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Dictionnaire de l’autobiographie (dir. Françoise-Simonet Tenant)

 

book-08534510Françoise Simonet-Tenant, éditrice scientifique de l’ouvrage, et ses collaborateurs, ont le grand plaisir de vous annoncer la sortie prochaine du Dictionnaire de l’autobiographie. Écritures de soi en langue française, qui paraîtra aux Éditions Champion en juin 2017.

Ce volume de 845 pages, qui regroupera 457 articles signés par 192 contributeurs répond à une triple volonté : il entend d’abord établir le bilan de plusieurs décennies de réflexion théorique, plus de quarante ans après la parution du Pacte autobiographique (1975) de Philippe Lejeune. Il vise ensuite à cartographier un champ de recherches dont l’extension est souvent mal comprise : l’autobiographie au sens strict, mais également, et plus globalement, les écritures de soi. À un moment où la médiatisation de l’autofiction brouille les frontières entre fiction et non-fiction, il semble important de décrire les spécificités du champ non fictionnel et de se demander si l’écriture autobiographique est un modèle d’écriture identifiable à quelques traits précis ou un registre qui transcende les frontières génériques. Enfin, ce dictionnaire souhaite féconder un nouvel élan théorique. Il dépasse une vulgate promue par l’institution scolaire et universitaire, constituée en canon, ne se limite pas aux seuls corpus consacrés mais s’intéresse également à des auteurs méconnus, voire aux écritures ordinaires. Derrière le succès de l’autobiographie se cache une diversité de pratiques et de genres ayant en commun l’écriture à la première personne, qui connaissent des fortunes variables mais ne cessent de se nourrir réciproquement : Mémoires, souvenirs, témoignages, journaux personnels, correspondances intimes, chroniques… Il s’agit de désenclaver l’autobiographie en la réinscrivant dans une large continuité historique et au sein de l’espace francophone ; les écritures de soi, souvent réduites à leur seule prétention à calquer le monde, sont aussi des supports essentiels au renouvellement de la création littéraire.

En avant-première, Françoise Simonet-Tenant, directrice de l’ouvrage et coordinatrice du projet, a répondu à Gérald Cahen pour La Faute à Rousseau. Nous vous proposons de découvrir le début de cet entretien et publierons, en différentes livraisons, quelques éléments susceptibles de vous donner envie de découvrir cet ouvrage de référence.

Que rassemblez-vous exactement sous le terme d’« autobiographie » ?

Plusieurs choses : l’autobiographie proprement dite, au sens d’un récit de sa vie fait dans un esprit de vérité, les Mémoires écrits pour la postérité, la correspondance, le journal personnel et les témoignages. Nous avions déjà un modèle, car les Américains nous avaient devancés avec l’Encyclopedia of Life Writing, un monument de 1 090 pages comprenant quelques 700 entrées réparties en cinq catégories. Nous avons opté comme eux pour l’ordre alphabétique avec des entrées par auteurs et par œuvres mais aussi par thèmes, par époques, par lieux, par genres, etc. Nous tenions surtout à ne pas faire un dictionnaire trop franco-centré mais à nous ouvrir à d’autres chemins de l’écriture de soi dans d’autres espaces, car on ne se dit pas de la même façon d’une culture à l’autre. Nous couvrons ainsi un vaste champ géographique qui va de l’Afrique francophone au Québec et aux Caraïbes, et nous remontons dans le temps jusqu’à l’Antiquité, même si « le souci de soi » qui prévalait alors, pour reprendre l’expression de Foucault, ne recouvre pas évidemment les écritures de soi au sens moderne. Mais elles y sont en germe.

Lorsqu’on parcourt la liste des articles, on est impressionné par leur diversité. À côté des auteurs et des œuvres, vous traitez des ateliers d’écriture, du cahier, de l’ordinateur, des blogs, de l’épitaphe, de la préface, de la météo, du secret, de la prison, du suicide, de la BD, du cinéma, des arts plastiques… Et les amateurs de termes techniques ne sont pas oubliés avec l’égo-histoire, l’antiautobiographie, l’autosociobiographie…

Le but d’un dictionnaire c’est de tenter de mettre de l’ordre dans le désordre, en l’occurrence ici d’essayer d’organiser le paysage des écritures de soi. Chaque article commandé a fait l’objet d’échanges et de débats animés car nous n’avions pas tous, loin s’en faut, le même point de vue. Après 2012, pour plus d’efficacité, je n’ai gardé autour de moi qu’une petite équipe constituée de Michel Braud, Jean-Louis Jeannelle, Philippe Lejeune et Véronique Montémont. Nous avons alors créé sur Internet une boîte de travail partagée sur laquelle je versais chaque dimanche les articles que je recevais et chacun de nous les commentait et les corrigeait en se servant d’une couleur différente, à charge pour moi d’arbitrer. Il y avait les sévères et les moins sévères, les indulgents et les inflexibles, je ne citerai pas de noms…

Comment avez-vous décidé de la place plus ou moins importante qu’il fallait accorder à tel ou tel article ?

Il y a les auteurs canoniques qu’on ne peut pas expédier en une demi-page : Montaigne, Mme de Sévigné, Rousseau, Constant, Chateaubriand, Amiel, Stendhal, Sand, Gide, Leiris, Perec… Nous avons fait la part belle également aux genres eux-mêmes, à l’autobiographie, aux Mémoires, au journal, à la correspondance… Cela nous a permis de citer des auteurs auxquels nous n’avions pas la place de consacrer un article spécifique, car il était impossible malheureusement d’être exhaustif. L’index final de 45 pages permet de les retrouver.

(à suivre…)

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Appel à communications : « Premières lettres » (XVIIIe – XIXe siècles), Brest

Premières lettres (XVIIIe – XIXe siècles)

First letters (XVIIIth-XIXth centuries)

____

Colloque international
organisé par les centres de recherche
Centre d’étude des correspondances et journaux intimes, CECJI-7289
et Héritages et Constructions dans le texte et l’image, HCTI-EA4249
à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor-Segalen
à Brest, les jeudi 24 et vendredi 25 mai 2018

Bien qu’abondantes, les études sur l’épistolaire ne semblent jamais s’être focalisées sur le concept de premières lettres, que ce colloque se propose d’interroger.

L’idée même de premières lettres peut s’entendre de différentes manières : il peut s’agir des premières lettres rédigées par un individu, et se pose alors la question formelle du rapport au genre épistolaire, de l’apprentissage d’une écriture codifiée : nous pouvons penser aux lettres d’enfants, aux brouillons de lettres conservés, retouchés et recopiés. Mais la première lettre peut également s’écrire après des années de correspondance : il n’est pas impossible qu’on se soit essayé préalablement à la forme épistolaire quand on écrit ses premières lettres d’amour, sa première lettre à une personne de rang supérieur, sa première lettre de condoléance… Au sein d’une correspondance particulière, les premières lettres adressées à un nouveau correspondant, après des années d’échange avec d’autres destinataires, suggèrent encore qu’un épistolier puisse avoir plusieurs premières lettres. L’idée de premières lettres impose également une mise en perspective au regard de la correspondance qui suit : quel rapport existe-t-il entre la première lettre et les suivantes si l’on envisage la correspondance dans la perspective de la série ?

