Appel à communications : « Les écritures de soi, un objet transdisciplinaire. Enjeux d’une définition et d’une approche historico-littéraires » (Université de Rouen et Sorbonne Université, novembre 2023).

Jean-Louis Jeannelle et Violaine Vielmas nous informent de la tenue du colloque « Les écritures de soi, un objet transdisciplinaire. Enjeux d’une définition et d’une approche historico-littéraires qui se tiendra à l’Université de Rouen (Mont-Saint-Aignan) le jeudi 16 novembre 2023 et sur le site de Sorbonne Université le vendredi 17 novembre 2023.

La récente création du site « EcriSoi », fondé par les chercheurs des laboratoires du CÉRÉdI et du CELLF, répond à la nécessité d’un développement des réflexions épistémologiques portant sur les écritures de soi. « Nébuleuse aux contours variables selon les positions théoriques » comme l’a rappelé Françoise Simonet-Tenant (Dictionnaire de l’autobiographie), la notion recouvre généralement « l’autobiographie, le journal personnel, la correspondance et les Mémoires ». Les correspondances – constituées en genre littéraire par leurs publications à partir de la fin du XVIIIème siècle – et les journaux intimes – en plein essor éditorial durant la seconde moitié du XIXème siècle – suivent un mouvement historique dans la canonisation progressive et l’évolution du statut des écritures de soi.

À la suite de ces entreprises éditoriales et des travaux de Georges Gusdorf, la théorie littéraire a contribué à la réévaluation de ces corpus. En effet, les réflexions autour de la littérarité – menées, entre autres, par Gérard Genette (Fiction et diction) et Philippe Lejeune (Le pacte autobiographique) – ont modifié le statut des écritures de soi. Désormais, celles-ci ne relèvent plus de documents non-littéraires, de sources, mais d’œuvres à part entière : des œuvres factuelles.

À partir du XXème siècle, ce concept semble construire une tension : d’un côté, l’objet ainsi désigné se constituerait en fonction d’une appréciation de sa valeur esthétique – c’est la « littérarité conditionnelle » (Fiction et diction) –, de l’autre, il rapporterait des faits – dont Françoise Lavocat a montré qu’ils étaient pris dans une relation avec les « artefacts fictionnels » (Fait et fiction). Les écritures de soi relèveraient de la recherche historique et littéraire : la première mettant l’accent sur son caractère factuel, la seconde sur ses phénomènes esthétiques. Il conviendra alors d’interroger ce présupposé, sa valeur et son histoire. Nous souhaitons également en explorer les conséquences : éclaire-t-il un continuum ou invite-t-il à un dépassement ?

La suite de l’appel et les modalités pratiques peuvent être téléchargées ci-dessous :