Séance Simone de Beauvoir, 24 novembre (interventions)

Séminaire Autobiographie et Correspondances

Séance du 24 novembre 2018 (10h00-13h00)

ENS, 45 rue d’Ulm, Salle des Actes.

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Matinée « Journal de Joanne & Simone de Beauvoir »

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La séance du 24 novembre a été consacrée au journal inédit d’une étudiante américaine, Joanne. Née en 1930, elle a tenu un journal depuis l’âge de 13 ans. En 1958, la jeune femme a confié les 8000 pages de ce texte à Simone de Beauvoir, un épisode mentionné dans La Force des choses.  Simone de Beauvoir a également conservé quelques lettres de Joanne datées de l’été 1958.

En octobre 2015, Sylvie Le Bon de Beauvoir prend contact avec Philippe Lejeune afin de déposer à l’Association pour l’Autobiographie ce volumineux journal. Mais qu’est devenue Joanne qui a quitté la France en septembre 1958 ? Philippe Lejeune enquête auprès de l’université de Yale où elle a été étudiante et découvre que Joanne vit à Providence, dans le Rhode Island. Quatre membres du groupe de lecture Paris I de l’APA se lancent dans la lecture du journal et des lettres, et écrivent à Joanne. Elle répond, et s’instaure alors un passionnant dialogue à distance. Joanne n’est jamais revenue en France depuis 1958, mais a gardé son amour et sa maîtrise de la langue française. Sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. Pendant dix ans, elle a tenu la promesse faite à Simone de Beauvoir de renoncer à son journal et puis a « rechuté » ; encore aujourd’hui elle passe une grande partie de ses nuits à écrire sur des feuilles volantes.

IMG_8652Ce journal témoigne de l’enthousiasme intellectuel soulevé par l’existentialisme et par le couple mythique qui l’incarne. Cependant son intérêt dépasse largement cette dimension historique. Joanne a une personnalité exceptionnelle, elle est brillante dans bien des domaines, mais ses ambitions, ses exigences l’ont exposée à de douloureux échecs. Dans son journal, tous les sujets sont abordés : relations familiales, amicales, amoureuses, culture, engagement. Et Joanne explore de façon quasi obsessionnelle les liaisons complexes et parfois dangereuses entre journal, vie et littérature. Elle souffre d’une véritable dépendance à l’égard de son journal, elle lutte en vain contre cette « compulsion », partagée entre conscience et déni, où le lecteur perçoit plutôt une authentique vocation.

L’APA a présenté une sélection des extraits de ce journal dans le dernier numéro de La Faute à Rousseau, paru en octobre 2018, auquel nous renvoyons pour le découvrir. Les lecteurs intéressés pourront aussi consulter, sur le site de l’APA, une présentation du journal et l’intégralité des échos de lecture. Quelques extraits sont ici proposés à la suite de l’annonce du programme de la journée, ainsi que le texte des différentes interventions.

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(10h-13h00) Entretien

10h00. Avec Sylvie Le Bon de Beauvoir et Jean-Louis Jeannelle (Université de Rouen ; éditeur de Simone de Beauvoir dans la Pléiade), animé par Françoise Simonet-Tenant.

Sylvie Le Bon de Beauvoir et Jean-Louis Jeannelle sont revenus sur leur collaboration au cours des cinq années consacrées à l’édition des deux tomes des Mémoires de Beauvoir dans la collection de la Pléiade, une édition préparée sous la direction conjointe de Jean-Louis Jeannelle et d’Éliane Lecarme-Tabone. Tous deux décriront les archives de Simone de Beauvoir et présenteront quelques-uns des textes révélés à l’occasion de cette édition Pléiade. Seront également évoqués les quelques passages consacrés dans le Journal de 1958 à Blossom que la mémorialiste ne retint pas dans La Force des choses.