Au cours de ces deux journées de colloque, on pourra s’interroger notamment sur les points suivants :

– Particularités rhétoriques et génériques des premières lettres : y a-t-il des constantes stylistiques, thématiques, des codes sociaux ou littéraires respectés dans les premières lettres qui permettent d’établir, sans même en connaître la date, qu’elles figurent parmi les premières dans une correspondance ? Quelle place occupent les manuels épistolaires dans l’élaboration de ces écrits ? Comment a évolué au fil de deux siècles la pratique de l’entrée en « épistolature » ?

– Les premières lettres au regard de l’ensemble d’une correspondance : s’interroger sur ce qui caractérise les premières lettres, c’est poser la question de la genèse d’une écriture, tenter de mieux comprendre la manière dont une correspondance évolue, dont elle se fait le reflet des changements vécus par l’épistolier, par son destinataire, ou dont elle traduit les aléas de leur relation. Les premières lettres sont-elles des ébauches, des esquisses, ou bien des matrices, le paradigme de la correspondance future ? En quoi portent-elles déjà les traces de l’échange à venir ? Déterminent-elles, par leur ton, les thèmes abordés ou le rôle qu’elles assignent d’emblée à chacun des épistoliers, l’ensemble de la correspondance entre deux écrivains ?

– Les fluctuations de la notion d’intimité au sein d’une correspondance : comment la notion d’intimité, inhérente à celle de correspondance, prend-elle progressivement place dans un échange épistolaire ? Les premières lettres peuvent-elles déjà être intimes ou sont-elles plus impersonnelles et formelles ?

– Les rapports entre les premières lettres et l’œuvre d’un écrivain : que disent ces lettres sur l’écrivain, sur la représentation qu’il se fait de lui-même ou de ceux à qui il s’adresse, sur le contexte d’écriture, ou sur son œuvre à venir ? Ecrire pour la première fois à un écrivain reconnu, n’est-ce pas déjà revendiquer sa place sur la scène littéraire de son temps ? La première lettre connue d’un écrivain est-elle sa première lettre ? La première lettre d’une correspondance littéraire ou celle d’un roman épistolaire portent encore souvent en elles un contenu diégétique et informatif essentiel à la compréhension de l’œuvre, qu’il s’agira d’interroger.

L’approche pourra être pluridisciplinaire (relation entre l’écrivain, le philosophe, l’artiste…) mais elle privilégiera les correspondances françaises et britanniques.

Les communications (20 minutes) se feront exclusivement en français ou en anglais.

Les propositions (300 mots) ainsi qu’un titre et une brève note bio-bibliographique sont à envoyer à Catherine Thomas-Ripault (catherine.thomas@univ-brest.fr) et à Alain Kerhervé (alain.kerherve@univ-brest.fr) avant le 15 juin 2017.

Après consultation d’un comité de lecture, les communications pourront faire l’objet d’une publication.

Comité scientifique

Lorna Clark (Carleton University, Ottawa, Canada)
Annick Cossic (HCTI – UBO)
Pierre-Jean Dufief (CRP19 – Nanterre)
Eric Francalanza (CECJI – UBO)
Masha Hansen (Greifswald Universität, Allemagne)
Jean-Marc Hovasse (ITEM – CNRS ENS)
Emrys Jones (King’s College, Londres)
Alain Kerhervé (HCTI – UBO)
Clotilde Prunier (Paris Ouest Nanterre La Défense)
Catherine Thomas-Ripault (CECJI-UBO)

Bibliographie indicative

Altman, Janet G. Epistolarity: Approaches to a Form. Columbus: Ohio State UP, 1982. 235 pp.

Ambrière, Madeleine et Loïc Chotard, Nouvelles Approches de l’épistolaire. Lettres d’artistes. Archives et Correspondances, Paris, Champion, 1996. 204 pp.

Anderson, Howard, Philip B. Daghlian and Irvin Ehrenpreis, ed. The Familiar Letter in the Eighteenth Century. Lawrence: U of Kansas P, 1966. 306 pp.

Bannet, Eve Tavor. Empire of Letters: Letter Manuals and Transatlantic Correspondence, 1680-1820. Cambridge: Cambridge UP, 2006. 348 pp.

Bérubé, Georges et Marie-France Silver, La Lettre au XVIIIe siècle et ses avatars, Toronto, éditions du GREF, 1996. 420 pp.

Bossis, Mireille, L’Épistolarité à travers les siècles. Geste de communication et/ou d’écriture, Stuttgar,: Franz Steiner Verlag, 1990. 188 pp.

Brant, Clare. Eighteenth-Century Letters and British Culture. Basingstoke: Palgrave Macmillan, 2006. 432 pp.

Chartier, Roger, Alain Boureau, and Cécile Dauphin, ed. Correspondence. Models of Letter-Writing from the Middle Ages to the Nineteenth Century. Princeton: Princeton UP, 1997. 162 pp.

Diaz, Brigitte, L’Épistolaire ou La Pensée nomade, Paris: PUF, 2002. 271 pp.

Grassi, Marie-Claire, Lire l’épistolaire, Paris, Dunod, 1998. xi + 194 pp.

Haroche-Bouzinac. Geneviève, L’Épistolaire, Paris, Hachette, 1995. 159 pp.

Howland, John W. The Letter Form and the French Enlightenment: The Epistolary Paradox. New York: Peter Lang, 1991. 191 pp.

Hurel, Daniel-Odon, Correspondance et sociabilité, Rouen, PUR, 1994. 126 pp.

Kaufman, Vincent, L’équivoque épistolaire, Paris, Éditions de Minuit, 1990. 202 pp.

Redford, Bruce. The Converse of the Pen: Acts of Intimacy in the Eighteenth-Century Familiar Letter. Chicago: U of Chicago P, 1986. ix + 252 pp.

First letters (XVIIth-XVIIIth centuries)

International Conference

Hosted by the Centre d’étude des correspondances et journaux intimes, CECJI-7289 and Héritages et constructions dans le texte et l’image, HCTI-EA4249 at the Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor-Segalen, Brest, on Thursday 24 and Friday 25 May 2018.

Although there is a vast body of critical literature on epistolary writing, the concept of “first letters” which the conference intends to tackle seems to have been neglected.

The idea of first letters can be understood in various ways: it can be about the first letters written by a person, which raises the question of the formal relationship to the epistolary genre, the question of the learning of a codified way of writing. One may think of the letters of children, of the drafts which were preserved, amended and copied. The first letter can also be written after years of correspondence: for instance, many letter writers have had a long experience of the genre when they write their first love-letter or when they write to a person of superior rank for the first time… Within a private correspondence, the fact that a first letter can be sent to a new correspondent, after years of exchange with other partners, clearly suggests that the same letter writer can write several first letters. The idea of a first letter also suggests a link with the following letters: what connection between the first letter and the following ones if the correspondence is regarded as a series of letters?

