrivain oulipien américain Harry Mathews, proche ami de Perec, qui fut son traducteur, et qui nous a quittés au début de cette année 2017. Nous publions, en souvenir de leur amitié et de ces deux personnalités exceptionnelles, une note de lecture sur Le Verger, bref texte autobiographique rédigé par Harry Mathews après la mort de Perec, et parue dans La Faute à Rousseau.


Les fruits de l’amitié

Ils étaient amis. La mort les a séparés. « Je me souviens qu’à cette époque, les gens que je croisais dans les rues de Paris me semblaient tous être en deuil de Georges Perec. » C’est Harry Mathews qui écrit ces lignes, en 1986, dans un livre bref et bouleversant, Le Verger. L’écrivain américain avait fait découvrir à l’auteur de La Vie mode d’emploi Joe Brainard, l’inventeur de la forme des Je me souviens : on sait quelle fortune elle connut sous la plume de Perec. Et une fois celui-ci disparu, que faire de la mémoire, de son écume, et dans quels mots l’enserrer ? Mathews reprend à son compte les « Je me se souviens » : mais dans leur forme la plus pauvre, la plus pure et la plus humble, simplement parce que c’est une manière, peut être la seule, de « faire face, par l’écriture aussi, à l’accablement qui à ce moment-là assaillait beaucoup d’entre nous ». Le livre se déroule comme un album de photographies : lieux, souvenirs, moments, qui dépassent rarement quelques lignes, écrits au fur et à mesure que la mémoire les apporte, placés les uns à côté des autres comme les « fragments d[’un] tumulus lamentable qui s’amoncelait ».

Les deux hommes ont vécu l’une de ces affinités, de ces complicités intenses, qui ne connaissent pas forcément d’explication. Ils travaillaient de conserve à leurs écrits oulipiens, se traduisaient. Mathews dit, avec une sincérité magnifique, la part d’amour qui peut entrer dans un tel lien : sa jalousie quand Perec se consacre à d’autres amis, mais aussi les soirées magnifiques passées à écouter de la musique en fumant de l’herbe : « À ce moment-là, j’aurais voulu le prendre dans mes bras ». L’importance que peut prendre une telle présence, dans les moments difficiles, à côté des autres, enfants et compagne. « Je me souviens que quand mon père mourut, la perte fut rendue supportable par la présence de Georges Perec dans ma vie ». Toutefois, la plupart des notations du livre se veulent plus légères : volontairement anecdotiques, généralement heureuses. Elles renvoient à des lieux, des climats, des instants, entre Paris, Albany, Lans-en-Vercors et l’île de Ré. Le portrait de ce Perec que l’on croit connaître, celui qui aimait les chats, les alcools et les mauvais calembours (« Je reviens de Suisse », punaisé sur la porte) ne cesse de s’enrichir : sait-on qu’il affectionnait, aussi, le ski, les tartines beurrées, certaines femmes, qu’il avait souvent « la crève » (« une espèce de grippe réunissant rhume, sinusite et gueule de bois »), souffrait de coups de soleil (« Sa peau supportant mal le soleil, il était revêtu d’un burnous de coton blanc qui le faisait ressembler à un émir du pétrole »), connaît-on son orientation politique (« Je me souviens que Georges Perec était socialiste »), son rire (« le premier aigu, rapide, inquiet ») ; sait-on combien ses yeux était verts, et comment la maladie, puis la mort, modelèrent son visage ?

Perdre un ami, c’est perdre sa présence, apprendre la cruauté d’une solitude nouvelle, sans lui ; mais c’est aussi toucher du doigt la peur de voir se dissoudre la myriade de souvenirs, de moments partagés, de complicité, tout cet infra-ordinaire banal lorsque vécu, inestimable lorsque perdu, et dont la dissolution paraît aussi terrifiante que la mort elle-même. En cent vingt-quatre souvenirs, drôles ou tendres, profonds ou fugaces, Harry Mathews a cueilli dans son Verger les plus doux fruits d’une amitié ; les plus vivants, aussi.

Harry Mathews, Le Verger, P.O.L, 1986, 40 p.