  Le journal de Joanne

10h50- 11h15 : Présentation générale du journal / Ce que Joanne dit de la pratique diaristique, par Claudine Krishnan (Association pour l’Autobiographie)

Lire l’intervention intégrale de Claudine Krishnan

11h15-11h30 : Premiers volumes du journal par Élisabeth Cépède (Association pour l’Autobiographie

Grâces soient rendues à Sylvie Lebon de Beauvoir qui a confié à l’APA, les dix-huit cahiers du Journal de Blossom Douthat. Belle et double histoire de transmission puisqu’elle prenait ainsi le relais de sa mère en protégeant et prolongeant la survie des cahiers de Blossom…

Lire l’intervention intégrale d’Elisabeth Cépède

Les lettres de Joanne

 11h45 – 12h10 : Philippe Lejeune (Association pour l’Autobiographie) – Lettres écrites en 1958 à Beauvoir comme substitut au journal

Le 10 juin 1958, Simone de Beauvoir, après avoir lu l’essentiel du journal de Blossom, l’a invitée à dîner et lui a conseillé d’abandonner la pratique du journal : elle devrait essayer plutôt d’écrire, c’est-à-dire de composer une œuvre de fiction. Nous connaissons cette conversation par le journal de Simone de Beauvoir, non par celui de Blossom qui, revenue chez elle, écrit seulement en grosses lettres : « FIN »…. 

Lire l’intervention intégrale de Philippe Lejeune

12h10- 12h35 : Marine Rouch (Universités de Lille & Toulouse) : Lettres américaines de Blossom

En plus de son volumineux journal, dans lequel elle laisse libre cours à ce qu’elle appelle son « amour-idolâtrie » pour Simone de Beauvoir, Joanne a également écrit une cinquantaine de lettres adressées à Simone de Beauvoir. Elles aussi témoignent d’une admiration inconditionnelle pour celle qui était considérée par Joanne comme sa libératrice. Les thèmes abordés sont multiples et témoignent de l’extraordinaire vivacité intellectuelle de Joanne : politique, psychologie, analyse de ses rêves, de ses lectures et des films visionnés au cinéma, mais aussi vie privée et familiale… Après avoir cerné le genre de la lettre à l’écrivain.e, cette communication s’intéressera donc plus particulièrement aux fondements et à l’évolution de la relation épistolaire entre Simone de Beauvoir et Joanne entre 1958 et 1980.

Lire l’intervention intégrale de Marine Rouch

Discussion

Questions aux intervenants

 

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 Extraits du journal

Le journal ou la vie ?

Joanne débat et se débat en permanence dans son journal, ne cesse de s’interroger sur les limites et les dangers d’un journal qui la maintient en marge du réel. Elle a conscience de lui consacrer trop de temps et d’énergie au détriment d’autres projets, d’une autre vie, d’autres formes d’écriture, mais elle ne peut y renoncer.

 

17 février 1950

C’est peut-être le bon moment pour réfléchir à mon journal, à ce qui doit et peut être écrit dans mon journal, et à comment cela peut et doit être écrit. La question est d’autant plus pertinente que pendant tout un semestre la lecture des romans au programme ne me laissera presque plus de temps libre.

Le premier point qui me vient à l’esprit est que, quoi que je veuille rapporter ici, je ne pourrai jamais rapporter toutes mes expériences. D’abord, il y aura toujours des expériences de nature telle que je serai incapable de les clarifier suffisamment dans mon esprit pour en rendre compte. Parfois les sentiments les plus intenses sont les plus difficiles à exprimer avec précision. (La difficulté est sans doute plus grande pour moi que pour de bons auteurs, mais je crois qu’ils sont eux aussi confrontés à cette difficulté.) Personne ne peut tout restituer ni être sûr qu’il le fait bien […] . Évidemment nous ne pouvons pas écrire et vivre en même temps. Et pourtant ce que garde notre mémoire n’est souvent qu’une pitoyable trace de ce qui nous est vraiment arrivé, juste quelques points saillants. (Encore une difficulté qui n’est pas aussi grande pour les bons écrivains dotés de riches mémoires.) Je dois donc commencer par comprendre que je ne pourrai jamais tout écrire : d’un côté c’est décourageant, et d’un autre c’est rassurant (parce que si je l’accepte, je ne me sentirai pas aussi impuissante chaque fois que je découvre à nouveau que je ne peux pas tout dire).