Over the two days conference, the following points might be examined, amongst others:

– Rhetorical and generic specificities of first letters: are some stylistic or thematic invariants, some social or literary codes present in first letters, which establish that they are part of the first letters of a correspondence, without even knowing their date? What is the impact of letter-writing manuals in the production of those letters? Has the practice of the first letter evolved over centuries?

– First letters and correspondence: trying to define the characteristics of first letters involves the questioning of the genesis of writing, the way a correspondence evolves, how it reflects the changes in the writer’s and/or recipient’s lives, how it expresses the evolution of an epistolary relationship. Are the first letters attempts, drafts or matrixes, paradigms of the future correspondence? How much do they bear the traces of the future exchanges? Do they pre-determine the nature of the following exchanges in their tone, themes or roles ascribed to the correspondents?

– The fluctuations of the notion of intimacy in a correspondence: how is the notion of intimacy, inherent in correspondences, gradually introduced in exchanges? Can first letters be intimate or are they bound to be more formal and impersonal?

– The links between the first letters and an author’s literary work: what do the first letters say about an author, about his representation of his own self or of the persons whom he is writing to, about the circumstances of writing, or about his future production? Can writing to an author for the first time be totally separated from the idea of claiming a place in the literary world? Is the first known letter of an author his first letter? The first letter of a literary correspondence or of an epistolary novel often contain essential diegetic or informative elements to the understanding of the whole work.

The approach will be pluridisciplinary (including the letters of authors, philosophers, artists…) but will mainly concern correspondences in the French and English languages.

Please, send 300-word proposals with a title, and short bio-bibliographic note to: Catherine Thomas-Ripault (catherine.thomas@univ-brest.fr) and to Alain Kerhervé (alain.kerherve@univ-brest.fr)

Papers not exceeding 20 minutes will be delivered in English or in French.

A selection of papers will be published, on advice of a reading comittee.

The deadline for sending proposals is 15 June 2017.

Select bibliography

Altman, Janet G. Epistolarity: Approaches to a Form. Columbus: Ohio State UP, 1982. 235 pp.

Ambrière, Madeleine et Loïc Chotard, Nouvelles Approches de l’épistolaire. Lettres d’artistes. Archives et Correspondances, Paris, Champion, 1996. 204 pp.

Anderson, Howard, Philip B. Daghlian and Irvin Ehrenpreis, ed. The Familiar Letter in the Eighteenth Century. Lawrence: U of Kansas P, 1966. 306 pp.

Bannet, Eve Tavor. Empire of Letters: Letter Manuals and Transatlantic Correspondence, 1680-1820. Cambridge: Cambridge UP, 2006. 348 pp.

Bérubé, Georges et Marie-France Silver, La Lettre au XVIIIe siècle et ses avatars, Toronto, éditions du GREF, 1996. 420 pp.

Bossis, Mireille, L’Épistolarité à travers les siècles. Geste de communication et/ou d’écriture, Stuttgar,: Franz Steiner Verlag, 1990. 188 pp.

Brant, Clare. Eighteenth-Century Letters and British Culture. Basingstoke: Palgrave Macmillan, 2006. 432 pp.

Chartier, Roger, Alain Boureau, and Cécile Dauphin, ed. Correspondence. Models of Letter-Writing from the Middle Ages to the Nineteenth Century. Princeton: Princeton UP, 1997. 162 pp.

Diaz, Brigitte, L’Épistolaire ou La Pensée nomade, Paris: PUF, 2002. 271 pp.

Grassi, Marie-Claire, Lire l’épistolaire, Paris, Dunod, 1998. xi + 194 pp.

Haroche-Bouzinac. Geneviève, L’Épistolaire, Paris, Hachette, 1995. 159 pp.

Howland, John W. The Letter Form and the French Enlightenment: The Epistolary Paradox. New York: Peter Lang, 1991. 191 pp.

Hurel, Daniel-Odon, Correspondance et sociabilité, Rouen, PUR, 1994. 126 pp.

Kaufman, Vincent, L’équivoque épistolaire, Paris, Éditions de Minuit, 1990. 202 pp.

Redford, Bruce. The Converse of the Pen: Acts of Intimacy in the Eighteenth-Century Familiar Letter. Chicago: U of Chicago P, 1986. ix + 252 pp.

Appel à communications : « Mémoires, traces et empreintes » (Saint-Étienne)

 Source et lien : fabula.org

CELEC Centre D’Etudes sur les Littératures Etrangères et Comparées EA 3069, Université Jean Monnet, Saint-Etienne.

Colloque international et interdisciplinaire : « Mémoires, traces et empreintes »

20-21 novembre 2017

Université Jean Monnet, Saint- Etienne

Organisatrices : Elisabeth Bouzonviller, Floriane Reviron-Piégay et Emmanuelle Souvignet

Appel à communication :

La mémoire conçue comme faculté de conserver et de rappeler des états de conscience passés et ce qui s’y trouve associé est indissociable des multiples formes que peut prendre son expression. Si dans un premier temps « trace » et « empreinte » peuvent être perçues comme synonymiques, il apparaît que la relation de l’une à l’autre est plus subtile et complexe. La trace et l’empreinte semblent engager le corps plus que l’intellect, a contrario, la mémoire semble plus intangible, d’un ordre plus intellectuel ; elle n’en repose pas moins sur la capacité d’un individu à enregistrer de manière plus ou moins parfaite ou lacunaire des impressions qui ont partie liée au corps. Malgré les liens d’inimitié entre écriture et mémoire que Platon nous rappelle dans le Phèdre, la mémoire est indissociable du geste d’écriture dont la rature, la biffure, le brouillon, la récriture sont autant de traces. La trace est beaucoup moins formelle que l’empreinte puisque dans la trace il y a presque toujours blessure, enlèvement, agression, ce qu’il n’y a pas dans l’empreinte qui procède par apport de matière.[1] Ce rapport à la matière nous invite à considérer la nature de la trace et de l’empreinte : l’acte de mémoire est-il fortuit (mémoire éruption) ou le fruit d’un effort de remémoration (mémoire reconstruction) ? Dans l’un et l’autre cas, on pourra envisager la relation entre les trois termes sous l’angle de l’ omission, de l’oubli ou au contraire de l’exhaustivité. Si dans les deux cas (trace et empreinte) le corps est engagé, on pourra aborder la mémoire et son rapport à la blessure, à la douleur : l’œuvre commise est-elle réparation, suture, ou au contraire simple cicatrice, stigmate d’un vécu douloureux ? En d’autres termes quelle est la fonction de cette trace ou de cette empreinte ? L’empreinte proche de l’impression nous amène aussi à envisager les relations entre perception et sensation, car la mémoire, qu’elle soit individuelle ou collective, qu’elle participe d’une reconstruction ou d’un phénomène d’éruption est une forme de perception impressionniste : elle partage avec l’impressionnisme un mode de fonctionnement par association d’idées et sélection. La mémoire est un mixte de sensations et d’images dont le lien se fait par similitude ou contiguïté, ainsi un souvenir en appelle un autre de même qu’un point d’un tableau impressionniste n’est jamais lisible indépendamment des autres.