(Volume IV)

 

Joanne et Simone de Beauvoir

 Lors de son séjour à Paris, en 1958 (elle a obtenu une bourse pour étudier pendant un an à la Sorbonne), Joanne apprend que Simone de Beauvoir doit donner une conférence à la Sorbonne, le 25 février. Cette perspective de rencontre met Joanne dans un grand émoi, elle s’interroge sur l’accueil qui va lui être fait, prévoit de mettre sa belle robe bleue et d’arriver en avance pour choisir une place où elle verra bien. Le récit qui suit est totalement rédigé en français.

Rien n’était comme je l’avais imaginé et pourtant tout l’était. Elle est belle, belle comme dans ses plus belles photos, absolument inidentifiable aux mauvaises, sauf dans cette franchise qui apparaît dans toutes. Sa voix comme sa figure comme toutes ses manières sont pleines de cette franchise. Elle a fait une brillante conférence, pleine d’idées, pleine de cette intensité qui anime ces idées que vraiment on vit – rien d’inattendu à cela d’une personne qui écrit avec une telle lucidité intense, il n’est pas étonnant qu’elle parle de même quand elle fait une conférence. Elle a parlé très vite, avec beaucoup de belle nervosité.

Je lui ai parlé et je ne lui ai pas parlé. Elle ne me connaissait pas, je n’étais qu’une jeune femme de l’auditoire. J’ai contesté son emploi du terme « mauvaise foi » pour la tricherie obligatoire du romancier, j’ai dit qu’à mon avis le terme « mauvaise foi » s’appliquerait plutôt au cas du romancier qui fait semblant d’arracher son lecteur à sa condition alors qu’en réalité il ne fait que de le remettre dans sa peau, le rassurant ainsi au lieu de lui faire tout mettre en question, ou au romancier qui en réalité n’écrit que pour justifier son propre passé ou livrer son cœur. Elle m’a répondu que la mauvaise foi dont je parlais était dans le projet fondamental du romancier alors que l’autre était nécessaire à son art. Pas un sourire, son visage est resté complètement fermé, et elle a passé à un autre.

[…]  Il a été dur de m’arracher à la Sorbonne. Peut-être que jamais plus je ne la verrai. Je l’avais vue, je la voyais encore qui était en train de signer des livres – je n’étais pas moins loin d’elle qu’avant…

Je me demande si jamais je la reverrai. Pour le reste, je n’ose plus me poser de questions, quoique je sache fort bien que si je n’espérais pas d’elle autre chose qu’une petite heure gentiment accordée et à laquelle il faudrait que moi-même je mette fin gentiment, avec tact, me constituant mon propre bourreau, je n’hésiterais pas à lui écrire. Heureux ceux qui n’ont voulu d’elle qu’une signature dans un bouquin – c’est tellement facile à donner une signature !

 

Paris, 2 juin 1958

Quelle belle journée ! Aujourd’hui, ça a été parfait. On a parlé comme deux camarades. Pour la première fois on s’est disputé ‒ au sujet de de Gaulle, naturellement ! Elle a été d’accord que de Gaulle en tout cas, maintenant que l’armée a paralysé les autres, va peut-être pouvoir finir la guerre plus vite qu’un autre, mais elle n’a pas du tout été d’accord que la gauche doit soutenir de Gaulle, au contraire, il faudrait que la gauche lutte contre et organise le Front Populaire (bien sûr, si de Gaulle faisait une bonne politique en Algérie, la gauche le soutiendrait pour cela ‒ mais c’est tout). Ça, je comprends ‒ au fond, c’est tout ce que je voulais (ou est-ce vraiment tout ce que je voulais ?), dans mon enthousiasme fiévreux. Elle m’a traitée d’idéaliste, de complexée, elle m’a dit que j’avais le goût du martyre (à propos de mon offre d’être cobaye pour une expérience atomique) ‒ j’ai eu un peu honte, ça m’a un peu irritée, mais en même temps, ça m’a fait du plaisir ‒ on avait dépassé le stade d’être toujours d’accord, sur tout.

Extraits choisis par Simone Aymard, Elisabeth Cépède, Claudine Krishnan, Philippe Lejeune.

 

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Présentation des intervenants

Jean-Louis Jeannelle est Professeur de littérature du XXe siècle à l’Université de Rouen. Il a publié dernièrement Cinémalraux : essai sur l’œuvre d’André Malraux au cinéma (Hermann, 2015) et Films sans images : une histoire des scénarios non réalisés de « La Condition humaine » (Seuil, coll. « Poétique », 2015), ainsi que Résistance du roman : genèse de « Non » d’André Malraux (CNRS Éditions, 2013). Spécialiste des Mémoires, il a co-édité avec Eliane Lecarme-Tabone le « Cahier de l’Herne » Simone de Beauvoir (2012) ainsi que ses Mémoires en Pléiade (2018) et vient de faire paraître un collectif consacré aux Mémoires d’une jeune fille rangée au programme de l’agrégation aux éditions des Presses universitaires de Rennes.

Élisabeth Cépède est membre de l’APA.

Claudine Krishnan est professeur de lettres et membre de l’APA.

Fille adoptive de Simone de Beauvoir, Sylvie Le Bon de Beauvoir a publié plusieurs écrits de l’écrivain notamment Journal de guerre (septembre 1939-janvier 1941) et la correspondance avec Jean-Paul Sartre, Jacques-Laurent Bost et Nelson Algren. Elle est, par ailleurs, la présidente d’honneur du « Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes » aux côtés de Julia Kristeva et l’auteur de l’album de la Pléiade 2018 consacré à Simone de Beauvoir.

Philippe Lejeune Philippe Lejeune a enseigné la littérature française à l’université Paris-Nord jusqu’en 2004. Ses travaux portent sur l’autobiographie (Le Pacte autobiographique, 1975 ; Signes de vie, 2005), la critique génétique (Les Brouillons de soi, 1998 ; Autogenèses, 2013) et le journal personnel (Le moi des demoiselles, 1993 ; Un journal à soi, avec Catherine Bogaert, 2003). Il est cofondateur et président de l’Association pour l’Autobiographie (APA) et co-fondateur, avec Catherine Viollet, de l’équipe « Genèse et Autobiographie », devenue en 2014 « Autobiographie et Correspondances » (ITEM).

Marine Rouch est doctorante en histoire contemporaine aux universités de Toulouse et de Lille. Sa thèse porte sur la réception et l’appropriation des œuvres de Simone de Beauvoir par son lectorat. Elle travaille à partir des milliers de lettres inédites que l’écrivaine a reçues de la part de ses lecteurs et lectrices depuis la fin des années 1940 jusqu’à sa mort en 1986. Un carnet de recherches accompagne sa thèse : www.lirecrire.hypotheses.org

  • Marine Rouch, « “Vous êtes descendue d’un piédestal”. Une appropriation collective des Mémoires de Simone de Beauvoir par les femmes (1958-1964) », Littérature, n°191, sept. 2018, p. 68-82.
  • Marine Rouch, « “Vous ne me connaissez pas mais ne jetez pas tout de suite ma lettre”. Le courrier des lecteurs et lectrices de Simone de Beauvoir », dans Françoise Blum (dir.), Genre de l’archive. Constitution et transmission des mémoires militantes, Paris, Codhos, 2017, p. 93-108.

 

 

Anales de Filologia Francesca : Appel à contributions « Écritures du moi »

Un message de Mercedes Eurrutia et Concha Palacios :

Cher(e)s collègues,

Nous avons le plaisir de vous adresser un nouvel appel à articles pour le numéro 27 de la revue Anales de Filología Francesa, éditée par l’Université de Murcia.