Un des objectifs de ce colloque sera de repenser le lien entre la mémoire et ses différentes formes d’expression : La mémoire s’exprime de manière privilégiée dans les œuvres introspectives et intimistes telles que le mémoire, genre littéraire de l’entre-deux à la croisée des annales, du journal intime et de l’autobiographie qu’il conviendra de redéfinir. Mais la fiction peut tout aussi bien se faire vecteur de mémoire lorsqu’il s’agit d’évoquer des événements marquant de l’Histoire ou la mémoire d’une personnalité en particulier. Il s’agit alors pour l’écrivain de faire œuvre de mémoire, de laisser une trace pour ceux qui n’en sont pas/ plus capables, ou de laisser une trace de textes/ d’œuvres antérieures. A cet égard des contributions sur la reprise d’œuvres canoniques, la façon dont les textes gardent la mémoire d’autres textes et toute autre forme d’intertextualité seront bienvenues.

Enfin un dernier axe pourra être envisagé, celui de l’exploration du lien entre Mémoire et espace puisqu’il n’est point de mémoire collective qui ne se déroule dans un cadre spatial (Halbwachs). On pourra dans ce cadre évoquer le monument artistique ; littéraire ou réel et explorer les liens entre architecture et texte. L’œuvre de commémoration de quelque nature qu’elle soit est tenue de construire et de perpétuer une mémoire – à commencer peut-être par la sienne propre – selon le postulat que les ouvrages célèbres des grands auteurs sont des monuments plus durables que le marbre. En cela la trace et le monument s’opposent, puisque l’une résulte d’une déformation, d’une rupture, d’un dépôt toujours susceptible d’être effacé, tandis que l’autre signifie sa présence de manière massive et dans sa matérialité pleine : la trace est de l’ordre du résidu involontaire nous dit Jean-Luc Martine[2], ce qui n’est pas le cas du monument qui fige la présence dans une forme d’éternité. Il conviendra donc de dépasser l’opposition monument/trace pour voir comment la Mémoire s’incarne dans certains lieux privilégiés (on pense au mausolée, à l’épitaphe, au monument funéraire, à certains sites historiques préservés et à tout type de monument destiné à honorer la mémoire de certains événements, groupes sociaux ou personnalités marquants).

Il s’agira donc de s’intéresser aux diverses formes d’expression littéraires, sociologiques, philosophiques et artistiques de la mémoire, qu’elle soit collective, familiale ou individuelle dans les cultures anglosaxonnes et hispaniques. Langues du colloque , l’anglais, l’espagnol et le français.

Les propositions de communication (environ 300 mots) accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique sont à transmettre par voie électronique pour le 31 mai 2017 aux organisatrices.

Elisabeth Bouzonviller (elisabeth.bouzonviller@univ-st-etienne.fr)
Floriane Reviron-Piégay (floriane.reviron.piegay@univ-st-etienne.fr)
Emmanuelle Souvignet (emmanuelle.souvignet@univ-st-etienne.fr)


CELEC Centre D’Études sur les Littératures Etrangères et Comparées EA 3069, Université Jean Monnet, Saint-Etienne, France.

International and interdisciplinary conference: “Memories, Marks and Imprints”

November 20-21, 2017

Université Jean Monnet, Saint- Etienne, France

Organized by : Elisabeth Bouzonviller, Floriane Reviron-Piégay and Emmanuelle Souvignet

Call for papers

Memory as the faculty to keep and recall past states of consciousness and what is associated with them cannot be distinguished from the numerous forms adopted by its expression. If, at first, “marks” and “imprints” can be perceived as synonymous, their interconnections are more subtle and complex. Marks and imprints seem to involve the body rather than the intellect, on the other hand, memories seem more intangible and pertain to a more intellectual sphere. Nevertheless, they rely on the individual’s capacity to register impressions related to the body, in a manner which is more or less perfect or flawed. Despite the enmity between memory and writing pointed out by Plato’s Phaedrus, memory cannot be dissociated from the writing process with its deletions, erasures, drafting and re-writing, which are so many marks of it. Marks are far less formal than prints since marks are almost always linked to some sort of injury, abduction, aggression, which is not the case for imprints which rely on the input of material (Jacques Clauzel)[3]. This material aspect of things requires that we should consider the very nature of marks and prints: is the memory act accidental (outbreak memory) or is it the result of a remembering effort (reconstructing memory)? In both cases, we shall consider the relationship between the three terms from the standpoint of omission, oblivion or, on the contrary, comprehensiveness. If, in both cases (marks and imprints), the body is involved, memory and its relationship with injury and pain shall be considered: is the created work a remedy, a suture, or, on the contrary, a simple scar, a stigma of the painful past? In other words, what is the role of this mark or imprint? Imprints, which are related to impression, also lead us to think of the links between perception and sensation as memory –whether individual or collective, whether the result of an outbreak or a reconstruction– is a form of impressionistic perception: it works, like impressionism, by association of ideas and selection. Memory mixes sensations and images linked by similarities and closeness, thus a memory calls forth another one, like a dot, in an impressionist painting, which cannot be read independently.

One of the goals of this conference will be to reconsider the link between memory and its various ways of being expressed: memory particularly expresses itself in introspective and intimate works like memoirs, an in-between literary genre at the crossroads of annals, diary, autobiography, which will need to be redefined. But fiction can also convey memory when it tries to evoke significant historical events. The writer’s task is then to pay tribute, to make a memorial, to leave marks for those unable to do it or to leave traces of previous texts or works. In this respect, presentations on the contemporary use of canonical works, the way some texts recall other texts, and any other forms of intertextuality, will be welcome.

Lastly, another aspect could be considered; the link between memory and space, since collective memory necessarily involves a spatial frame (Halbwachs). Thus, the artistic monument, whether literary or real, might be studied, together with the links between architecture and text. No matter what its nature is, the memorial work is supposed to build and perpetuate a memory –maybe one’s own first– if we assume that famous works by great writers are more enduring monuments than marble ones. In that respect, marks and monuments are different since the formers are the result of a distortion, a rupture, a deposit that can always be erased, whereas the latter assert their presence massively and materially; marks pertain to unintended residues Jean-Luc Martine says[4], which is not the case of monuments as they freeze presence in a sort of eternity. It will then be necessary to go beyond the monuments/marks dichotomy to see how memory is embodied in certain specific places (like mausoleums, epitaphs, funerary monuments, historical conservation sites, any type of monument designed to pay tribute to certain events, social groups or memorable figures).

The various literary, sociological, philosophical or artistic forms of expression of memory in Anglo-Saxon and Hispanic cultures will be the object of interest of this conference, whether they are collective, familial or individual.

Presentations will be in English, Spanish or French.

Abstract (about 300 words) and short autobiographical notices should be sent by May 31st 2017 to:

Elisabeth Bouzonviller (elisabeth.bouzonviller@univ-st-etienne.fr)
Floriane Reviron-Piégay (floriane.reviron.piegay@univ-st-etienne.fr)
Emmanuelle Souvignet (emmanuelle.souvignet@univ-st-etienne.fr)

CELEC Centre d’Etudes sur les Littératures Etrangères et Comparées EA 3069, Université Jean Monnet, Saint-Etienne


Coloquio internacional e interdisciplinario

« Memoria, huellas y marcas »

20-21 de noviembre de 2017

Universidad Jean Monnet, Saint-Etienne

Organizadoras : Elisabeth Bouzonviller, Floriane Reviron-Piégay y Emmanuelle Souvignet

 

CONVOCATORIA

La memoria como « facultad de conservar y de recordar estados de conciencia pasados y todo lo que resulta asociado con ellos » no se puede disociar de las múltiples formas que puede tomar su expresión. Si, a primera vista, « memoria », « huella » y « marca » pueden considerarse como sinónimos, en realidad la relación que une los diferentes términos es más sútil y compleja. La huella y la marca parecen comprometer el cuerpo más que el intelecto; al contrario, la memoria parece más intangible, de orden más intelectual. Sin embargo, la memoria se funda en la capacidad del individuo para grabar de modo más o menos perfecto o incompleto impresiones que van unidas con el cuerpo. A pesar de la relación de enemistad entre escritura y memoria que Platón recuerda en el Fedro, la memoria no se puede disociar del gesto de escribir, del que el tachar, el rayar y el borrar son tantas huellas. La huella es mucho menos formal que la marca ya que en la huella casi siempre hay herida, desaparición, agresión, lo que no hay en la marca que procede por aporte de materia (Jacques Clauzel). Esa relación a la materia nos incita a considerar la naturaleza de la huella y de la marca: ¿es fortuito el acto de memoria (memoria erupción) o es el fruto de un esfuerzo de rememoración (memoria reconstrucción)? En ambos casos, se podrá examinar la relación entre los tres términos desde el punto de vista de la omisión, del olvido o, por lo contrario, de la exhaustividad. Si, en ambos casos (huella y marca), interviene el cuerpo, podremos cuestionar la memoria y su relación con la herida, con el dolor : ¿es la obra reparación, sutura o por lo contrario mera cicatriz, estigma de un doloroso vivir? En otros términos, ¿cuál es el papel de esa huella o de esa marca? La marca, que implica una forma de impresión, nos permite también considerar las relaciones entre percepción y sensación, porque la memoria, que sea individual o colectiva, que participe de una reconstrucción o de un fenómeno de erupción, es una forma de percepción impresionista: comparte con el impresionismo un funcionamiento por asociaciones de ideas y por selección. La memoria es una mezcla de sensaciones e imágenes cuyo enlace se hace por similitud o contigüidad; así un recuerdo convoca otro tal como un punto en el lienzo impresionista nunca se puede leer sin los demás puntos.

Uno de los objetivos de este coloquio será reflexionar sobre el vínculo entre la memoria y sus diferentes formas de expresión. La memoria se privilegia en las obras introspectivas e intimistas como las memorias, género literario de « l’entre-deux », que se sitúa en la confluencia de los anales, del diario íntimo y de la autobiografía que habrá que volver a definir. Pero la ficción puede también hacerse vehículo de memoria cuando evoca acontecimientos destacados de la Historia o la memoria de una personalidad en particular. El escritor hace entonces obra de memoria, deja una huella para aquellos que ya no pueden hacerlo, o deja una huella de textos u obras anteriores. Por eso ponencias sobre la recuperación de obras canónicas, sobre la manera como los textos conservan la memoria de otros textos y sobre cualquier forma de intertextualidad serán oportunas.

Por fin, como último eje se podrán explorar los nexos entre Memoria y espacio ya que no hay memoria colectiva que no pase por un marco espacial (Halbwachs). En este sentido se podrá evocar el monumento artístico, literario o real y explorar las relaciones entre arquitectura y texto. Cualquiera que sea la obra de conmemoración, debe construir y perpetuar una memoria –empezando quizás por la suya propia–, si seguimos el postulado según el cual las obras famosas de los grandes autores son monumentos más duraderos que el mármol.  En eso se oponen la huella y el monumento, ya que la primera es el resultado de una deformación, de una ruptura, de un sedimento que siempre pueda borrarse mientras que el segundo marca su presencia de manera masiva y en su total materialidad: la huella es residuo involuntario, como dice Jean-Luc Martine, mientras que el monumento paraliza la presencia en una forma de eternidad.  Se necesitará pues superar la oposición monumento / huella para ver cómo la Memoria se encarna en ciertos lugares privilegiados (pensamos por ejemplo en el mausoleo, en el epitafio, en el monumento funerario, en algunos sitios históricos preservados o en cualquier tipo de monumento cuya meta es honrar la memoria de acontecimientos, grupos sociales o personalidades notables).

Por lo tanto trataremos de interesarnos por las diversas formas de expresión literarias, sociológicas, filosóficas y artísticas de la memoria, que sea colectiva, familiar o individual, en las culturas anglosajonas e hispánicas.

Idiomas privilegiados para las ponencias : el francés, el inglés y el español.

Las propuestas (más o menos 300 palabras), con una breve reseña bio-bibliográfica, se deben transmitir a las organizadoras por correo electrónico antes del 31 de mayo de 2017.

Elisabeth Bouzonviller (elisabeth.bouzonviller@univ-st-etienne.fr)

Floriane Reviron-Piégay (floriane.reviron.piegay@univ-st-etienne.fr)

Emmanuelle Souvignet (emmanuelle.souvignet@univ-st-etienne.fr)

 

 

 

 

 

 

[1] Voir Jacques Clauzel et Pierre Dhainaut, « L’Autre qui est l’hôte : regards sur une collaboration », Choses tues : le trait, la trace, l’empreinte, éd. Marie Jocqueviel-Bourjea, Montpellier : Presses Universitaires de la Méditerranée, 2004, p. 120.

[2] « Le Monument ou le tombeau du sens : les idées de monument et de trace dans le discours des dictionnaires de Richelet à l’Encyclopédie. », Le Monument, la trace, éd. Yinsu Vizcarra, Caen : PU de Caen, 2008, 21.

 

[3] « L’Autre qui est l’hôte : regards sur une collaboration », Jacques Clauzel, Pierre Dhainaut, Choses tues : le trait, la trace, l’empreinte, éd. Marie Jocqueviel-Bourjea, Montpellier : Presses Universitaires de la Méditerranée, 2004, p. 120.

[4] « Le Monument ou le tombeau du sens : les idées de monument et de trace dans le discours des dictionnaires de Richelet à l’Encyclopédie. », Le Monument, la trace, éd. Yinsu Vizcarra, Caen : PU de Caen, 2008, 21.