Le numéro, à paraître avant le 30 novembre 2019, comprendra trois parties distinctes :

  1. a) Une Section monographique consacrée aux Écritures du moi, thématique permettant aux chercheurs des analyses très diversifiées, que ce soit sous une optique littéraire ou linguistique.

Dans l’histoire de la littérature, les catégories qui désignent communément l’écriture du moi sont très nombreuses : mémoires, confessions, souvenirs, essais, carnets, bloc-notes, journaux intimes, autobiographies, etc. Ces formes d’écriture ont été pratiquées dès le Moyen Âge et ont cela en commun de permettre à l’écrivain de se dire. Néanmoins, il nous est possible d’établir deux périodes distinctes : une première période pendant laquelle l’autobiographie constitue un univers caractérisé par le pacte de vérité – celle-ci constituait donc une production ultime dans la carrière d’un écrivain, lorsqu’était venu le temps des bilans et des confessions ; et une seconde période à partir des années 1970, pendant laquelle les écrivains remettent en question la séparation de la fiction et de l’autobiographie et se libèrent de l’exigence de vérité.

En effet, dans les années 1970, l’autobiographie se place au cœur de la vie littéraire. Ainsi, le « souci de soi », selon la formule de Michel Foucault, les inventions formelles de Georges Perec (Je me souviens ; W ou le souvenir d´enfance), de Barthes (Roland Barthes par Roland Barthes), de Doubrovsky enfin, en prétendant écrire une « fiction d’évènements et de faits strictement réels » contournent les reproches adressés à l’autobiographie traditionnelle. Le succès du genre donne lieu à un travail théorique important. En 1970, Jean Starobinski analyse ce qu’il appelle le « style autobiographique » et propose une première définition très claire du genre : il s’agit de la « biographie d’une personne faite par elle-même ». Philippe Lejeune publie en 1971 L’Autobiographie en France et en 1975 Le Pacte autobiographique, complétés par de nombreux ouvrages qui nuancent les définitions et ouvre un autre champ d’investigation en plaçant le questionnement théorique sur le plan de la poétique. Le débat portera ensuite sur la notion d’autofiction, proposée par Serge Doubrovsky. La question suscitera après 1980 de nombreux travaux – ceux de Béatrice Didier, Michel Beaujour, Vincent Colonna, Marie Darrieussecq, etc. En 1997 paraîtra L’Autobiographie de Jacques Lecarme et Éliane Lecarme-Tabone et plus récemment encore les travaux de Philippe Gasparini. L’autobiographie est, en effet, partout aujourd’hui : elle se trouve à l’origine de la fiction et des enquêtes documentaires, au théâtre, en poésie ; la plupart des écritures romanesques s’en inspirent ; elle occupe le cinéma et la photographie, et intéresse même les arts plastiques.

Ce numéro de Anales de Filología Francesa se propose ainsi de réfléchir sur la question du « moi » dans les littératures française et d’expression française, tant sur le plan thématique que sur le plan de la réception et de la critique littéraire. Ainsi, des articles portant sur des thématiques déjà identifiées, mais aussi sur des approches nouvelles, fruit de croisements disciplinaires ou de questionnements inédits ayant pour base les théories linguistiques, littéraires et didactiques, seront accueillis dans le numéro 27 de la revue.

Voici quelques pistes d’études envisageables :

–          L’autofiction avant l’autofiction : œuvres littéraires et critiques
–          L’ère de l’autofiction : dernier tiers du XXème siècle
–          Les propositions autofictionnelles au XXIème siècle
–          L’autofiction à partir de la littérature comparée : influences de et sur les auteurs du monde francophone
–          Problématiques et défis théoriques-critiques de la littérature autofictionnelle
–          L’écriture du moi versus d’autres genres textuels
–          Approches linguistiques de l´écriture du moi

  1. b) Une sélection de Varia pour des travaux de recherche sur des sujets divers concernant la littérature/culture, la réception/traduction, la linguistique/didactique, etc., dans le domaine de la langue française ou dans le rapport que celle-ci entretient avec d’autres langues.
  2. c) Une section Comptes rendus.