Séminaire du 11 mai 2017

Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue de la prochaine séance du séminaire « Autobiographie et correspondances » qui se tiendra le jeudi 11 mai de 17h à 19h00 à l’ENS au 29 rue d’Ulm (et non au 45) en salle 236 (au deuxième étage).

Cette séance, consacrée à la rencontre entre texte et image, nous donnera le plaisir d’entendre :

Servanne Monjour (Université de Montréal)  « Un récit de soi de l’autre côté du miroir : le tournant photolittéraire de l’œuvre de Lydia Flem »

et d’accueillir :

Emmanuel Lepage, dessinateur, pour un entretien qui aura (entre autres) pour thème la « Trajectoire d’un dessinateur voyageur ».

Vous trouverez ci-dessous les résumés et présentations des intervenants.

Un récit de soi de l’autre côté du miroir :
le tournant photolittéraire de l’œuvre de Lydia Flem

 Dans La Reine Alice, publié en 2011, l’essayiste et psychanalyste Lydia Flem revient sur le cancer et la chimiothérapie qui, pendant près d’un an, ont bouleversé sa vie. Elle réalise ainsi une première incursion du côté de la photolittérature, signant une autofiction surprenante inspirée de l’œuvre de Lewis Carroll et accompagnée de nombreux rébus photographiques. Tout en pudeur, le récit est placé sous le patronage d’Alice, héroïne de la littérature devenue pour un temps l’avatar de l’auteur, elle-même dépassée par la violence de la maladie et de ses traitements. Ainsi donc, il était une fois le cancer… Un soir d’été, à la veille des vacances, alors qu’elle essaie ses nouvelles robes devant son miroir, Alice découvre une masse suspecte contre son sein. Happée par son reflet, elle bascule « de l’autre côté de soi », entraînée par le Blanc Lapin dans un monde où la réalité se mêle aux fables inquiétantes de Lewis Carroll, Alice’s adventures in Wonderland et sa suite Through the Looking-Glass, transformées pour l’occasion en allégorie de l’hôpital et de ses protocoles de soin. C’est que la fiction reste finalement le moyen le plus efficace de reprendre pied dans le réel devenu trop instable, trop absurde – en un mot : irréel. En travaillant ce paradoxe qui oppose la réalité de l’irréel à l’irréalité du réel, mon intervention proposera une étude de La Reine Alice à partir du concept d’anamorphose. Je montrerai comment la structure anamorphique – conçue comme une poétique photolittéraire agissant tant au plan intertextuel qu’intericonique, et à plus forte raison encore au plan intermédial – permet d’appréhender ce brouillage des frontières entre « réel » et « imaginaire ».

Servanne Monjour est postdoctorante au sein de la Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques (Université de Montréal). Ses recherches portent sur les mythologies des médias à l’ère numérique. Elle est par ailleurs coordinatrice de la revue Sens public.

Trajectoire d’un dessinateur voyageur : entretien avec Emmanuel Lepage

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Une partie de l’œuvre du dessinateur d’Emmanuel Lepage s’articule autour du voyage. L’artiste a séjourné à plusieurs reprises dans des lieux dits « extrêmes » (Tchernobyl, les îles Kerguelen, la Terre Adélie), pour en ramener des albums qui croisent les genres de l’autobiographie, du récit de voyage, du documentaire et de la bande dessinée. Dans La Lune est blanche, l’artiste revient sur son voyage en Antarctique, durant une expédition scientifique, à l’occasion de laquelle il a fait partie d’un convoi de ravitaillement (un « raid ») de la base Concordia, un des lieux les plus isolés au monde. Son frère, le photographe François Lepage, l’y a accompagné. Le récit est donc d’abord une narration, celle des préparatifs d’un voyage rempli d’aléas, puis de son accomplissement, durant lequel le dessinateur met en scène ses espoirs, ses rêves, ses déceptions. Mais il est aussi une manière de rendre compte d’un choc esthétique : celui de la rencontre avec la Terre Adélie, lieu désolé et fascinant, tour à tour capté par les dessins et les photographies dont les limites parfois se confondent.

Au fil d’un entretien à bâtons rompus, l’auteur évoquera la genèse de ses œuvres, sa relation à l’écriture autobiographique, sa relation au voyage et la rencontre, dans La Lune est blanche, du texte, du dessin et de la photographie.

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Emmanuel Lepage, né à Saint-Brieuc en 1966, est auteur de bande dessinée. Il a  publié ses premiers dessins dès l’age de 16 ans dans de nombreux journaux régionaux. Il est l’auteur d’une vingtaine de livres à ce jour (illustrations, bandes dessinées, carnets de voyage…), publiés dans de nombreux pays européens ainsi qu’aux États-Unis, au Nicaragua, au Japon, en Corée du sud  et en Chine continentale. Son travail a fait l’objet de pluieurs expositions  à travers le monde et il  a été distingué par de nombreux prix en France et à l’étranger, tels que le prix Cheverny de la Bande Dessinée Historique (Blois) et le prix d’excellence du Japan Média Arts de Tokyo pour Muchacho (2004), le prix Prix Diagonales/le Soir (Belgique) et le prix du meilleur album étranger pour Un printemps à Tchernobyl (Festival de Bucheon, Corée du Sud), le Prix France Info de la bande dessinée de reportage pour La Lune est blanche (2014).

Bibliographie sélective :

  • Névé (cinq titres parus), avec Dieter, Glénat, 1991-1997
  • La terre sans mal, avec Anne Sibran, Dupuis. 2000.
  • Fragments d’un voyage. Brésil, avec Nicolas Michel, Casterman, 2003.
  • Muchacho, Dupuis, 2004-2006
  • Oh, les filles ! avec Sophie Michel, Futuropolis, 2008-2009.
  • Voyage aux îles de la désolation, Futuropolis, 2011.
  • Un printemps à Tchernobyl, éditions Futuropolis 2012
  • La Lune est blanche, avec François Lepage, Futuropolis 2014

Auto/Biography Studies n°32 (printemps 2017)

Craig Howes et les éditeurs du numéro nous annoncent la parution du numéro 32.2 de a/b: Auto/Biography Studies (printemps 2017). Ce numéro est composé de  mini-essais, rédigés au fil de la plume, évoquant l’avenir des étude autobiographiques et biographiques.

On peut se procurer le numéro au  prix 35$. Contacter à cette fin societies@tandf.co.uk for

The editors of a/b: Auto/Biography Studies are so pleased to share that we’ve just published issue 32.2 (Spring 2017). This issue is comprised of discursive mini-essays conversing on the topic of what’s next in auto/biography studies. Enjoy!

Individual subscriptions may be purchased for US $35. Please contact societies@tandf.co.uk for more information.