La date limite de réception d’articles et de comptes rendus sera le 30 Mai 2019. Les propositions seront envoyées à travers notre site web, et il faudra pour cela créer un compte d´utilisateur (http://revistas.um.es/analesff/user/register) en suivant les indications. En cas de doute, nous vous prions de contacter par courriel Concepción Palacios (concha@um.es) ou Mercedes Eurrutia (mercedes.eurrutia@um.es). Tous les articles reçus seront soumis à deux évaluateurs anonymes. Pour que l’article puisse être publié dans Anales de Filología Francesa, deux évaluations favorables sont indispensables. Les articles devront être conformes aux normes d’édition stipulées sur notre site  (http://revistas.um.es/analesff/about) Les auteurs peuvent s’y reporter ainsi qu’aux numéros précédents de la revue, à titre de référence.

En attendant votre participation, recevez nos salutations distinguées.

Mercedes Eurrutia

Concha Palacios

Soirée Yves Navarre (mairie du 4e, 8 novembre, 18h30)

À l’occasion du lancement du volume 1 des Œuvres complètes d’Yves Navarre , les Amis d’Yves Navarre et H&0 Éditions vous convient à une soirée  à la mairie du IVe arrondissement de Paris le 8 novembre à 18h30.

Pour y participer, il est nécessaire de vous inscrire préalablement à cette adresse. Vous pouvez aussi obtenir informations et renseignements auprès de Karine Baudoin à l’adresse : contact[arobase]amis-yvesnavarre.org

 

Voir le communiqué de presse.

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Œuvres complètes d’Yves Navarre : une vie offerte en partage.

Les éditions H&O, avec le soutien des Amis d’Yves Navarre, publient le premier opus des Œuvres complètes d’Yves Navarre. Ce bel ouvrage de plus de 1300 pages couvre les années 1971-1974. Il comprend quatre romans, six pièces de théâtre, un recueil de poèmes et une nouvelle. Les lectrices et lecteurs découvriront un roman et une pièce de théâtre inédits, ainsi qu’un album de photographies. Les présentations de Sylvie Lannegrand et les commentaires de Philippe Leconte éclairent chaque texte, leur genèse ainsi que leur accueil à une époque où les mots de cet auteur hors du commun administrèrent un véritable électrochoc à la littérature française.

Les éditions H&O entament la publication des Œuvres complètes d’Yves Navarre. Une décision prise avec les responsables moraux de l’œuvre et avec le Bureau de l’association Les amis d’Yves Navarre, impliqué dans ce vaste travail éditorial. Selon Henri Dhellemmes, directeur de H&O, une dizaine de volumes sera nécessaire pour révéler l’intégralité de la production navarrienne au public. En effet, le Prix Goncourt 1980 a publié une trentaine de romans et une quinzaine de pièces de théâtre entre 1971 et 1994. Un recueil de poèmes ainsi que certains textes ont été publiés de manière posthume, mais un grand nombre de romans, de pièces de théâtre, de nouvelles ainsi que des scénarii et des chansons demeurent inédits.

Ce premier volume regroupe les textes publiés ou rédigés entre 1970 et 1974, l’ordre chronologique permettant de suivre le parcours littéraire et biographique de l’auteur. Une introduction générale replace l’œuvre et l’auteur dans le contexte social et littéraire de l’époque et dégage les traits saillants d’une écriture originale, parfois provocatrice, souvent nostalgique et poétique, où les aléas de l’expérience individuelle rejoignent les préoccupations du plus grand nombre. Suivent une notice méthodologique qui rend compte des choix éditoriaux, une chronologie allant de la naissance d’Yves Navarre à la publication du premier tome de théâtre, et un cahier de photographies provenant des albums personnels de l’auteur. Chaque texte est encadré par un appareil critique dont les deux éléments se complètent pour fournir un cadre explicatif détaillé : une présentation de l’universitaire Sylvie Lannegrand situe le texte par rapport à l’ensemble de la production littéraire d’Yves Navarre et en dégage les principales caractéristiques. Un commentaire du chercheur Philippe Leconte s’appuie sur des documents d’archives, principalement le Journal inédit de l’auteur (déposé à Bibliothèque et Archives nationales du Québec) et le fonds John Robert Kaiser / Yves Navarre (Penn State University), pour en éclairer certains aspects et donner des éléments précieux sur sa rédaction et sa réception. L’ensemble permet pour la première fois de disposer d’éléments essentiels pour l’analyse et la compréhension de chaque texte et, par-delà, d’apprécier la qualité, l’originalité et l’importance de l’œuvre d’Yves Navarre.