Special Issue 32.2
“What’s Next? The Futures of Auto/Biography Studies”
Edited by Emily Hipchen and Ricia Anne Chansky
Contributing Editor Krista E. Roberts

Foreword

Barbara Sher [bsherny@earthlink.net] and Rebecca Hogan, University of Wisconsin-Whitewater, Emerita [hoganr@uww.edu]

Introduction

• “Looking Forward: The Futures of Auto/Biography Studies”
Emily Hipchen, University of West Georgia [emilyhipchen@gmail.com] and Ricia Anne Chansky, University of Puerto Rico at Mayagüez [ricia.chansky@upr.edu]

Trajectories

• “A New Genre in the Making?” Phillipe Lejeune, l’Université Paris-Nord [philippe.lejeune@autopacte.org]
• “Derailment: Going Offline to be Online” Julie Rak, University of Alberta [jrak@ualberta.ca]
• “The Transnational, Global, and the Planetary” Philip Holden, National University of Singapore [ellhpj@nus.edu.sg]
• “Migrations and Metamorphoses” Eva C. Karpinski, York University [evakarp@yorku.ca]
• “Exilic-Diasporic Life Writing and Human Rights: a Diasporic Iranian Perspective” Nima Naghibi, Ryerson University [nnaghibi@ryerson.ca]
• “Life Writing in and beyond the Anglophone World” Alfred Hornung, Johannes Gutenberg University [hornung@uni-mainz.de]
• “Transpacific Life Writing” Nicole Poppenhagen, Europa-Universität [nicole.poppenhagen@uni-flensburg.de]
• “Graphic Narratives” Candida Rifkind, The University of Winnipeg [c.rifkind@uwinnipeg.ca]
• “New Directions in African American Autobiography Studies” Joycelyn K. Moody, University of Texas at San Antonio [joycelyn.moody@utsa.edu]
• “How’s Life? Auto/biography Studies Thirty Years from Here” Craig Howes, University of Hawai‘i at Mānoa [craighow@hawaii.edu]
• “Where Now?” Nigel Hamilton, University of Massachusetts Boston [nigel.hamilton@umb.edu]
• “A Life A Life A Life: Alive! And Retiring from Life Writing?” Franziska Gygax, Universität Basel [franziska.gygax@unibas.ch]
• “A Backward Glance” Nancy K. Miller, The Graduate Center, CUNY [nancy@nancykmiller.com]

Inter-lives

• “The Futures of Biohistorical Reconstructions of Clinical Cases from the Cobb Research Laboratory” Fatimah L. C. Jackson, Howard University [fatimah.jackson@howard.edu]
• “Genomes, or the Book of Life Itself” Pramod K. Nayar, University of Hyderabad [pramodknayar@gmail.com]
• “Debts” Marianne Hirsch, Columbia University [mh2349@columbia.edu]
• “Caste and Class in the Nineteenth-Century Slave Narrative” William L. Andrews, University of North Carolina at Chapel Hill [wandrews@email.unc.edu]
• “Epistolarity: Life after Death of the Letter?” Liz Stanley, The University of Edinburgh [liz.stanley@ed.ac.uk] and Margaretta Jolly, University of Sussex [m.jolly@sussex.ac.uk]
• “Fictionality” James Phelan, The Ohio State University [phelan.1@osu.edu]
• “Historical and Biographical Lyric” Page Richards, The University of Hong Kong [pkerr@hku.hk]
• “Storying the Self: A View on Autobiography from Developmental Psychology” Robyn Fivush, Emory University [psyrf@emory.edu]
• “Collaboration” Maria Faini, University of California at Berkeley [sgroi@berkeley.edu]; Orly Lael Netzer, University of Alberta [laelnetz@ualberta.ca]; and, Emma Maguire, Monash University [emma.maguire@monash.edu]
• “Collaborative Autoethnography as Multivocal, Relational, and Democratic Research: Opportunities, Challenges, and Aspirations” Heewon Chang, Eastern University [hchang@eastern.edu]; Kathy-Ann C. Hernandez, Eastern University [khernand@eastern.edu]; and, Faith Wambura Ngunjiri, Concordia College [fngunjir@cord.edu]
• “The Self as Evidence and Collaborative Identity in Contemporary Autobiographical Documentary” Leah Anderst, Queensborough Community College, CUNY [landerst@qcc.cuny.edu]
• “The Autobiographical Turn in Representing History in Chinese Films” Jing Meng, The University of Nottingham Ningbo [jing.meng@nottingham.edu.cn]
• “What’s Next? Mediation” Anna Poletti, Universiteit Utrecht [a.l.poletti@uu.nl]
• “Privacy” John David Zuern, University of Hawai‘i at Mānoa [zuern@hawaii.edu]
• “Does Autobiography Have a Future?” Paul John Eakin, Indiana University Bloomington [eakin@indiana.edu]

Reframing Discourses

• “The Material Turn, Life and Writing” Alexis Harley, La Trobe University [a.harley@latrobe.edu.au]
• “After Auto, After Bio: Posthumanism and Life Writing” Cynthia A. Huff, Illinois State University [cahuff@ilstu.edu]
• “Voices from a ‘Valley of Dry Bones’: Life Narratives of the Slave Trade from St Helena” Andrew Pearson, University of Bristol [andy@pearsonarchaeology.com]
• “Sally and Molly: Life History, Black Girlhood, and the Future of the Field” Colleen A. Vasconcellos, University of West Georgia [cvasconc@westga.edu]
• “Autobiographical Narratives in Education: What Can be expected from this Binomial in Education, Health, and Everyday Life?” Maria da Conceição Passeggi, Universidade Federal do Rio Grande do Norte [mariapasseggi@gmail.com]
• “Autobiographical Graphic ‘Novels’ of Childhood” Michael Chaney, Dartmouth University [michael.chaney@dartmouth.edu]
• “Childhood and Youth” Kate Douglas, Flinders University [kate.douglas@flinders.edu.au]
• “Testimony” Leigh Gilmore, Wellesley College [leighgilmore@me.com]
• “Against Erasures: Why Life Writing Scholars Should Address the Nakba” Cynthia G. Franklin, University of Hawai‘i at Mānoa [cfrankli@hawaii.edu]
• “Victor Montejo as Example of the Emergence of Indigenous Subjectivities” Arturo Arias, University of California, Merced [aarias26@ucmerced.edu]
• “The Future of African Women’s Autobiography” Folasade Hunsu, Obafemi Awolowo University [oyinhunsu@yahoo.com]
• “Defying the Rules” Carol DeBoer-Langworthy, Brown University [carol_deboer-langworthy@brown.edu]

Saving Lives

• “Autobiography as Foucauldian Askēsis: Care of the Self and Care of Others” Jeong-Hee Kim, Texas Tech University [jeong-hee.kim@ttu.edu]
• “Beading the Sash” Qwo-Li Driskill, Oregon State University [qwo-li.driskill@oregonstate.edu]
• “Oral history as Auto/biography through Embodied Performance: A Look at the Narratives of the Early Twentieth-Century Afro-Curaçaoan Migrants to Cuba” Rose Mary Allen, University of Curaçao [adr550@hotmail.com]
• “Institutionalization of Shiite Muslim Life-Writing: The Iranian Historic Experience” Muhammad-Reza Fakhr-Rohani, University of Qom [abumahdi1061@gmail.com]
• “The Futures of Biofiction Studies” Michael Lackey, University of Minnesota, Morris [lacke010@morris.umn.edu]
• “The Future of Autobiography Studies: The Diary” Kylie Cardell, Flinders University [kylie.cardell@flinders.edu.au]
• “Brazilian Auto/biographic Voices from Archive Materials” Sergio da Silva Barcellos, Independent Scholar [barcellossergio@aol.com]
• “The Archive” Leena Kurvet-Käosaar, Tartu Ülikool [lkk@ut.ee]
• “The Visual Turn and the Digital Revolution” Maria Tamboukou, University of East London [maria@uel-exchange.uel.ac.uk]
• “Memory, Digital Media, and Life Writing” Eleanor Ty, Wilfrid Laurier University [ety@wlu.ca]
• “Future’s Memory” Gunnþórunn Guðmundsdóttir, Háskóli Íslands [gunnth@hi.is]
• “Data Portraits: Identity, Privacy and Surveillance” Paul Arthur, Edith Cowan University [pwlarthur@gmail.com]
• “Signs of Life” Harvey Young, Northwestern University [harvey@northwestern.edu]
• “The Future of Life Writing: Body Stories” G. Thomas Couser, Hofstra University [g.t.couser@hofstra.edu]

Forum. IABA Graduate Student and New Scholars Network: What’s Next?

• “Students and New Scholars: A Conversation” Maria Faini, Orly Lael Netzer, and Emma Maguire
• “Biographic Mediation” Ebony Coletu, Penn State University [coletu@psu.edu]
• “As-Told-To Life Writing: Narratives of Self and Other” Sandra Lindemann, Independent Scholar [lindemannsandra0@gmail.com]
• “Life Writing and the Life Course” Ashley Barnwell, University of Melbourne [ashley.barnwell@unimelb.edu.au]
• “Making the ‘Structures’ Speak: Migrant Biographies across Time” Joanna Sousa Ribeiro, University of Coimbra [joanasribeiro@ces.uc.pt]
• “Cartography” Alex Winder, New York University [alexdwinder@gmail.com]
• “Eco-autobiography: Writing Self through Place” Melanie Pryor, Flinders University [pryo0022@uni.flinders.edu.au]
• “Autobiography’s Other: The Untold Life Narratives from Sub-Saharan Africa” Delphine Fongang, University of Wisconsin-Whitewater [fongangd@uww.edu]
• “Indigenizing Auto/biography Studies in Pursuit of Inclusive Classrooms” Lucinda Rasmussen, University of Alberta [lmr4@ualberta.ca]
• “Trauma Texts in/as Revolutionary Praxis” Dawn Shickluna, University of Toronto [dawn.shickluna@mail.utoronto.ca]
• “Trauma, Testimony, and the Art of Therapeutic Portraiture” Gina Dorothy Snooks, University of Western Ontario [gsnooks@uwo.ca]
• “Images, Affect, and Activism: The Affect Generated by Personal Testimonies of Sexual Violence in Autobiographical Film” Amanda Spallacci, University of Alberta [spal2410@mylaurier.ca]
• “‘Moments and Lustres’: Writing Memoir through Lyric Essay” Marie O’Rourke, Curtin University [marie.orourke@postgrad.curtin.edu.au]
• “Correspondence, Peer Support, and Wellness: The Influence of Life Writing on Mental Health” Stephanie E. Butler, Newcastle University [s.e.butler2@newcastle.ac.uk]
• “Remaking Obscure Lives as Prosopography in Blogazine” Siu Yin Jessica Yeung, Caritas Institute [jsyyeung@hotmail.com]
• “What’s Next for Trans Life Writing?” Ana Horvat, University of Alberta [ahorvat@ualberta.ca]
• “The Vulnerability of Contemporary Digital Autobiography” Ümit Kennedy, Western Sydney University [u.kennedy2@westernsydney.edu.au]
• “Digital Archives, TEI, and Relationality: Locating Digital Life Writing/ Writing to the Future” Krista Roberts, Illinois State University [krista.e.roberts@gmail.com]
• “Rethinking Relationality” Jesse Hutchinson, University of Waterloo [j6hutchi@uwaterloo.ca]
• “Fashioning a Life: Exploring How Fashion Literature Fashions the Self” Felice McDowell, London College of Fashion [f.mcdowell@fashion.arts.ac.uk]
• “Asian American Cook Books as Autobiographies” Tram Ngyuen, City University of New York [trnguyen@hostos.cuny.edu]

Book Reviews

• Rev. of Adaptation, Intermediality and the British Celebrity Biopic MÁRTA MINIER AND MADDALENA PENNACCHIA (ED.). Emily Bowles, University of York [ejlm501@york.ac.uk]
• Rev. of Autobiographical Writing by Early Modern Hispanic Women ELIZABETH TERESA HOWE. Leila Moayeri Pazargadi, Nevada State College [leila.pazargadi@nsc.edu]
• Rev. of The Memory Effect: The Remediation of Memory in Literature and Film. RUSSELL J. A. KILBOURN and ELEANOR TY (EDS.). Jeffrey Clapp, Hong Kong Institute of Education [jmclapp@eduhk.hk]
• Rev. of De@r World: Contemporary Uses of the Diary KYLIE CARDELL. Lena Karlsson, Lunds Universitet [lena.karlsson@genus.lu.se]

Notes on Contributors

Source : liste IABA

Colloque « Les formes de l’enquête » (Saint-Etienne, les 6, 7 et 8 avril)

Capture d_écran 2017-03-17 à 20.33.48Danièle Méaux nous prie d’annoncer la tenue du colloque interdisciplinaire « Les formes de l’enquête » qui se tiendra à l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne les 6, 7 et 8 avril 2017.

Nombreux sont les artistes contemporains qui ne dissocient plus le processus de création d’une volonté de compréhension de la société où  ils vivent. Au travers de leurs médiums, ils mènent une forme d’investigation qui emprunte certaines méthodes au champ des sciences humaines. Cette enquête peut porter sur les modes de vie ordinaires, l’aménagement de l’espace, les conditions de réalisation de certains faits divers, les traces du passé décelables au sein du présent, etc.

Si ces artistes s’inspirent peu ou prou de démarches scientifiques, il est loisible de penser que leurs travaux nourrissent en retour la recherche menée en histoire, en sociologie ou en géographie. Ce colloque permettra d’interroger les échanges, les transferts et les convergences actuelles entre le champ de l’art et celui des sciences humaines.

On pourra, entres autres, y entendre plusieurs interventions sur les récits personnels ou récits de vie : Aline Caillet ( « L’enquête, formes de vie, formes de récit : de quelques explorations périphériques »), Philippe Kaenel ( « Enquête de soi : Sol Lewitt, Autobiography (1980) et la nature morte »), Véronique Montémont (« Historien(s) de soi » . L’artiste canadienne Eugenia Reznik présentera également son travail, intitulé « Transmettre un récit du déracinement »

Le programme intégral est disponible ici.

Contact et informations :
martine.patsalis@univ-st-etienne.fr
04 77 42 16 61