Composition du volume 1971-1974

• Romans : Lady Black, Sin-King City (inédit), Évolène, Les Loukoums.
• Poèmes : Chants de tout et de rien, Chants de rien du tout.
• Nouvelle : La Visite de Putitin.
• Théâtre : La Voleuse de bigoudis (inédit), Il pleut si on tuait papa-maman, Dialogue de sourdes, Freaks Society, Champagne, Les Valises.

Éditions H&0 : https://ho-editions.com (commande en ligne possible).

Jean-Pierre Orban, « Pierre Mertens. Le Siècle pour mémoire ».

Jean-Pierre Orban, qui était venu présenter les carnets de Pierre Mertens au séminaire, nous informe de la parution de deux ouvrages biographiques concernant cet écrivain.

« Né en 1939, Pierre Mertens est un des écrivains majeurs de la Francophonie et de la littérature française. Par l’ampleur de son œuvre couronnée de nombreux prix, dont le Médicis en 1987 pour Les Éblouissements, et plusieurs fois nobélisable, il est sans doute le plus grand écrivain belge vivant.
Mais il est avant tout un témoin de son temps. Comme observateur judiciaire international et défenseur des droits de l’Homme, il a été sur la plupart des fronts de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle : Europe de l’Est, Amérique latine, Moyen-Orient.
Pierre Mertens. Le Siècle pour mémoire raconte sa vie privée et publique et se lit comme un roman à rebondissements, depuis l’engagement de ses parents dans la Résistance jusqu’à ses procès avec la famille royale belge et avec le leader politique flamand Bart De Wever. Antisémitisme, islamisme, féminisme, rien de ce qui importe sur la scène historique européenne et mondiale n’échappe à son attention ni à sa verve.
Fondée sur sept ans de recherches, ainsi que de nombreux entretiens avec Pierre Mertens et près de quatre-vingt témoins, cette biographie entrelace constamment l’Histoire extérieure et l’histoire personnelle de l’écrivain. Le portrait sensible mais sans concession que trace Jean-Pierre Orban fait la lumière sur des épisodes étonnants de la vie de Pierre Mertens et pose des questions essentielles sur les limites éthiques de la littérature : jusqu’où peut-on aller quand on crée ? Quel impact la construction d’une œuvre et d’une vie a-t-elle sur le créateur lui-même, sur ses proches et ses personnages vivants ?
 
La version électronique
Sera également disponible le 10 octobre un livre numérique de cette biographie, plus long d’un tiers que l’ouvrage papier et intitulé Pierre Mertens et le ruban de Möbius.
Davantage centrée sur l’imbrication entre la vie et l’œuvre chez Pierre Mertens, cette version comprend des analyses littéraires approfondies de ses textes (romans, essais, opéra, fiction inachevée) et un accent génétique marqué. 
À partir de citations développées de pièces inédites (manuscrits, carnets, correspondance) et de documents nouveaux de fonds d’archives européens, ce qui est en jeu ici, c’est de comprendre comment naît et se construit un écrivain. L’image de l’anneau de Möbius, ruban à une seule face au lieu de deux dans un ruban ordinaire, aidant à se figurer le basculement incessant, sans frontière nette, entre vie et œuvre, autant qu’entre réel et fictionnel.
Cette version vise ainsi à aller plus loin encore dans la connaissance de l’œuvre de Pierre Mertens et des sujets qui lui sont liés. À ce titre, il fournit des compléments d’information sur certains épisodes ou aspects présentés dans la version imprimée : ainsi, entre autres, le procès Auschwitz à Francfort (1963-65), les rapports entre Pierre Mertens et Conrad Detrez, la correspondance avec Claude Durand, la déclaration de Caroline Lamarche sur la belgitude, l’écriture côte à côte de deux d’un couple d’écrivains ou encore le « désir de judéité » chez un intellectuel de la deuxième moitié du XXe siècle.
Cette double parution non identique constitue une autre originalité du projet biographique mené ici. « 

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Quatre rencontres sont d’ores et déjà prévues autour du livre. Le 9 octobre 18h30 à la librairie Chapitre XII, Bruxelles (en dialogue avec Jacques de Decker), le 22 octobre 19h à la librairie Tropismes, Bruxelles (rencontre modérée par Benoît Peeters, éditeur de l’ouvrage), le 7 novembre à 20 h au Centre Wallonie Bruxelles à Paris (modérateur Pierre Vanderstappen), chaque fois en présence de Pierre Mertens (sous réserve). Enfin le 26 janvier à 12 h à la Librairie Quartiers latins (en dialogue avec Rony Demaeseneer). J’espère vous y retrouver pour des discussions qui devraient s’avérer passionnantes sur la création d’une oeuvre et d’une vie, et la tension entre le biographe et le biographe pour les dire chacun à sa manière.


Le Siècle pour mémoire 
Jean-Pierre Orban
 Les Impressions Nouvelles 
coll. Traverses
cahier iconographique
15,5 x 22 cm – 560 pages – 24 €
ISBN : 978-2-87449-630-1 


en librairie le 4 octobre 2018
Un epub différent de la version papier sera aussi disponible vers le 15 octobre (prix : 15,99 € – diffusion/distribution : Eden livres).
Publié avec le soutien de la Fondation des Treilles et du Labex TransferS
Sommaire et premières pages: http://www.fabula.org/actualites/jean-pierre-orbanpierre-mertens-le-siecle-pour-memoirebiographie_87154.php

Libre à elles, par Laurence Santatonios (11 octobre 2018, Paris 19e)

Une rencontre aura lieu autour de l’ouvrage Libre à elles. Le Choix de ne pas être mère, de  notre amie Laurence Santantonios (Éditions du Mauconduit) le jeudi 11 octobre 2018 au café-librairie le 108, 4 impasse de Joinville, 75019 Paris.

« Libre à elles, le choix de ne pas être mère »

« Près d’une femme sur cinq en Europe n’a pas d’enfant à quarante ans ; de plus en plus souvent, il s’agit d’un choix. Paradoxalement, le désir d’enfant n’a jamais été autant affiché. Pour tenter de comprendre cette nouvelle donne anthropologique, aurence Santantonios a rencontré une quarantaine de femmes qui choisissent de ne pas être mères. À leurs témoignages, elle mêle allègrement sa propre trajectoire de vie et son expérience de la maternité. Dans ce texte vivant et documenté, ponctué d’entretiens et de textes d’écrivaines, l’auteure aborde les questions sans tabou et s’insurge contre les stéréotypes. En comparant son expérience à celle des femmes qu’elle interroge, elle place le lecteur et la lectrice au cœur même du mystère de ce choix : avoir ou ne pas avoir d’enfant.

Libre à elles, un éloge de la différence, une incitation à la liberté de penser et de se comporter. »

Réservation : 01 40 37 46 46 – Orgues82@gmail.com
(La sortie 2 du métro donne directement dans l’impasse de Joinville, à deux pas de la librairie.)

Une seconde rencontre aura lieu le vendredi 19 octobre, librairie Les Nouveautés, (Paris, 11e).

Site de l’éditeur : https://mauconduit.com/